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ACONIT

L'Aconit médicinal est YAconitum napellus (Renonculacées). C'est l'espèce la plus active d'Europe suivant le docteur Schroff.

Dès 1808, Steinacher attribua les propriétés énergiques de l'aconit à un principe volatil. M. Braconnot, dans son travail général sur les Renonculacées, reconnut dans cette plante une matière Acre analogue à celle des autres Renonculacées. M. Vauquelin obtint les

mêmes résultats, et Bucholz, dans le cours de son travail sur la même plante, fut, à plusieurs reprises, vivement incommodé par les émanations de cette matière. La présence d'un principe acre volatil dans l'aconit est donc constatée, bien que les propriétés de ce principe nous soient encore à peine connues.

En outre du principe âcre volatil, l'aconit contient une matière extractive, de l'albumine, de la cire verte, de la gomme, des acides acétique et malique, quelques sels. Parmi ces derniers, figure l'aconitate ou pyrocitrate de chaux, sel fort peu soluble et qui se trouve en abondance dans quelques aconits.

ACOMTINE.

L'Aconitine a été découverte par Hess en 1833. C'est un alcaloïde dont la formule est CM H47 Az 0l*.

L'aconitine est une base alcaline végétale très-vénéneuse. Elle cristallise en grains blancs ; souvent elle se présente sous la forme d'une masse incolore et transparente ; elle n'a pas d'odeur ; sa saveur est amère, et plus tard âcre et un peu brûlante. Elle fond à 80 degrés ; à 440 degrés, elle se volatilise en se décomposant pour la plus grande partie. Elle est très-soluble dans l'éther et surtout dans l'alcool. Elle forme des sels incristallisables qui sont précipités par l'iode et par la noix de galle.

J'ai obtenu l'aconitine par un procédé fort simple. On râpe la racine fraîche d'aconit et on l'épuisé par l'alcool à 31°; on agite la solution avec de la chaux et l'on filtre ; on sature avec peu d'acide sulfurique ; on filtre de nouveau. On distille pour séparer tout l'alcool, on filtre la liqueur et on l'agite avec du carbonate de potasse et de l'éther. L'évaporation de l'éther laisse de l'aconitine entièrement soluble dans l'alcool , dans l'éther et dans l'eau acidulée.

Pour obtenir l'aconitine, Geiger donne le procédé suivant : on épuise les feuilles récemment séchées d'aconit par l'alcool très-rectifié, au moyen de la lixiviation. On ajoute à la liqueur de la chaux éteinte, le vingtième du poids de l'aconit employé. Après 24 heures on filtre ; on ajoute un très-léger excès d'acide sulfurique et l'on filtre de nouveau. On évapore alors à une très-douce chaleur pour réduire la liqueur au quart. On y ajoute la moitié de son volume d'eau, et l'on continue l'évaporation à une très-douce chaleur pour chasser tout l'esprit-de-vin. Après le refroidissement on filtre. On précipite alors par une dissolution concentrée de carbonate de po-

tasse. On recueille le précipité sur un filtre et on le sèche entre du papier. On le dissout dans l'alcool absolu et, s'il est nécessaire, on blanchit avec un peu de charbon. On ajoute à la liqueur alcoolique assez d'eau pour la rendre lacteuse, et on laisse déposer dans un lieu chaud.

Pour avoir l'aconitine pure, M. Planta fait dissoudre l'aconitine du commerce dans l'éther, évapore, redissout dans l'alcool absolu, et verse la dissolution dans de l'eau qu'il agite continuellement. L'aconitine se précipite ; on la sèche dans du papier d'abord , puis dans le vide.

L'aconitine est un violent poison, qui a sur l'économie une action analogue à celle de la vératrine et de la colchicine. Elle s'en distingue parce qu'elle n'a pas l'âcreté de la vératrine ; son action dépressive sur le cœur est plus durable ; elle fait éprouver sur la peau un frémissement comme électrique ; elle détermine une tension douloureuse des joues, de la mâchoire et du front, des mouvements convulsifs qui agitent tout le corps, avec accompagnement de vibrations répétées dans les tendons ; la tête est rejetée en arrière.

Ses propriétés doivent être celles qui ont été constatées dans l'aconit. Ce serait le remède du rhumatisme articulaire aigu.

Le docteur Turnbull a employé l'aconitine contre les maladies nerveuses, le tic douloureux, les maladies des yeux et des oreilles, les maux de dents, et presque toujours alternativement avec la vératrine et la delphine. Elle produit sur la peau de la chaleur et un sentiment de frémissement. Dans le traitement des maladies des oreilles, elle a ceci de particulier, de rétablir promptement la sécrétion du cérumen. Voici les formules dont il s'est servi.

un i m i m d' aconitine.

Pr. : Aconitine . .

Huile d'olive Axonge

Mêlez.

En frictions deux ou trois fois par jour contre les maladies nerveuses, la cataracte récente, certaines maladies de l'oreille. * (D' Turnbull.)

EMBROCATION D'ACONITINE.

Pr. : Aconitine. ...

Alcool rectifié

1 gramme.

i gramme.

Faites dissoudre pour employer en frictions. Les gouttes d'aconitine du docteur Turnbull, qu'il introduit dans la cavité de l'oreille, ont cette même composition.

PILULES d'aCONITINE.

Pr. : Aconittne 5 centigrammes.

Poudre de réglisse l gramme.

Sirop S. Q.

Faites i 5 pilules dont vous donnerez une toutes les trois heures. (D' Turnbull.)

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