PROPRIÉTÉS MÉDICINALES DE L'AMMONIAQUE ET DU CARBONATE D'AMMONIAQUE
L'ammoniaque a les propriétés générales des alcalis, mais avec une spécificité remarquable. C'est le fluidifiant du sang par exct l-
lence ; on le trouve toujours fluide chez les animaux qui sont morte empoisonnés par l'ammoniaque.
A dose très-élevée , indépendamment de l'irritation produite au contact, l'effet général est celui des narcotiques. Il y a trouble de la voie, coma, atteintes convulsives ; la pupille se contracte et cet état persiste après la dernière expiration de l'animal. Il y a un effet tétanique caractéristique qui consiste dans l'extension forcée des membres, sans incurvation de la colonne vertébrale. Les cadavres se putréfient rapidement après la mort. (Dr Coze fils.)
Les propriétés alcalines de l'ammoniaque la font employer tous les jours contre le météorisme des bestiaux. On a recommandé de la faire respirer pour détruire l'acide carbonique contenu dans les poumons, en cas d'asphyxie par ce gaz. C'est le remède appliqué aux ivrognes qu'il dégrise instantané rrient, sans doute en rétablissant le cours languissant d'un sang épaissi.
A dose modérée, l'ammoniaque agit comme excitant; elle active la circulation; la peau s'échauffe et se couvre de sueur, les sécrétions des muqueuses et des reins sont augmentées. De là l'usage que l'on a fait de l'ammoniaque dans le traitement des rhumatismes et de la syphilis ; de là son emploi pour faciliter le travail vers la peau dans les fièvres éruptives où l'éruption se fait mal ou s'est supprimée.
L'ammoniaque est plus souvent encore employée comme rubéfiant et même caustique. Elle enlève facilement l'épiderme; mais elle a peu d'action cautérisante sur le derme. On se sert souvent de l'ammoniaque pour produire une vésication. Si le patient est privé de sensibilité, on frotte vivement pou/ détacher l'épiderme ; mais si l'on veut produire une vésication pour agir par la méthode endermique, on imbibe d'ammoniaque très-concentrée, à 24 degrés, un morceau d'agaric de Chine et on place en dehors la face imperméable ; ou bien un morceau de flanelle que l'on recouvre d'un dé ou d'un verre de montre ; d'autres fois on applique la pommade ammoniacale de Gondret. On enlève l'épiderme qui s'est soulevé et l'on saupoudre avec la substance médicamenteuse que l'on veut faire absorber et que l'on recouvre avec un morceau de taffetas gommé. Il se fait à la surface de la plaie une fausse membrane que l'on enlève chaque ( jour ; mais au quatrième ou cinquième pansement, il faut y renoncer et faire un nouveau vésicatoire.
L'ammoniaque a une grande réputation pour détruire le venin de la morsure de la vipère. Le fait lui-même est fort douteux , mais elle réussit instantanément à apaiser la douleur causée par les piqûres d'abeilles, de guêpes ou de cousins.
L'ammoniaque était recommandée par M. Fouquier en fumigations contre les catarrhes accompagnés d'une grande oppression, et par M. Trousseau, contre la coqueluche, le catarrhe capillaire et l'enrouement chronique. Le mieux est de rendre ammoniacal l'air de la chambre où le malade respire.
Comme excitantes, les inspirations d'ammoniaque sont utilisées * dans le cas de syncope.
Le carbonate d'ammoniaque a les mêmes propriétés que l'ammoniaque, mais à un plus faible degré. On l'a employé dans quelques cas de croup et dans des cas graves de scarlatine.