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DES PRÉPARATIONS DU PLOMB

Le Plomb est un métal d'un blanc grisâtre qui a beaucoup d'éclat, mais qui se ternit promptement à l'air. Il est très-mou et peut être facilement plié en tous sens et coupé au couteau ; sa densité est de 11,435. Il a peu de ténacité ; il se tire fort mal en fils, mais il peut être laminé facilement et fournir des feuilles très-minces. Il fond à 322° ; à la chaleur rouge blanc, il bout et se volatilise. Il absorbe facilement l'oxygène, et il forme avec lui au moins deux oxydes différents.

Le plomb métallique n'est pas employé en médecine, si ce n'est sous la forme de feuilles pour des pansements.

Le plomb forme avec l'oxygène trois oxydes différents, et même plusieurs chimistes admettent un sous-oxyde que d'autres considèrent comme un mélange de protoxyde et de peroxyde de plomb.

Le protoxyde de plomb est jaune, fusible au rouge brun et passant, quand il est fondu, à travers les creusets de terre. Il est blanc à l'état d'hydrate ; il est connu dans les arts sous le nom de Massicot. Il a pour formule PbO.

Le protoxyde de plomb qui provient des usines où l'on traite les minerais de plomb argentifères, est fondu et cristallin; il porte le nom de Litharge. Mais cette litharge n'est pas de l'oxyde pur, elle contient toujours de l'oxyde de fer et un peu de minium qui lui donnent une teinte rougeâtre, et presque toujours aussi de l'oxyde de cuivre ; en outre, elle est souvent mélangée d'autres matières étrangères. Nous avons donné (t. Ier, p. 358) le moyen de reconnaître si la litharge est suffisamment pure pour la préparation des emplâtres, mais on peut l'analyser plus exactement de la manière suivante : on prend un poids donné de litharge ; on la fait dissoudre dans de l'acide azotique étendu de 7 à 8 fois son poids d'eau ; si elle a été mêlée de brique pilée ou de sable, ces corps ne se dissolvent pas ; on concentre la dissolution nitrique pour chasser une grande partie de l'excès d'acide ; on étend d'eau, on ajoute à la liqueur du sulfate de soude qui précipite tout le plomb à l'état de sulfate; on verse alors, dans la liqueur, de l'ammoniaque en excès, qui précipite l'oxyde de fer et qui redissout l'oxyde de cuivre. Le poids du sulfate de plomb fait connaître le poids de l'oxyde de plomb; on pèse l'oxyde de fer après l'avoir calciné; quant au cuivre, on peut juger suffisamment de sa quantité par la couleur bleue, plus ou moins foncée, des liqueurs.

La litharge n'est la base réelle d'aucun médicament; mais elle sert à la préparation d'un assez grand nombre d'entre eux ; elle est l'oxyde que l'on préfère pour la préparation des emplâtres.

Le deutoxyde ou sesquioxyde de plomb est un produit de laboratoire ; il est inusité. On l'obtient par la réaction de l'hypochlorite de potasse sur une dissolution d'oxyde de plomb dans la potasse caustique. Il ressemble au minium ; mais il a moins d'éclat. Il a pour formule Pb203.

Le peroxyde ou bioxyde de plomb est d'une couleur puce. Il abandonne avec une extrême facilité la proportion d'oxygène qui le distingue du protoxyde ; il ne se combine pas aux acides; on l'a obtenu en faisant agir l'acide nitrique étendu sur le minium, qui se partage alors en protoxyde qui se dissout, et en peroxyde qui se dépose. Le peroxyde de plomb a pour formule PbOa.

On a fait quelques tentatives pour introduire cet oxyde dans la matière médicale, mais elles n'ont pas eu de suite.

Minium. — On donne le nom de minium à un oxyde de plomb composé, qui est formé par la combinaison : de protoxyde de plomb, 2 pp. ; peroxyde de plomb, 4 pp. Chacun des oxydes de plomb, dans ce composé, contient une égale quantité d'oxygène. La couleur est d'un beau rouge vif, et les acides détruisent la combinaison en s'emparant du protoxyde et mettant le peroxyde de plomb en liberté ; mais le minium du commerce est loin d'avoir cette composition ; M. Dumas y a trouvé jusqu'à la moitié de son poids de massicot à l'état de mélange ; le minium est d'autant plus beau, que la proportion de l'oxyde composé y est plus considérable.

Le minium est souvent falsifié avec des matières terreuses rouges ; on le reconnaît en le traitant avec une dissolution d'acétate de plomb qui s'empare du protoxyde et qui, si le minium est pur, ne doit laisser que de l'oxyde puce de plomb.

Le minium est rarement employé seul en médecine, mais il entre dans quelques pommades ou emplâtres, par exemple, dans l'emplâtre de Nuremberg.

Sels de plomb. — Le protoxyde de plomb forme seul des combinaisons avec les acides.

Les sels de plomb ont les caractères suivants :

Leur saveur est sucrée et styptique. — La potasse y forme un précipité blanc soluble dans un excès de potasse.

Les carbonates alcalins les précipitent en blanc.

Le cyanoferrure de potassium les précipite en blanc ; le cyanoferride ne les précipite pas

Dl PLOMB.

Le chromate de potasse les précipite en jaune.

L'iodure de potassium les précipite en jaune ; le précipité est soluble dans un excès d'iodure.

Les sulfures et les hydrosulfates les précipitent en noir.

Le fer, le zinc, rétain en séparent le plomb en lames brillantes.

Propriétés médicinales. — Les préparations de plomb introduites à l'intérieur produisent des accidents d'intoxication redoutables qui rendent les médecins très-circonspects sur leur emploi. Aussi les formulaires qui regorgent de préparations plombiques destinées à l'usage externe ne contiennent-ils qu'un très-petit nombre de médicaments destinés à être administrés intérieurement.

Les individus qui sont sous l'influence du plomb ont l'haleine fétide, les gencives grisâtres au point de jonction avec les dents : la couleur de leur teint est blafarde, jaunâtre ; la circulation est ralentie. Plus tard surviennent des coliques vives, avec rétraction des parois abdominales, et une agitation extrême. — Des convulsions, de la paralysie peuvent être la conséquence de cette intoxication. Ces phénomènes sont bien rares chez les malades qui prennent le plomb comme médicament ; mais ils sont à prendre en grande considération, et il est sage de ne pas trop persévérer dans l'emploi des préparations de ce métal. *

Quand une préparation de plomb soluble est introduite dans l'estomac, elle contracte une combinaison avec les tissus, combinaison insoluble, mais qui est détruite peu à peu par les parties salinoalcalines du sang. Les préparations de plomb sont rarement prescrites à l'intérieur. On les a employées sans succès pour arrêter les sueurs des phthisiques. On les prescrit en injections, mais alors leur action est presque toute locale.

A l'extérieur les composés de plomb sont usités comme dessiccatifs, astringents et résolutifs. On fait usage de l'acétate, et surtout du sous-acétate de plomb; les oxydes et le carbonate de plomb entrent dans des pommades siccatives ou résolutives.

CARBONATi: DK PLOMB.

Carbonate plombique, Cérute, Blanc de plomb.)

La Céruse du commerce est une combinaison de carbonate et d'hydrate d'oxyde de plomb. Elle renferme \ pp. d'hydrate et 2 pp. de carbonate. Elle est blanche, inodore, insipide, insoluble dans l'eau.

La céruse n'est employée en médecine qu'a l'extérieur ; on lui

attribue, comme à tous les oxydes de plomb, la propriété de faciliter la cicatrisation des plaies ; on la croit sédative et elle a été employée, en applications à l'extérieur, pour guérir des névralgies rebelles.

La céruse du commerce est souvent mélangée avec de la craie, du sulfate de plomb ou du sulfate de baryte; nous avons donné (t. I, p. 300) les moyens de reconnaître cette falsification. La céruse entre dans la préparation de l'emplâtre qui porte son nom. Elle est la base de la pommade de Hhazis.

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