ACIDE ARSÉNIEUX
Ar«D,c, Oxyde blanc d'.r.«me.)
AsO3.
L'acide arsénieux est la préparation arsenicale la plus ordinaire. Son usage comme antifébrile est très-ancien dans l'Inde; employé avec succès par les frères Plencitz de Vienne à la fin du siècle dernier, puis par Fowler en Angleterre, son emploi commefébrifuge a repris une nouvelle activité par les travaux de M. Boudin. C'est aussi le composé arsenical le plus employé contre les affections de la peau, l'asthme et le cancer.
C'est un remède des plus violents, et qui ne doit être administré qu'avec la plus grande circonspection ; à l'extérieur, on l'a recom-
mandé pour combattre les tumeurs cancéreuses et certaines maladies de la peau.
On emploie l'acide arsénieux à l'intérieur, en dissolution dans l'eau, ou sous forme de poudre ou de pilules. Les graves accidents qui pourraient résulter d'un malentendu devraient engager les médecins à ne pas se servir de formules toutes fuites, mais à les composer toujours eux-mêmes au moment du besoin.
L'acide arsénieux est blanc, acre, nauséeux, très-vénéneux; il est volatil. Quand on le chauffe sur des charbons incandescents, il répand une vapeur blanche, d'une forte odeur alliacée; cette odeur est due à une portion d'arsenic métal, qui a été revivifiée par le charbon. Au moment où il vient d'être préparé, l'acide arsénieux est transparent; à la longue, il devient opaque; il le devient également au simple contact de l'ammoniaque. Sous ces deux états, l'acide arsénieux est différent. L'acide transparent est plus soluble ; 1 litre d'eau en dissout 40 grammes ; il se dissout plus vite dans l'eau ; la pulvérisation semble l'altérer et le changer en partie en acide opaque. L'acide opaque est moins soluble : 4 litre n'en dissout que 43 à 44 grammes. Peu à peu et lentement, l'eau le change en acide transparent ; le même effet a lieu très-rapidement à l'ébullition ; quand une dissolution de l'un ou de l'autre acide cristallise, c'est l'acide opaque qui se dépose (Bussy).
Faites dissoudre.
On débute par 4 centigramme d'acide arsénieux par jour, soit 40 grammes de liqueur arsenicale, que l'on fait prendre de quart d'heure en quart d'heure, après l'avoir étendue dans une potion. La dernière dose doit être donnée 4 heures au moins avant le retour de l'accès. On laisse un intervalle deî à, 3 heures avant et après le repas. On augmente au besoin et successivement la dose pour aller jusqu'à 5 centigrammes par jour. Depuis dix ans, M. Boudin n'en* ploie pas d'autre fébrifuge» Dans les fièvres anciennes, après avoir fait vomir les malades, il les met à l'usage de l'arsenic et leur tait prendre en même temps une alimentation substantielle.