EMPLOI MÉDICINAL DES ALCALIS CAUSTIQUES
C'est comme caustiques que la potasse et la soude sont employées en médecine et, comme tels, elles ont leur caractère spécial qui résulte surtout de la propriété que possèdent ces alcalis de ramollir et de dissoudre toutes les parties qui constituent les organes. Quand on les applique sur la peau, ils détruisent presque instantanément l 'épidémie, et en 24 heures, le derme l'est aussi complètement. L'eschare formée est molle, peu circonscrite , et l'action s'étend ordinairement d'un cinquième au delà du point où on a voulu la limiter. On reproche à ces caustiques alcalins de produire parfois des hémorrhagies, ce qui tient à ce qu'après avoir ouvert les vaisseaux, leur action diffluente sur le sang s'oppose à la formation de tout caillot qui pourrait obstruer l'ouverture.
Veut-on établir un cautère au moyen de la potasse caustique, on coupe un morceau de sparadrap de diachylon gommé de 4 à 8 centimètres de diamètre ; on fait au centre une échancrure ronde, de la grandeur de l'eschare que l'on veut produire ; on applique cet écusson sur la peau; on place le morceau de potasse caustique en contact avec la peau sur le point central ouvert de l'écusson, et on le fixe en appliquant dessus un morceau de diachylon gommé plus petit que le premier, qui recouvre le morceau de potasse, et adhère tout autour du premier emplâtre.
On reproche à la pierre à cautère de couler sur la peau et de produire souvent une eschare plus étendue que l'on n'a voulu l'obtenir. Quand elle a été mélangée de chaux comme dans la poudre de Vienne, elle n'a pas cet inconvénient. On délaye une petite quantité de cette poudre avec de l'alcool, de manière à faire une pAte que Ton place sur la peau de la môme manière que la pierre à cautère, et que lîon recouvre également avec un second morceau de sparadrap. L'action est vive, ne dure qu'une demi-heure, et la potasse n'agit que sur une partie de la peau parfaitement circonscrite.
Le caustique de Filhos, par la forme qu'on lui a donnée, est commode pour aller cautériser l'intérieur des cavités ; il ne coule pas comme la potasse caustique ordinaire et forme des eschares circonscrites.
Pour se servir de ce caustique, on le taille comme un crayon, et après avoir touché les parties que l'on veut cautériser, on l'essuie avec soin et on le renferme dans son tube.