‹ Traité de pharmacie théorique et pratiqueChapitre 19 sur 608 · TEINTURE ALCOOLIQUE DE CIGUË · texte numérisé non relu

TEINTURE ALCOOLIQUE DE CIGUË

Pr. • Ciguë sèche ............... l

Alcool à &6MÎIO Cart.) ... 5

Faites macérer pendant 15 jours, passez avec expression, filtrez. (Inusitée.)

ALCOOLATIRE DE CIGUË.

Pr. : Cismë fraîche contusée I

Alcool à «6« (34o Cart.) 1

Faites macérer pendant 15 jours, passez avec expression, et filtrez.

Il y a quelque raison de préférer l'alcoolature de ciguë à la teinture faite avec la plante fraîche, parce que la ciguë est une de ces plantes qui peuvent perdre par la dessiccation; mais, à cause de l'eau de végétation de la plante, le rapport de son poids à celui du véhicule est diminué de près de moitié.

§ IV. Produits par l'éther.

TEINTURE ÈTHÉRÉB DE CIGUB.

Pr. : Ciguë sèche pulvérisée 1

ftther sulfurique 4

Préparez par lixiviation.

Le sel de cicutine a-t-il été dissous par l'éther 1

HUILE DE CIGUB.

Pr. ; Ciguë contusée 1

Huile d'olive I

On fait cuire sur un feu doux jusqu'à ce que toute l'eau de végétation de la ciguë soit dissipée. On fait digérer encore pendant quelque temps à une douce chaleur ; on passe avec expression, et l'on purifie le produit par le repos ou la filtration.

La cicutine s'est-elle dissoute dans l'huile?

POMMADE DE CIGIE.

Pr. : Ciguë contusée i

Axonge \

On fait cuire jusqu'à consomption de l'humidité ; on passe avec expression, et l'on sépare les fèces. Cette pommade a été employée dans le pansement des ulcères scrofuleux.

EMPLATRE DE CIGUË.

Pr. : Résine de pin ib

Poix de Bourgogne 7

Cire jaune 10

Huile de ciguë 2

Feuilles fraîches de ciguë 32

Gomme ammoniaque 8

On fait liquéfier les matières fusibles, et l'on ajoute la ciguë contusée; on fait cuire jusqu'à évaporation de toute l'eau de végétation ; on passe à la presse ; on laisse refroidir, et l'on sépare les fèces. Cela fait, on liquéfie de nouveau la masse emplastique, et Ton y incorpore la gomme ammoniaque dissoute dans l'alcool à 56e et évaporée en consistance d'extrait.

On a proposé bien des modifications à cette formule; le grand reproche qu'on lui fait est de faire perdre une grande partie de la masse qui reste engagée dans le marc de ciguë ; mais quand on peut disposer d'une bonne presse, l'inconvénient se réduit à peu de chose. J'ai reconnu, en traitant ce marc par l'essence de térébenthine, que la quantité perdue ne s'élevait pas au delà de deux centièmes et demi de la masse totale. Aussi, je n'hésite pas à donner la préférence à ce procédé, qui donne un emplâtre d une belle couleur verte.

M. Vuaflard y a fait une modification que voici, et qui permet de séparer plus facilement la masse emplastique. Quand l'humidité des plantes est dissipée, il ajoute à la masse à peu près son poids d'eau bouillante, et, après quelques bouillons, il soumet à la presse entre des plaques chauffées ; on sépare la masse résineuse de l'eau et on la dépure en la tenant fondue à une douce chaleur; on sépare les fèces, et l'on incorpore la gomme ammoniaque à la manière ordinaire.

Van Mons remplaçait la ciguë par la fécule verte ; mais il ne paraît pas que cette fécule ait les propriétés de la plante.

M. Boullay a conseillé de faire fondre la gomme ammoniaque en larmes, et d'y incorporer l'emplâtre ordinaire de ciguë; mais la gomme ammoniaque fond difficilement.

M. Caventou fait cuire la ciguë avec l'huile jusqu'à consomption de l'humidité, et il ajoute la gomme ammoniaque avec les autres substances résineuses.

M. Guibourt, à l'instar de quelques pharmacopées étrangères, remplace la ciguë fraîche par la poudre de la ciguë, qu'il fait chauffer avec l'huile de ciguë et la cire, pour faciliter la dissolution de la chlorophylle.

M. Hubert, de Caen, fait macérer la ciguë pulvérisée dans de l'alcool, et après 48 heures de contact, il l'ajoute aux résines fondues. Il chasse l'alcool par quelques bouillons, et il ajoute en même temps que la poix blanche la gomme ammoniaque fondue avec l'huile de ciguë; mais l'emplâtre ainsi obtenu n'est pas d'une belle couleur : il est d'un vert foncé peu agréable.

Si l'on veut réformer la formule du Codex, le mieux est de s'en tenir à celle qui a été donnée par M. Planche, et qui donne un médicament bien supérieur, d'autant plus qu'il est douteux que la conicine entre pour quelque chose dans l'emplâtre ordinaire, qui pourrait bien ne devoir son action qu'à la masse résineuse et à la gomme ammoniaque.

Page 1