‹ Traité de pharmacie théorique et pratiqueChapitre 483 sur 608 · CHARBON · texte numérisé non relu

CHARBON

Le Carbone est un corps simple ; son nombre proportionnel est 75°. Le carbone est solide; il est incolore, transparent, et cristallisé dans le diamant ; il est noir, opaque, et amorphe dans tout autre état; il est insipide et inodore; il est infusible ; il ne se volatilise à aucune des températures que nous puissions produire. Il se combine à l'oxygène à une température élevée, et il forme avec lui deux combinaisons différentes : l'oxyde de carboue, qui est composé de 4 pp. de carbone, et 1 pp. d'oxygène, et l'acide carbonique, qui contient 4 pp. de carbone et 2 pp. d'oxygène. Ces deux combinaisons sont gazeuses; l'acide carbonique se forme quand le carbonate brûle au contact de l'air dans les circonstances ordinaires ; l'oxyde de carbone se produit quand il y a combustion à une très-haute température, et en présence d'un excès de charbon.

Le charbon dont on fait usage en médecine est du carbone plus ou moins impur; quand il provient de la décomposition des matières végétales, il contient de l'hydrogène ; quand il provient des matières animales, il contient de l'azote. Il jouit de la propriété de se combiner aux matières colorantes, propriété que l'on met à profit pour la décoloration d'un grand nombre de liqueurs, et qui est plus prononcée dans le charbon animal que dans le charbon végétal ( Voyez tome I, page 32) ; il peut aussi, comme tous les corps poreux, absorber les gaz.

Le charbon est peu employé en médecine. A l'intérieur et à haute

DES PRODUITS PYROGÉNÉS. 609

dose, on Ta vanté contre les fièvres putrides et les fièvres d'accès ; il a été donné avec succès dans quelques cas de scorbut et de diarrhées rebelles. Il est fort recommandé par quelques personnes contre les gastralgies. A l'extérieur, on l'emploie en applications sur les plaies. Il parait agir chimiquement en s'opposant à la putréfaction du pus ; peut-être aussi l'effet mécanique qu'il produit est-il pour quelque chose dans les succès que l'on a obtenus. On s'en est servi dans le cas de pourriture d'hôpital. On l'emploie comme dentifrice, et il a alors le double efTet de détruire la mauvaise odeur de la bouche, et de nettoyer les dents. On a encore employé le charbon contre la teigne et quelques maladies de la peau.

Le charbon de bois léger est préféré pour l'usage médical ; on l'obtient en brûlant des bûchettes de bois léger, jusqu'à ce qu'elles ne donnent plus de fumée.

On le réduit en poudre demi-fine ; on le lave à l'eau bouillante, et on le fait sécher. On le conserve dans des vases fermés.

M. Belloc a prétendu que le charbon du peuplier est préférable à tous les autres. Il fait calciner de jeunes branches de 2 à 4 ans, fait placer ce charbon dans des vases pleins d'eau pendant 3 à A jours, en ayant soin de changer l'eau plusieurs fois ; il fait sécher le charbon et le réduit en poudre avant qu'il soit parfaitement sec.

Page 1