PROTO-IODURE DE MERCURE
(Iodure meroureux.)
Hg», I.
Le proto-iodure de mercure est d'un jaune verdàtre ; il rougit quand on le sublime, et reprend sa couleur en se refroidissant; il est volatil ; il est insoluble dans l'eau et dans l'alcool ; l'iode le transforme facilement en deuto-iodure. Le Codex a adopté le procédé qui a été donné par M. Berthemot, et qui est, sans contredit le meilleur.
Pr. : Mercure 100
Iode 62
Alcool S. Q.
On met dans un mortier de porcelaine l'iode et le mercure ; on
ajoute assez d'alcool pour transformer la masse en une pâte molle ; l'on continue de triturer jusqu'à ce que le mercure ait entièrement disparu et que le mélange ait pris l'apparence d'une pâte d'un vert jaunâtre ; on le porte sur un porphyre où on le broie par parties égales, puis on lave l'iodure avec de l'alcool bouillant, jusqu'à ce que celui-ci ne laisse plus trace de biiodure mercuriel par l'évaporation. Alors on fait sécher l'iodure dans une étuve, à l'abri de la lumière, et on le conserve dans des vases couverts de papier noir, car la lumière agit sur l'iodure, suivant les observations de M. Art us. en déterminant la décomposition de l'eau hygrométrique, et en oxydant le mercure en même temps qu'il se forme de l'acide hydriodique.
L'iode et le mercure sont employés en proportions exactement convenables pour former du proto-iodure ; l'alcool facilite la combinaison, en dissolvant l'iode, en le présentant au mercure dans un plus grand état de division, et en produisant plus tard le même effet sur le deuto-iodure qui se forme d'abord, et facilitant ainsi sa combinaison avec le mercure métallique. Quand on opère sur de petites quantités, quelques gouttes d'alcool suffisent ; mais quand on opère sur des quantités un peu plus considérables, il vaut mieux forcer la proportion d'alcool» car la matière s'échauffe beaucoup, et quelquefois même s'cntlamme et s'échappe du mortier avec une sorte d'explosion. II est même prudent, quand on a à préparer de fortes quantités de ce produit, de fractionner l'opération, de manière à n'agir que sur 2 à 300 grammes de matière à la fois. M. Mialhe a fait voir que l'iodure de mercure préparé par ce procédé contient toujours un peu de deuto-iodure ; je me suis assuré que la proportion en est très-faible, si l'on a eu la précaution de broyer la pâte alcoolique sur un porphyre. Toutefois, il est important, comme le conseille M. Mialhe, de laver le produit avec de l'jricool bouillant.
On trouve dans le commerce un iodure de mercure d'un vert plus fonce que le précédent. M. Mialhe l'a trouvé composé de 100 de mercure et 50 d'iode. On le prépare de la même manière que le précédent ; il faut aussi le laver avec l'alcool.
M. Boullay fils conseillait d'obtenir le proto-iodure de mercure en précipitant le proto-acétate de mercure par l'iodure de potassium ; c'était pour éviter la formation du sesqui-iodure de mercure. Mais M. Berthemot a fait voir que ce procédé est peu convenable, parce que le proto-acétate de mercure est à peine soluble à froid, et qu'à chaud il se change en deuto-acétate.
Un procédé qui a été très-recommandé consiste à décomposer le proto-azotate de mercure par l'iodure de potassium; on fait dissoudre l'azotate dans de l'eau aiguisée avec la plus petite quantité possible d'acide azotique, et Ton verse peu à peu dans cette dissolution celle de l'iodure de potassium ; on continue cette affusion tant que le précipité est verdâtre ; dès qu'on s'aperçoit que sa nuance passe au jaune, il faut s'arrêter et recueillir le précipité qui s'est formé. Il est à peu près impossible d'arriver à un bon résultat par ce procédé ; la dissolution de l'azotate est nécessairement acide ; malgré cette condition, si on la verse dans de la dissolution d'iodure de potassium, elle se décompose pour former du sous-azotate qui se mêle au précipité ; si on l'acidifie davantage pour éviter cet effet, alors l'acide azotique décompose l'iodure de potassium, sépare de l'iode, qui change le proto-iodure de mercure en deutoiodure. Il y a un autre inconvénient à verser l'azotate dans l'iodure : c'est que l'iodure de potassium décompose une partie du protoiodure de mercure à mesure qu'il est formé et le change en mercure métallique qui se dépose, et en deuto-iodure qui se dissout d'abord, et qui plus tard se mêle au proto-iodure. On verse donc l'iodure dans l'azotate ; mais cela n'empêche ni la formation du sous-azotate, ni la décomposition de l'iodure de potassium par l'excès d'acide azotique, ni la formation du deuto-iodure qui en est la conséquence ; cette dernière action devient surtout manifeste quand une partie de la précipitation a été faite ; c'est alors que le précipité prend une couleur jaune ; il constitue en cet état un iodure intermédiaire formé de 1 pp. de mercure et 1 pp. 1/-2 d'iode.
Le proto-iodure de mercure est beaucoup moins actif que le biiodure. On l'administre à la dose de M) à 50 centigrammes par jour, dans les maladies vénériennes et scrofuleuses. M. Mialhe admet que sous l'influence des chlorures de l'économie, il est changé en sublimé corrosif; il est bien plus probable qu'ils le convertissent en mercure et en iodo-hydrargyrate de chlorure de sodium. En tous cas ce sel ne doit pas être administré avec de l'iodure de potassium; il se ferait beaucoup de bi-iodure de mercure très-actif.