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FER MÉTALLIQUE

Le Fer du commerce n'est jamais pur ; il contient presque toujours du carbone, du phosphore, du soufre, de l'arsenic, en petites quantités, qui ont peu d'influence sur ses propriétés médicinales. Il vaut mieux cependant choisir du fer doux pour l'usage de la médecine, et dans le choix que l'on fait de la limaille, se garder avec le plus grand soin de celle qui serait mêlée de cuivre.

On a conseillé de purifier la limaille de fer en la séparant par l'aimant. Ce procédé serait insuffisant, car Henkel a fait voir qu'un alliage de fer et de cuivre contenant les 2/3 de son poids de cuivre, est encore attirable à l'aimant. Le mieux est de porter une grande attention au choix de la limaille, et plutôt encore, de la préparer soimême avec du fer doux.

Le fer métallique s'emploie en poudre fine ; on pile la limaille dans un mortier pour en détacher la rouille, et on la vanne sur un van métallique. On répète ces opérations jusqu'à ce qu'il ne se sépare plus de rouille ; arrivé à ce point, on continue à piler, et l'on passe la poudre au tamis de crin ; on laporphyrise ensuite sans eau, dans un lieu sec, pour éviter l'oxydation qui résulterait de l'action de l'air humide sur le fer. On conserve la poudre de fer dans des vases bien fermés.

La préparation de la limaille de fer porphyrisée est une opération désagréable par le long travail qu'elle exige. M. Quevenne a proposé en conséquence de remplacer le fer porphyrisé par le fer réduit de ses oxydes au moyen du gaz hydrogène; l'opération s'exécute en faisant passer le gaz sur du peroxyde de fer très-divisé et que l'on tient à la chaleur rouge. Le fer qui résulte de ce traitement est d'une finesse extrême ; il est facilement attaqué parles acides contenus dans l'estomac ; mais comme un des avantages de l'emploi du fer métallique réside dans la lenteur de la dissolution qui fait qu'il est supporté quand d'autres préparations ne le sont pas, on aura chez quelques individus avantage à lui préférer la limaille de fer. L'inconvénient du fer réduit est aussi dans les rapports nidoreux qui résultent du dégagement d'hydrogène qui se fait lors de la dissolution du fer.

FER RÉDUIT PAR l/HYDROGÈNE.

La condition essentielle de succès dans l'opération qui doit le produire réside tout entière dans la température : si Ton ne chauffe pas assez, la réduction ne s'opère pas ; si Ton chauffe trop, le fer se réduit, mais il s'agglutine en lames ductiles, et l'opération est encore sans résultats. Chauffer convenablement est donc le principal objet que Ton doit se proposer ; multiplier les points de contact entre l'oxyde de fer et l'hydrogène est une deuxième condition qu'il faut remplir, moins essentielle, sans doute, mais qui a son intérêt si l'on ne veut pas dépenser en pure perte des masses considérables de gaz hydrogène.

L'appareil à réduction le plus commode, quand on n'opère pas sur des masses trop considérables, dont on puisse se servir est une bouteille à mercure en fer que l'on a fait couper à 2 centimètres de sa paroi supérieure. On élargit un peu les bords de la calotte que l'on a ainsi enlevée, pour qu'elle puisse recouvrir à la manière du couvercle d'une boîte le creuset en fer qui en a été séparé. ïl est bon d'enduire tout l'extérieur avec le lut de Morh ( Voy. t. I", p. HO), pour préserver le vase de l'action combinée de l'air et du feu.

Un tube en fer, qui communique avec un appareil qui amène de l'hydrogène, passe par la tubulure supérieure et arrive au fond de l'appareil ; on en garnit la base avec de la tournure de fer ou des grains de sable, on achève de remplir avec du safran de mars.

On adapte sur la bouteille à mercure le couvercle qu'on assujettit avec un lut d'argile. Cette bouteille à réduction est placée au milieu de la grille d'un large fourneau sur un disque de brique : le fourneau doit être assez haut pour que la bouteille y soit entièrement plongée.

En outre du vase à réduction, l'appareil se compose d'un grand flacon pour la production du gaz hydrogène ; d'un flacon vide où se condense une partie de l'eau ; d'un deuxième flacon contenant de l'acide sulfurique concentré qui dessèche le gaz et sert en même temps de guide à l'opérateur ; par la rapidité des bulles qui le traversent, on voit s'il faut activer ou ralentir le dégagement. Au sortir de ce flacon, le gaz hydrogène traverse un tube plein de chlorure de calcium, d'où il va passer dans le vase en fer.

On remplit le fourneau de charbon de manière à recouvrir le vase en fer, et dès que le charbon est incandescent, on ferme la porte du cendrier en laissant à peine une faible ouverture pour que la com-

bustion n'acquière pas une grande activité ; de plus on couvre le fourneau avec des plaques de tôle. De cette manière il y a peu de tirage ; la température se maintient au rouge naissant, température à laquelle la réduction se fait bien, sans être assez élevée pour agglomérer le fer réduit. Si le feu languit, il faut lui donner un peu plus

r» d'activité en élargissant l'ouverture du cendrier.

Le safran de mars employé dans cette opération doit avoir été préparé en précipitant par le carbonate de soude le chlorure de fer que l'on obtient en saturant l'acide hydrochlorique avec du fer. Le safran de mars obtenu avec le sulfate retient du sulfate que l'hydrogène réduit à l'état de sulfure de fer, lequel donne de l'hydrogène sulfuré en présence des acides de l'estomac.

Sera-t-il nécessaire de rappeler à ceux qui voudraient réduire le fer par l'hydrogène qu'il faut attendre, pour chauffer, que l'appareil ait été privé d'air par un premier courant de gaz, et que, lorsque l'opération est terminée, il faut retirer tout le feu et continuer à faire passer du gaz hydrogène jusqu'à ce que l'appareil soit refroidi. On

k retire le fer et on le passe pendant quelques instants sur un porphyre.

Quand on opère sur de petites quantités, l'opération se fait bien dans des canons de fusil, comme l'a conseillé M. Thibierge fils. Le fer réduit est une poudre fine d'un gris de fer, qui se dissout

I avec effervescence dans les acides.

, Le fer réduit est toujours administré sous forme de poudre. Sous

toute autre forme le fer a l'inconvénient de s'oxyder. Voici cependant quelques formules anciennes.

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