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POMMADE CITRINE

Pi : Huile d'olive 16

Axonge 16

Mercure 2

Acide azotique à 3*« 3

On fait dissoudre le mercure dans l'acide à une douce chaleur; on verse cette solution dans l'axonge liquéfiée avec l'huile et à demi refroidie ; on agite, et l'on coule dans des moules en papier.

Dans la première partie de l'opération, qui consiste à dissoudre le métal dans l'acide azotique, il se fait de l'azotate de mercure. L'acide est en partie décomposé ; il se dégage du deutoxyde d'azote, qui est transformé en acide hypo-azotique par sa combinaison avec l'oxygène, à mesure qu'il a le contact de l'air. L'oxygène, provenant de la décomposition de l'acide azotique, fait passer le mercure à Tétai d'oxyde, lequel s'unit à la portion d'acide azotique qui n'a pas été décomposée. La dissolution est un mélange d'azotate de protoxyde et d'azotate de deutoxyde de mercure dissous dans un excès d'acide contenant un peu d'azotite.

La réaction exercée par l'azotate de mercure sur la graisse, dans la préparation de la pommade oxygénée, a la plus grande analogie avec celle qui se produit, pendant l'essai des huiles, par le réactif de M. Poutet. M. Boudet, qui s'est occupé de cette réaction, a reconnu que le réactif de Poutet est une dissolution dans l'acide azotique de proto-azotate et de deuto-azotate de mercure, contenant, en outre, de l'acide hypo-azotique et peut-être de l'azotite de mercure. C'est l'acide hypo-azotique qui détermine le changement de nature de l'huile d'olive en une matière grasse qui n'entre en fusion qu'à 30° (Élaïdine), la production d'une petite quantité d'une matière jaune soluble dans l'alcool, et celle d'une portion d'un savon de mercure dont l'acide est l'acide élaîodique (fusible à 44°), c'est-à-dire le même acide qui résulterait de la saponification de l'élaïdine. Le mélange retient de l'azotate de mercure dans un état que M. Boudet n'a pas examiné.

Dans la préparation de la pommade citrine, la dissolution de l'azotate de mercure est de même nature que celle du réactif de Poutet; le mercure s'y trouve sous deux états différents d'oxydation, et la présence de l'acide hypo-azotique y est manifestée par la couleur rouge de la liqueur, et par son odeur nitreuse. Les mêmes

phénomènes chimiques doivent donc résulter de son action sur le corps gras; mais la décomposition est plus profonde, parce que la proportion de la dissolution mercurielle est plus forte, et parce que le mélange se fait à une température plus élevée que la température ordinaire ; l'on en trouve la preuve dans le dégagement d'acide carbonique et de deutoxyde d'azote qui se produit pendant l'opération. La graisse agit sur l'acide azotique de l'azotate de mercure ; elle agit même sur l'oxygène de la portion de mercure qui est à l'état de deutoxyde, et elle les amène, au moins en partie, à l'état de sous-

i azotate de protoxyde ou turbith nitreux, qui concourt avec la ma-

tière colorante jaune organique à donner à la pommade sa couleur

c citrine.

Au moment'de sa préparation, la pommade citrine peut donc être considérée comme un mélange d'élaîdine, de matière jaune, d'un peu d'élaïodate de mercure et d'azotate de mercure, dont une bonne partie, au moins, est à l'état de turbith nitreux. La consistance ferme de la pommade s'explique, d'ailleurs, par la formation de Pélaïdinc, plus consistante que l'axonge.

L'action décomposante sur l'azotate de mercure continue après le refroidissement de la pommade. Elle est accompagnée d'un dégagement lent de gaz, qui est du deutoxyde d'azote, suivant Vogel, mais , qui pourrait bien être de l'azote, ou en contenir, suivant une obser-

^ vation de M. Boudet. Les portions de graisse qui ont pu échapper

à la première action, se transforment sans doute en élaïdine, et celle-ci, peut-être, exerce aussi une action décomposante sur l'acide azotique et l'oxyde de mercure. Les portions d'azotate, qui avaient pu rester neutres, deviennent successivement basiques, et plus tard, suivant l'observation de M. Laudet, l'azotate de mercure disparait en entier de la ponunade; elle a blanchi, alors, dans toute sa masse. Plus tard, encore, la pommade prend une couleur grise, parce que le mercure est réduit à l'état métallique.

On préparait autrefois la pommade citrine avec l'axonge seule. Par l'emploi simultané de parties égales d'axonge de porc et d'huile d'olive, la pommade durcit moins vite, et reste d'un meilleur emploi. Cette modification, proposée par Thomson, a été adoptée depuis par le Codex. Planche avait même proposé de n'employer que de l'huile ; mais il avait en même temps augmenté la proportion de l'azotate.

Quand on mélange la pommade citrine avec du cérat ou quelque autre corps gras, surtout à chaud, elle prend une couleur grise, parce que l'action désoxydante sur l'azotate se reproduit avec plus d'énergie

DES MÉDICAMENTS CHIMIQrES.

au contact d'un corps gras encore vierge; elle entraîne la réduction complète du mercure. Cet effet serait produit d'une manière plus prononcée encore par les huiles essentielles que Ton ajouterait à la pommade dans le but de Faroinatiser.

MERCURE SOLl BLE iniAHM MAW (Proto- azotate aramoniaoo-mercuriel.)

Pr. : Proto-aiotate de mercure Q. V.

Ammoniaque liquide S. Q.

On met le proto-azotate de mercure dans un mortier de verre ou de porcelaine, et l'on triture avec de l'eau aiguisée d'acide azotique jusqu'à ce que tout le sel soit dissous; on emploie à* faire cette dissolution la plus petite quantité d'acide possible.

On verse alors dans cette dissolution, en remuant continuellement, de l'ammoniaque liquide étendue de 30 à 40 fois son poids d'eau; on verse l'ammoniaque par petites parties, et l'on s'arrête aussitôt que le précipité qui se forme n'a plus une teinte foncée; on se hâte de séparer le dépôt de la liqueur qui le surnage, on le lave, et on le fait sécher à une douce chaleur.

Les chimistes ont beaucoup varié sur la composition qu'il faut attribuer au mercure soluble d'Hahnemann, ce qui tient à ce qu'il se fait un produit qui s'altère pendant l'opération même, et qui se trouve mélangé avec des proportions variables des nouveaux corps formés. Nous emprunterons au travail de Kane ce que nous allons dire à ce sujet.

Quand on ajoute l'ammoniaque dans la solution d'azotate de mercure, le premier précipité qui se forme est noir velouté, lourd, et se dépose aisément; le précipité qui lui succède est plus léger, reste longtemps en suspension ; sa teinte s'affaiblit de plus en plus : sur la fin de la précipitation, il est presque blanc. Kane ayant divisé en 4 parties la précipitation, a trouvé dans le premier précipité 82,39 de mercure; dans le second 84,49; dans le troisième 84,50, et dans le dernier 88,97. Le premier précipité, que l'on peut considérer comme représentant plus exactement le mercure d'Hahnemann, contient : \ pp. ammoniaque, 1 pp. acide azotique, 2 pp. protoxyde de mercure. C'est du turbith nitreux dans lequel 1 pp. d'eau est remplacée par t pp. d'ammoniaque.

En même temps que se fait l'azotate ammoniaco-mercuriel précédent, il se forme un autre précipité de couleur blanche, dont la proportion, très-faible dans les premiers précipités, augmente suc-

DU MERCI IlE.

cessivement et affaiblit de plus en plus la nuance du mercure d'Hahnemann. Ce précipité blanc se fait surtout en plus grande quantité quand les liqueurs sont très-acides ; de là la nécessité d'arrêter la précipitation avant que tout l'azotate de mercure soit décomposé, et celle de dissoudre ce sel dans la plus petite quantité possible d'acide azotique. Le précipité blanc a une composition analogue à celle du précipité gris, seulement il contient du peroxyde de mercure au lieu de protoxyde. Il se sépare au moment de sa formation une proportion de mercure métallique correspondante. M. Mitscherlisch attribue la formation du deuto-azotate ammoniacal blanc, à ce que les affinités du deutoxyde sont plus puissantes, et qu'elles déterminent la transformation du protoxyde en mercure qui fait partie du précipité noir, et en deutoxyde qui fait partie du précipité blanc. M. Mohnheim a trouvé que la proportion d'azotate ammoniacal blanc augmente si Ton est long à verser l'ammoniaque et si on laisse le précipité séjourner longtemps dans la liqueur. Il est certain que Ton obtient du mercure d'Hahnemann d'autant plus beau que l'on a opéré sur des liqueurs moins acides, qu'on a poussé moins loin la précipitation, et qu'on a séparé plus vite le précipité de la liqueur où il s'est formé.

Le mercure d'Hahnemann est un médicament variable dans sa composition, et pour cette raison justement abandonné.

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