HYDRATE DE POTASSE
KO H- Aq.
L'Hydrate de potasse est blanc, inodore, d'une saveur excessivement caustique; fusible au-dessous de la chaleur rouge ; indécomposable par le feu ; excessivement soluble dans l'eau ; s'humectant rapidement à l'air, et se résolvant d'abord en une dissolution d'hydrate, puis en carbonate également déliquescent; l'hydrate de potasse est soluble dans l'alcool.
L'hydrate de potasse contient 46 p. 100 d'eau.
Le procédé le plus convenable pour l'obtenir consiste à prendre le carbonate de potasse pur que Ton obtient par la calcination de la crème de tartre, et à le traiter par la chaux.
Pr. : Carbonate de potasse pur provenant du tartre. 6
Chaux vive 2
Eau, au moins 30
On met l'eau et la potasse dans une bassine d'argent, ou de fonte ; on fait dissoudre, et l'on porte à l'ébullition.
D'autre part, on éteint la chaux, et on la réduit en bouillie claire avec une suffisante quantité d'eau.
La liqueur de potasse étant bouillante, on y verse le lait de chaux par petites parties, de manière à ne pas interrompre le bouillon, en ayant soin de ne pas laisser baisser le niveau de l'eau dans la chaudière. Quand toute la chaux a été introduite, on fait bouillir quelques instants ; on laisse refroidir une petite quantité de liqueur trouble que l'on étend de son poids d'eau, on filtre et l'on y verse de l'eau de chaux ; s'il ne s'y fait pas de précipité, l'opération est terminée. Dans le cas contraire, il faut continuer l'ébullition en ajoutant, s'il est nécessaire, un peu d'eau pour remplacer celle qui s'est évaporée ; quand la liqueur ne précipite plus par l'eau de chaux, on retire le feu, on couvre la chaudière et on laisse reposer.
Dans l'opération précédente, la chaux enlève l'acide carbonique à la potasse ; il se fait de la chaux carbonatée qui se dépose et de l'hydrate de potasse qui reste en dissolution. Pour que cet effet se produise, il faut, suivant l'observation de Descroizilles,que les liqueurs ne soient pas trop concentrées, autrement, la décomposition n'aurait pas lieu : bien plus, la potasse pourrait enlever l'acide carbonique au carbonate de chaux. L'essai par l'eau de chaux sert à prouver que la potasse a été entièrement privée d'acide carbonique ; car tant qu'il y a du carbonate de potasse dans les liqueurs, l'eau de chaux y fait naître un dépôt de carbonate calcaire. Il peut arriver toutefois que l'eau de chaux forme un précipité dans de l'hydrate de potasse pur, alors c'est de la chaux qui se précipite. La potasse en dissolution concentrée enlève l'eau à la chaux et la précipite ; mais, dans ce cas, l'eau redissout le précipité. Pour éviter cette complication dans l'essai, il vaut mieux étendfe d'eau la liqueur de potasse avant de l'essayer.
Au lieu de mêler tout d'abord le lait de chaux à la potasse, nous conseillons, suivant la méthode de M. Berzélius, de l'ajouter par petites parties sans intèrrompre l'ébullition. Alors, au lieu d'un préci-
pité- floconneux et volumineux, on a un dépôt grenu de carbonate calcaire qui se dépose plus vite et retient moins de liqueur prisonnière.
Quand la liqueur de potasse est bien déposée, on la tire à clair au moyen d'un siphon que Ton a rempli de cette liqueur ou d'eau pure ; le dépôt est versé dans une forme à sucre dont le fond a été garni d'un peu de paille ; on le laisse égoutter, puis on le lave en faisant passer de l'eau au travers ; on arrête les lavages quand l'eau de lavage n'est plus que faiblement alcalisée.
On procède à l'évaporation des liqueurs dans une bassine d'argent ; on commence par l'évai>oration des liqueurs les plus faibles, on termine par les liqueurs les plus concentrées. L'ébullition doit être entretenue très-rapide, afin qu'elle dure le moins longtemps possible, pour éviter que la potasse ne se transforme à l'air en carbonate depotasse. On continue l'évaporation jusqu'à ce que la potasse exposée à un feu vif ne répande plus de vapeur; on la coule sur une plaque d'argent; on laçasse par morceaux et on l'introduit promptement dans un flacon que l'on bouche avec soin.
La potasse pure doit se dissoudre complètement dans l'eau; la dissolution, après avoir été acidulée avec de l'acide azotique pur, ne doit précipiter ni par l'azotate d'argent, ni par le chlorure de harium (I).
POTASSE A LWLCOOI.
On donne ce nom à la potasse caustique faite avec la potasse du commerce et que l'on a débarrassée du sulfate de potasse et de la plus grande partie du chlorure de potassium. Elle est moins pure que la potasse obtenue avec le carbonate de potasse, parce qu'elle retient toujours du chlorure de potassium et un peu de matières organiques que l'alcool forme par sa décomposition.
On prend de la potasse caustique impure préparée avec la potasse du commerce ; on la pulvérise et on la met dans un flacon avec de l'alcool à 88e ; on remue de temps en temps pendant i ou 2 jours, puis on abandonne au repos. On enlève, au moyen d'un siphon rem-
(i) La potasse ainsi préparée est assez pure pour la plupart des réactions chimiques. Elle contient cependant un peu d'acide silicique. Pour séparer cet acide, qui a son origine dans le carbonate de potasse, M. Wurtz recommande d'ajouter par portions de petits fragments de carbonate d'ammoniaque à la dissolution de carbonate alcalin que Ton évapore à siccité. Il se fait du carbonate de potasse et du silicate d'ammoniaque, celui-ci se décompose et abandonne l'acide silicique qui ne se dissout pas quand on reprend le carbonate de potasse pâr l'eau.
pli d'alcool, la couche supérieure de liquide qui s'est formée, et qui est une dissolution de potasse caustique dans l'alcool ; elle est colorée par des produits qui résultent de la réaction de l'alcali sur des matières étrangères à l'alcool, ou sur l'alcool lui-même. On traite le résidu par une nouvelle quantité de ce véhicule.
On met les liqueurs alcooliques dans une cornue de verre, et on les distille au bain de sable jusqu'à ce qu'elles soient réduites au quart de leur volume; on ne peut mener l'opération plus loin, car le verre serait attaqué. Alors on verse ces liqueurs dans une bassine d'argent, et l'on évapore jusqu'à ce qu'il ne se dégage plus de vapeurs aqueuses ; on donne un coup de feu un peu vif pour faire éprouver à la potasse la fusion ignée, et on la coule sur une plaque. On l'enferme promptement dans des vases bien fermés.
Pendant que la potasse éprouve la fusion ignée, elle se couvre d'une pellicule noire qui est due à la carbonisation des dernières portions d'alcool ou de matières organiques. Cette pellicule brûle en partie aux dépens de l'air; on l'enlève avec une écumoire d'argent, ou on l'empêche de tomber au moment où l'on coule la potasse fondue.