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SIROP DE FRUITS DE CIGUË

Pt. : Fruits de ciguë en poudre 10 grammes.

Sirop de sucre » 2000 —

On épuise les fruits de ciguë par de l'alcool à 72e (28° Cartier) et l'on ajoute la teinture au sirop que l'on aromatise d'ailleurs à volonté.

Une cuillerée de sirop correspond à 10 centigrammes de semences de ciguë. (Devay et Guillermond.)

INJECTION DE CONICINE.

Pr. : Alcoolé de fruits de ciguë Kau de chaux

Mêlez et filtrez.

La chaux , en décomposant le sel naturel de conicine, met la base en liberté et fait apparaître l'odeur forte qui lui est propre.

CÉVADILLE.

La Cévadille est le fruit du Veratrum sabadilla du Mexique, plante de la famille des Colchicacées. Son nom lui \ient de la ressemblance apparente de la plante avec une graminée : cévadille, de cebada, orge. Les fruits qui constituent la cévadille du commerce sont de petites capsules minces, sèches, à trois loges, ouvertes par le haut et contenant quelques semences noirâtres, allongées et courbées en sabre vers le haut.

D'après l'analyse de Pelletier et Caventou, la cévadille contient : Matière grasse; acide cevadique; cire; gallate acide de vératrine;

matière colorante jaune ; gomme.

L'acide cévadique est blanc; il cristallise en aiguilles nacrées; il a

une odeur faible ; il fond à 20°; il est volatil.

100 grammes.

Merck a trouvé un autre acide particulier, qu'il a nommé acide vératrique, et qui appartient à la série des acides gras volatils.

La vératrine est la partie active de la cévadille.

Pelletier et Caventou croyaient que les plantes de la famille des Colchicacées devaient leurs propriétés au même principe ; mais ils avaient confondu avec la vératrine des matières ditférentes. S'il est vrai que la vératrine existe seule dans la cévadille, elle est au contraire accompagnée par la jervine dans l'ellébore blanc, et elle ne se trouve pas dans le colchique, où ç|le est remplacée par une base différente, la colchicine.

La cévadille est aujourd'hui fort peu employée en médecine ; mais la vératrine a pris au contraire une place importante dans la matière médicale.

VÉRATRINE.

La Vératrine a été découverte par Maissner en 1818. C'est un alcaloïde dont la formule est C6* H5S Az8 016. On l'extrait de la cévadille par le procédé suivant, qui a été donné par M. Delondre. La cévadille pulvérisée est lessivée avec de l'eau acidulée par l'acide chlorhydrique ; quand la liqueur qui passe rougit le tournesol, on achève la lixiviation avec de l'eau pure. La matière est épuisée quand l'ammoniaque versée dans la liqueur qui passe la trouble seulement, sans y produire un précipité floconneux.

On précipite les liqueurs par de la potasse caustique en léger excès, on lave le précipité et on le fait sécher. On le pulvérise et on le met dans un flacon avec de l'éther très-rectifié ; on fait un deuxième traitement par l'éther, et l'on abandonne les liqueurs éthérées à l'évaporation spontanée.

La vératrine cristallise en prismes rhomboïdaux par l'évaporation spontanée. Le plus ordinairement elle se présente avec l'apparence résineuse ; elle est blanche, pulvérulente et difficilement eristallisable. Sa saveur est d'une excessive âcreté. La plus petite quantité portée sur la membrane nasale provoque des éternuments violents. A petite dose à l'intérieur, elle provoque d'affreux vomisse- La vératrine fond à 115°. Elle n'est pas volatile, l'eau, même bouillante, n'en dissout que très-peu. Elle est soluble dans i parties d'alcool à 36° et dans 6 parties d'éther. Elle sature les acides et forme des sels cristallisables avec les acides chlorhydrique et sulfurique. Elle est précipitée de leur dissolution par le chlorure d'or en un composé insoluble.

Bien que cristallisable, le sulfate de vératrine ne peut guère être séparé à l'état de cristaux ; ceux-ci restent empâtés dans une liqueur trop épaisse. Ce sel est soluble dans 12 parties d'alcool à 36°, 9 parties d'eau froide et 8 parties d'éther. Pour l'obtenir, il faut saturer la vératrine tenue en dissolution dans l'éther, évaporer spontanément et achever la dessiccation àl'étuve. (A. Delondre.) La eévadille donne environ le dixième de son poids de vératrine ; les semences séparées des capsules en donnent le double.

Propriétés médicinales de In vératrine. — La vératrine exerce une action directe sur le canal intestinal à la manière des narcotico-âcres. puis, une fois qu'elle a été absorbée, elle déprime la force vitale en agissant sur le système circulatoire et sur le système nerveux.

Administrée à dose médicinale par M. Arran (5 milligr. à deux et trois fois), elle a produit des effets remarquables, dont voici le tableau abrégé.

Nausées, vomissements, chaleur à l'œsophage et à l'estomac. Le pouls tombe d'un grand nombre de pulsations, reste d'abord régulier, puis un certain nombre de pulsations viennent à manquer. La respiration devient rare, la chaleur animale baisse; la peau se décolore ; baignée d'une sueur froide qui donne la sensation du contact d'un animal à sang froid. Il y a affaissement et immobilité. Avec tous ces caractères d'une dépression énergique, la langue reste humide ; la soif n'est pas augmentée et l'intelligence se conserve tout entière. A ce tableau il faudrait ajouter, suivant M. Van Paag, la perte de tension des muscles et celle de la sensibilité dans les muscles cutanés périphériques.

Si la dose de vératrine est très-élevée, il survient des coliques violentes avec superpurgation, d'affreux vomissements, le tétanos des membres, du thorax, de l'abdomen et des mâchoires.

M. Delondre, qui dans sa fabrique a été, ainsi que ses ouvriers, souvent exposé à l'influence de la vératrine, et en particulier de celle qui se répand dans l'atmosphère avec les vapeurs d'eau, quand on évapore les dissolutions, ajoute les symptômes suivants :

Des éternuments violents, un coryza intense, une toux sèche, de la chaleur à la gorge; une transpiration subite se manifestant depuis la nuque jusqu'aux reins, et des coliques accompagnées d'une douleur atroce prenant son origine dans le scrotum et remontant dans les aines.

La vératrine a été employée par le docteur Arran. dans la pneumonie, pour déprimer le système circulatoire , sous forme de pilules et à la dose de 5 milligrammes répétés deux à trois fois par jour; par

ALCALIS ORGANIQUES. 3f

le docteur Turnbull, contre les maladies nerveuses et le rhumatisme. ML Magendie en avait essayé contre la goutte. Le docteur Klinger la dit très-efficace contre les engorgements chroniques des articulations et Thydarthrose. Voici quelques formules.

PILULES DE VÉRATRINE.

Pr. : Vératrine 5

Poudre de guimauve 50

Sirop de gomme 8. Q.

F. S. A. 40 pilules.

Les pilules employées par le docteur Turnbull contre les maladie* nerveuses se composent de : vératrine, 5 centigrammes ; extrait de jusquiame, 20 centigrammes, divisés en 40 pilules.

ALCOOLÉ DE VÉRATRINE.

Pr. : Vératrine. 1

Alcool à 30» 16

Faites disoudre.

Cette liqueur est celle employée en frictions par le docteur Turnbull sous le nom d'embrocations de vératrine. Sous le nom de gouttes de vératrine, il introduit dans l'oreille une solution quatre fois aussi étendue.

POMMADE DE VÉRATRINE.

Pr. : Vératrine 25 à 50 centigr.

Axonge M —

Il faut dissoudre la vératrine dans une petite quantité d'alcool et la mélanger à l'axonge. La pommade est plus active que si la vératrine était mise en poudre. (Dr Cunier.)

Cette pommade a été recommandée contre Tanasarque et la

goutte (Magendie), contre les névralgies (Dr Calvi), contre le gonflement chronique des articulations et Thydarthrose quand la période inflammatoire est passée. (D' Klinger.)

LINIMEN1 DE VÉRATRINE.

p.. : Vératrine 2

Huile d'olive 4

Axonge 32 -

Opérer comme il a été dit pour la pommade.

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