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AMMONIAQUE LIQUIDE

(Alcali volatil fluor ou seulement Ammoniaque.)

L'Ammoniaque liquide est la dissolution du gaz ammoniac dans l'eau ; elle a toutes les propriétés de l'ammoniaque gazeuse. A l'air, elle laisse dégager continuellement du gaz ammoniac; à l'ébullition, elle perd tout le gaz qu'elle contient. Son odeur est insupportable ; sa saveur est caustique.

On obtient l'ammoniaque liquide par la décomposition du sulfate ou du chlorhydrate d'ammoniaque, au moyen de la chaux. La chaux se combine à l'acide sulfurique ou chlorhydrique, et l'ammoniaque qui est mise en liberté est reçue dans des flacons qui contiennent de l'eau.

On emploie parties égales de sel ammoniac et d'hydrate de chaux.

L'opération se fait dans l'appareil de Woulf. On emploie une cornue de grès quand on opère sur une petite quantité de mélange, et une chaudière en fonte quand on veut opérer sur de plus grandes quantités. Une ouverture assez large, située au centre de la chaudière, se ferme avec un couvercle en fer que l'on assujettit fortement avec une barre, en ayant la précaution d'introduire un peu de lut maigre entre le couvercle et la paroi de la chaudière sur laquelle le couvercle s'appuie. Une tubulure latérale reçoit le tube qui porte l'ammoniaque dans les flacons.

Le premier flacon est de moyenne grandeur et ne contient que peu d'eau ; on ne le refroidit pas pendant l'opération. Il est destiné à arrêter les portions de sel ammoniacal ou calcaire qui pourraient être entraînées. Les deux flacons qui suivent contiennent un poids d'eau égal à celui du sel ammoniac que l'on a employé. Ces flacons ne doivent être remplis qu'à moitié, parce que le volume du liquide augmente beaucoup par la combinaison du gaz ammoniac. Comme cette combinaison est accompagnée d'un développement de chaleur, et que le gaz ammoniac est d'autant plus soluble que la température est moins élevée, on refroidit ces flacons par un courant d'eau froide autant de temps que dure l'opération. L'appareil est terminé par un quatrième flacon qui arrête les bulles de gaz qui pourraient s'échapper des deux premiers.

DES ALCAUS. 213

Le sel ammoniac et l'hydrate de chaux sont mélangés rapidement dans une terrine et introduits aussitôt dans le vase distillatoire. La décomposition commence à la température ordinaire. Quand on opère dans une marmite, on ajoute de plus une certaine quantité d'eau; et, de préférence, on prend l'eau ammoniacale impure que, dans une opération précédente, on a pu recueillir dans le flacon de lavage. La présence de l'eau rend la décomposition plus facile ; dans ce cas, il passe à la distillation une assez grande quantité d'eau qui reste dans le flacon de lavage. C'est un inconvénient. Je suis arrivé à y parer en mettant sur la tubulure, par laquelle le gaz s'échappe de la chaudière, un tuyau de fonte vertical dans lequel la majeure partie de l'eau se condense et retombe dans la chaudière.

On commence l'opération à une douce chaleur, que l'on élève peu à peu jusqu'à ce qu'il cesse de se produire du gaz ammoniac.

L'ammoniaque que l'on obtient marque environ 22° et contient le cinquième de son poids d'alcali réel (Davy).

L'ammoniaque à 25° contient le quart de son poids, et l'ammoniaque à 30° le tiers de son poids de gaz ammoniac.

On peut remplacer le sel ammoniac par le sulfate d'ammoniaque, qui est à meilleur marché. Les proportions sont de : 1 partie de sulfate et 3 d'hydrate de chaux. Ici l'addition de l'eau est encore plus nécessaire pour faciliter la réaction. 11 faut dire que le sulfate d'ammoniaque du commerce, ordinairement mal purifié, donne une ammoniaque liquide d'odeur empyreumatique.

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