‹ Traité de pharmacie théorique et pratiqueChapitre 443 sur 608 · II. — V* EDITION · texte numérisé non relu

II. — V* EDITION

î>30 DES MÉDICAMENTS CHIMIQUES.

Il arrive quelquefois que le précipité reste en suspension; on détermine sa précipitation en chauffant légèrement et en ajoutant un peu de sel marin.

Au fond du vase se trouvent des particules d'étain sous forme d'une poudre noire ; on les sépare par décantation du pourpre, qui est plus léger, et comme elles retiennent un peu d'or, on les conserve pour les traiter dans une autre opération.

Pour préparer le pourpre de Cassius, le Codex donne le procédé suivant :

Pr. : Perchlorure d'or i

Eau distillée 200

Faites dissoudre, d'autre part :

Étain pur l

Acide azotique à 36» I

— hvdioi hlorique à 22° 2

Eau distillée 100

Faites dissoudre l'étain en le mettant, fragment par fragment, dans le mélange des deux acides froids, et étendez la solution avec de l'eau distillée. Versez alors la dissolution d'étain dans celle d'or, par petites parties, jusqu'à ce qu'il ne se fasse plus de précipité; laissez déposer et lavez par décantation.

La séparation du pourpre se fait quelquefois très-mal ; on peut la favoriser en chauffant légèrement le liquide au bain-marie.

La dissolution d'étain qui sert à la précipitation contient un mélange de chlorure stanneux et de chlorure stannique.

On peut admettre que l'eau est décomposée, que son oxygène oxyde l'or et l'étain, tandis que l'hydrogène forme de l'acide hydrochlorique; les deux oxydes se combinent et se déposent.

Le pourpre de Cassius est peu usité en médecine. M. Chrestien l'a employé au même usage que les autres préparations d'or. On lui applique des formules analogues.

IODUHE D'OR.

Aul.

L'Iodure d'or est d'un jaune verdatre, il est insoluble dans l'eau froide ; l'eau bouillante n'en dissout que de petites quantités ; il se décompose à une température qui ne dépasse pas 150 degrés.

Il correspond au protoxyde d'or, et non pas au peroxyde; il est rarement employé en médecine.

On prépare l'iodure d'or par le procédé suivant que l'on doit à M. Fordoz. On verse dans une solution de chlorure d'or une solution d'iodure de potassium, jusqu'à ce qu'il cesse de se faire un précipité.

On reconnaît que l'on approche du terme, à la promptitude avec laquelle le précipité se forme et à la faible couleur rougefttre de la liqueur. A ce moment, il faut ajouter l'iodure de potassium goutte à goutte. On laisse reposer et l'on décante. On lave à l'eau distillée par décantation jusqu'à ce qu'on ait enlevé tout le chlorure de potassium ; on verse alors le précipité sur un filtre, on laisse égoutter et l'on étale le filtre dans une étuve chauffée de 30 à 35 degrés. De temps en temps on renouvelle les surfaces; l'excès d'iode s'en va et l'iodure d'or reste d'un beau jaune.

L'excès d'iode qui se précipite avec l'iodure d'or, provient de ce que le chlorure dont on se sert correspond au peroxyde d'or, tandis que l'iodure formé correspond au protoxyde. Le Codex dit d'enlever l'iode par l'alcool ; M. Fordoz a fait voir qu'il y a alors une portion d'or ramené à l'état métallique.

S'il est important de ne pas mettre un excès d'iodure de potassium, c'est qu'il redissoudrait l'iodure d'or en formant avec lui un iodure double soluble.

M. Fordoz a vu que le sucre altère facilement l'iodure d'or, tandis que la gomme arabique est sans action ; l'axonge le décompose du jour au lendemain. Aussi conseille-t-il de préférence d'employer l'iodure d'or associé à la gomme. Des pilules faites avec l'iodure d'or, la gomme arabique et l'eau, se conservent bien sans altération.

CYANURE D'Oïl.

AuCy3 + Aq. 1 i/2Aq.

Le Cyanure d'or se présente sous la forme d'une poudre jaune insoluble dans l'eau ; il correspond au peroxyde d'or. Il est formé de : or, I pp. ; cyanogène, 3 pp. Rammelsberg y admet en outre 1 pp. 1/2 d'eau, ou 3,77 p. 100.

Pour obtenir le cyanure d'or, on se sert du chlorure d'or, qui a été obtenu en évaporant au bain-marie une dissolution d'or dans l'eau régale, afin d'en chasser l'excès d'acide; mieux vaudrait risquer de réduire une portion d'or que de laisser de l'acide, car un excès de ce dernier nuit beaucoup à l'opération. On dissout le chlorure d'or

dans 5 fois son poids d'eau, et l'on y verse une dissolution de cyanure de potassium qui vient d'être préparée, en dissolvant dans 6 parties d'eau la masse noire qui résulte de la calcination du prussiate de potasse ferrugineux ; on ajoute du cyanure jusqu'à ce qu'il cesse de former un précipité. On doit obtenir un précipité jaune-serin qui se dépose lentement; un excès de cyanure donnerait un précipité d'une couleur rougefttre, que l'on pourrait ramener au jaune serin par un peu d'acide ; une plus grande quantité de cyanure redissoudrait le cyanure d'or formé. Il est presque impossible qu'il ne reste pas de l'or dans les liqueurs ; aussi faut-il avoir le soin de ne pas rejeter celles-ci : elles valent la peine d'être traitées pour en retirer l'or qu'elles contiennent.

Ce procédé n'est pas très-bon. M. Liebig conseille d'ajouter à une solution neutre de 16 parties d'or, &4 parties de cyanure de mercure ; on évapore à siccité et on lave pour enlever le chlorure de mercure.

Desfosses conseille de mettre l'oxyde d'or hydraté en contact avec l'acide hydrocyanique dilué. L'oxyde devient vert noirâtre ; mais en portant à l'ébullition il prend une belle couleur jaune ; on évapore à siccité à une chaleur très-douce. La préparation du cyanure d'or a besoin d'être étudiée de nouveau.

Le cyanure dror a les mêmes propriétés médicales que les autres préparations d'or. Suivant M. Chrestien, il serait moins excitant que le chlorure, et surtout il aurait l'avantage d'être plus difficilement décomposé par les matières organiques.

Divisez en paquets (de G à 15) : à employer en frictions sur la langue (Chrestien).

Le malade fait les frictions pendant 3 à 4 minutes avec le doigt indicateur humecté, et il avale la salive après l'avoir gardée quelque temps dans la bouche.

POt' DRE DE CYANURE D'OR.

Pr. : Cyanure d'or Poudre d'Iris

5 centigramme*.

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