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DES PRÉPARATIONS DE L'OR

L'Or est un métal d'une couleur jaune, d'un éclat métallique trèsvif ; il a peu de dureté ; c'est le plus malléable des métaux ; sa densité varie entre 19,4 et 19,65. Il est moins fusible que l'argent et le

cuivre, il fond vers + 705° ; il ne se volatilise qu'au foyer d'un miroir ardent; il ne se combine pas directement avec l'oxygène ; mais il peut former avec lui au moins deux, peut-être trois combinaisons. Le nombre proportionnel de l'or est 245,8.

On a voulu employer l'or métallique sous forme de poudre ; mais c'est une substance absolument inerte.

L'or, étant très-ductile, ne peut être réduit en poudre directement ; on emploie pour l'obtenir sous cette forme plusieurs procédés.

Ie On prend des feuilles d'or ; on les broie dans un mortier avec sept à huit fois leur poids de sulfate de potasse, jusqu'à ce que l'on n'aperçoive plus aucun fragment de feuilles; on traite cette poudre par l'eau, qui dissout le sucre et qui laisse l'or sous la forme d'une poudre fine.

2° On fait dissoudre du chlorure d'or dans l'eau ; on remplit aux trois quarts avec la dissolution un flacon que l'on puisse boucher exactement, on achève de le remplir avec une dissolution concentrée et bien limpide de sulfate de protoxyde de fer ; on ferme le flacon et Ton abandonne le tout pendant 24 à 36 heures; l'or se précipite sous la forme d'une poudre très-fine que l'on débarrasse par des lavages des liqueurs qui la souillent. Ce procédé donne l'or métallique dans un état parfait de division ; il est basé sur l'affinité puissante du protoxyde de fer pour l'oxygène. On peut admettre que l'eau est décomposée, que son oxygène fait passer le protoxyde} de fer à l'état de peroxyde, et que son hydrogène forme de l'acide hydrochlorique avec le chlore du chlorure d'or ; l'or se précipite seul, car l'acide hydrochlorique suffit à satisfaire la capacité de saturation plus grande que l'oxyde de fer a acquise en passant à l'état de peroxyde. On peut dire aussi que le chlore se porte directement sur une partie du fer, et que l'oxygène qui y était uni s'en sépare pour peroxyder une autre partie du protoxyde. Il est important de mettre un excès de sulfate de fer, si l'on ne veut pas perdre une partie de l'or qui resterait dans la liqueur.

3° On ajoute à une solution de chlorure d'or, pour 10 parties d'or dissous, 2 parties de chlorure d'antimoine auquel on a ajouté assez d'acide chlorhydrique pour que l'eau de la dissolution d'or ne puisse le troubler ; on chauffe légèrement ; la réduction est complète au bout de quelques heures ; on recueille l'or sur un filtre, on le lave d'abord à l'acide hydrochlorique faible, puis à l'eau. Ce procédé, donné par M. Chaudet, est le plus avantageux de tous; l'or est précipité parce que le chlorure d'antimoine lui enlève le chlore pour devenir chloride antimonique.

s DE L'OR. 523

4° Brugnatelli conseille d'amalgamer l'or avec 6 parties de mercure, et de traiter l'alliage par l'acide nitrique qui dissout le mercure et laisse l'or divisé. Je n'ai pas répété ce procédé, mais on conçoit qu'il doive réussir.

Propriétés médicinales. — Les préparations d'or, et surtout le chlorure, ont été employées contre la syphilis par M. Chrestien de Montpellier; mais son exemple a eu peu d'imitateurs. L'or porte son excitation sur le système nerveux, et principalement sur les organes de la génération ; c'est à ce titre qu'il peut être employé comme emménagogue ; par la même raison il faut éviter d'en faire usage chez les femmes qui ont une tendance aux fluxions vers l'utérus.

On fait peu d'usage des préparations d'or. M. Chrestien, de Montpellier, les employait contre la syphilis, surtout en frictions sur les gencives et la langue, en recommandant au malade d'avaler sa salive. On les conseille aussi contre les maladies scrofuleuses. M. Chrestien les considère comme ayant une action toute spéciale et élective dans le traitement de l'adénite chronique et surtout de l'adénite cervicale.

Toutes les préparations d'or sont réduites facilement par les matières organiques ; aussi faut-il ne faire faire de pareils mélanges qu'en petite quantité à la fois. Comme tous les sels métalliques, le chlorure d'or se combine avec les tissus vivants et n'est dégagé de cette combinaison que par les humeurs albumino-chlorurées que la circulation apporte sans cesse. De tous les composés d'or, le chlorure double d'or et de sodium est préféré.

chlorure: D'OR.

Chlorhydrate, Hydrochlorate d'or, Mûri «te d'or.)

AuCK

Le Chlorure d'or employé en médecine est celui qui correspond au peroxyde d'or ; dans l'état de pureté, c'est un corps d'un rouge brun foncé, qui donne dans l'eau, où il est très-soluble, une liqueur d'un rouge de rubis très-intense ; quand on le chauffe, il se décompose d'abord en chlore et en sous-chlorure d'or d'un jaune pâle ; puis celui-ci se décompose à son tour en chlore et en or métallique.

Ce que l'on emploie en médecine sous le nom de Chlorure d'or ou Muriate d'or, est un sel d'une couleur jaune, qui cristallise en petits prismes aiguillés et qui est moins soluble que le chlorure simple : sa dissolution dans l'eau est d'un jaune d'or ; il est formé de la

combinaison du chlorure d'or avec le chlorure d'hydrogène (acide chlorhydrique) ; quand on le soumet à une douce chaleur, il laisse dégager d'abord de l'acide chlorhydrique, puis de l'acide chlorhydrique et du chlore, de manière que le chlorure simple commence à se décomposer avant que le chlorure d'hydrogène ait été entièrement volatilisé. Ce sel se conserve sans altération dans un air sec, il se liquéfie rapidement dans un air humide. C'est de ce chlorure double qu'il va être question, car le chlorure simple n'est pas usité en médecine.

L'avidité avec laquelle il absorbe l'humidité a fait à peu près complètement renoncer à son emploi à l'intérieur. Pour l'obtenir, on opère de la manière suivante :

Pr. : Or pur laminé 1

Acide chlorhydrique ;t 52° 3

— azotique à 3à° 1

On met l'or dans un matras, on ajoute les acides et l'on facilite la dissolution à l'aide d'une douce chaleur ; quand la dissolution est opérée, on verse la liqueur dans une capsule de porcelaine; on lave le matras avec de petites quantités d'eau que l'on ajoute à la première liqueur, et l'on fait évaporer à une douce chaleur (pour plus de sûreté,au bain-marie de sel), jusqu'à ce que, une baguette de verre étant plongée dans la capsule et retirée, le chlorure s'y solidifie ; on laisse refroidir; le sel se prend en une masse cristalline.

L'eau régale dissout l'or par l'acide chloro-azoteux qui résulte de la décomposition mutuelle des aeides azotique et hydrochlorique ( Voy. p. 1 45) ; l'action continue ainsi jusqu'à la complète dissolution du métal; l'évaporation a pour effet de chasser l'excès des acides, et il ne reste que la combinaison de chlorure d'or et d'acide hydrochlorique.

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