ESPRIT VOLATIL DB CORNE DE CERF
On l'emploie tel qu'il a été obtenu par la première distillation.
Le Codex dit de le rectifier en le distillant, de manière à retirer les trois quarts de son poids. On doit, ainsi que les produits précédents, le conserver dans des vases de petite capacité, bien bouchés, qu'on laisse dans l'obscurité ; quand, avec le temps, il est devenu trop coloré, on le distille de nouveau.
L'esprit volatil de corne de cerf est une dissolution d'acétate et de carbonate d'ammoniaque, contenant en outre tous les produits qui constituent l'huile volatile elle-même. Il s'y trouve aussi, suivant M. Unverdorben, une huile acide (acide pyrozoïque), et une matière brune (fuscine), qui est le premier produit de l'altération de l'huile animale.
POUDRE FIJ1IIGATOIRE FÉTIDE.
Pr. : Corne de cerf râpée 4
Assa fœtida 1
Mêlez.
On projette cette poudre par pincées sur des charbons ardents, et Ton en fait respirer les vapeurs mêlées à l'air. Ce remède est employé contre l'hystérie.
DISTILLATION DU sicci \
Le Succin est de la nature des matières résineuses, mais il a subi une modification depuis l'époque très-reculée où il a été enfoui dans le sol. Il est un mélange d'un peu i l'huile volatile, d'acide succinique, et de deux résines solubles dans l'éther, mais dont l'une est soluble à froid dans l'alcool à 84°, tandis que l'autre ne s'y dissout qu'à chaud ; toutes deux se combinent aux alcalis ; mais la plus grande masse du succin est formée par la résine altérée ou bitume du succin, qui est insoluble dans l'alcool , dans l'éther, dans les huiles fixes et volatiles, et même dans les dissolutions alcalines. Si l'on fond le succin, il devient en partie soluble dans l'alcool et dans l'éther; l'huile de térébenthine et les huiles grasses alors le dissolvent presque tout entier, à l'exception d'une matière élastique. M. Recluz a remarqué que les morceaux de succin blancs et opaques fournissent plus de matière soluble dans l'alcool, et en particulier plus d'acide succinique que les autres.
On emploie en pharmacie, comme antispasmodique, une teinture alcoolique et une teinture éthérée de succin. On prépare l'une et l'autre avec 46 parties de véhicule et 4 partit» de succin ; l'alcool doit être rectifié; le succin doit être réduit en poudre impalpable, car les surfaces seulement sont atteintes par le liquide. Suivant Heyer, le succin ne peut céder ainsi que de 4, 10 à 1/12 de son poids.
Les produits de la distillation du succin à feu nu sont beaucoup plus importants.
Pr. : Succin concassé Q. V.
On l'introduit dans une cornue de verre lutée que Ton remplit à moitié. On place cette cornue dans un fourneau à réverbère, et l'on y adapte une allonge et un ballon dont la tubulure porte un long tube droit ou un tube recourbé de Welter, dont l'extrémité plonge dans l'eau. On chauffe d'abord modérément; le premier effet de la
DES PRODUITS PYROGÉNÉS. 613
chaleur est de fondre le succin, et de volatiliser un peu d'huile essentielle et quelques traces d'acide succinique ; puis, en augmentant le feu, la matière se boursoufle et l'opération marche plus vite. Le boursouflement doit servir de guide à l'opérateur ; s'il était trop fort, toute la matière passerait dans le récipient sans avoir été distillée ; c'est pendant cette tuméfaction qu'il se dégage surtout de l'acide succinique ; quand elle cesse, on peut impunément élever la température ; la matière entre en ébullition, et l'huile coule à filets. L'opération est terminée quand il n'en passe plus. Si l'on continuait à chauffer au point de ramollir le verre de la cornue, il passerait dans le récipient une substance jaune de la couleur de la cire, inodore et insipide. Tous ces phénomènes de la distillation du succin ont été bien étudiés par MM. Robiquet et Colin.
On obtient, dans la distillation du succin, trois produits différents : 1° de l'acide succinique impur (Sel volatil de succin) qui s'attache à la partie supérieure des vases; il est sali par de l'huile pyrogénée, mais on l'emploie en médecine sous cet état : on peut en retirer une nouvelle quantité par l'évaporation spontanée de la liqueur aqueuse ; 2° un liquide aqueux (Esprit volatil de succin) ; c'est une dissolution dans l'eau, d'acide acétique, d'acide succinique et d'huile pyrogénée ; on le purifie en le filtrant à travers un papier mouillé, pour séparer l'huile volatile; 3° Y Huile volatile de succin ou mieux l'huile pyrogénée. Elle contient de l'acide succinique et plusieurs produits ; on y a distingué une huile liquide ou pyrélaïne, une résine pyrogénée ou pyrétine, et une petite quantité de la matière jaune qui se produit à la fin de la distillation du succin. La pyrélaïne de succin a une odeur forte ; elle est liquide, jaunâtre, visqueuse ; elle est formée par un mélange de différentes huiles hydrocarbonées. Une d'elles, que M. Elsner a nommée Eupione de succin, a pour caractère spécial de se transformer, par l'acide azotique, en une résine d'odeur musquée. C'est à elle qu'il faut rapporter la formation du musc artificiel, qui résulte de l'action de l'acide azotique sur l'huile brute de succin. La pyrétine de succin est visqueuse, insipide, inodore, jaune brunâtre, demi-fluide ; elle est soluble dans l'alcool, l'éther et les huiles. Quant à la matière jaune, elle est formée de 90 parties d'idrialine et de 10 parties de chrysène. L'idrialine est blanche, cristallisée en aiguilles volatiles à 300°, se dissout dans l'acide sulrorique en prenant une couleur bleue. Le chrysène est jaune, pulvérulent, fusible à ^40°, à peine soluble dans l'alcool et l'éther bouillant.
L'acide succinique cristallisé a pour formule C8H405 + 3Aq.
A 440° il perd 1 pp. d'eau; à une température plus élevée, il en perd 2. C'est un acide blanc, cristallisé, volatil. Les succinalesde potasse et de soude précipitent tout le fer de ses dissolutions peroxydées, et donnent un moyen de séparer ce métal du manganèse.
L'huile de succin est employée en médecine après avoir subi une rectification ; à cet effet, on la redistille dans une cornue de verre, en ayant soin d'arrêter l'opération aussitôt que l'huile passe colorée en brun.
L'acide succinique impur, l'esprit volatil et l'huile volatile de succin sont employés en médecine comme antispasmodiques.
8UCCINATB D'AMMONIAQUE IMPUR.
(Liqueur de oorae de cerf aucctnée )
Pr. : Esprit volatil de corne de cerf Q V.
Acide succinique médicinal s. Q.
Saturer l'esprit volatil par l'acide succinique.
Les produits de la distillation du succin sont à peu près complètement inusités aujourd'hui. — Le sel volatil était recommandé pour augmenter la production de l'urine ; Boerrhaave l'appelait le prince des diurétiques. On le croyait propre à résister à la putréfaction, et en conséquence on le recommandait dans la gangrène sénile. Au même titre, on le conseillait dans les fièvres malignes, comme sudorifique ; on en recommandait l'emploi dans les maladies par transpiration ou exanthèmes supprimés.
La liqueur de corne de cerf succinée était considérée comme très-efficace contre l'hystérie et les autres maladies spasmodiques.
des eaux Minérales artificielles
Les Eaux minérales sont les eaux de sources naturelles, auxquelles une haute température ou la proportion et la nature des matières dissoutes, donnent des caractères particuliers qui les rendent souvent impropres aux usages ordinaires de la vie, mais qui leur communiquent des propriétés spéciales dont la médecine peut tirer parti pour la guérison des maladies.
Elles doivent leurs propriétés à l'eau, à leur température, et aux matières minérales qu'elles tiennent en dissolution. Elles se mêlent, se confondent par leur composition de manière à rendre impossible toute classification absolue. Elles sont le remède des maladies chroniques; et telle est l'analogie de leur mode d'action qu'on les voit
DES EAUX MINERALES.
chaque jour soulager les maladies les plus différentes, comme auss, les eaux les plus différentes guérissent les mêmes maladies.
Les guérisons que Ton obtient par les eaux minérales sont dues à des causes variées. C'est d'une part le changement de vie des malades, que Ton sépare des conditions qui ont amené l'altération de leur santé, qui les transporte dans un air vif, loin de toutes préoccupations, la où l'exercice et les distractions deviennent une nécessité à laquelle ils ne peuvent se soustraire.
L'eau agit à son tour ; administrée sous toutes les formes, de boisson, de bains, de douches, elle pénètre les tissus et va jusque dans les dernières ramifications des vaisseaux laver, déterger, entraîner ou dissoudre les éléments hétérogènes, que les urines, devenues abondantes, expulsent de l'économie. En même temps le malade trouve réunies toutes les ressources d'une hydrothérapie avancée ; les bains sous toutes les formes et à toutes les températures, les douches, les étuves, les inhalations de gaz, et de vapeurs , etc.
Les éléments salins qui constituent les eaux minérales apportent aussi leur contingent actif; on est souvent étonné de la petite proportion de ces matières que l'eau contient et de l'activité incontestable qu'elle manifeste ; mais en outre des circonstances additionnelles que nous venons de signaler, il faut remarquer encore que les malades avalent souvent des quantités prodigieuses de liquide et introduisent par le fait dans l'économie d'assez fortes proportions de matières salines.
Les sels que l'on rencontre communément dans les eaux minérales sont les carbonates, les sulfates et les chlorures ; la soude, 1* c haux, la magnésie en sont les bases ordinaires. 11 faut y joindre les iodures et les bromures, toujours en faible proportion, le fer quelquefois en quantité assez grande pour que toute autre action s'efface devant la sienne, et le soufre sous les deux états d'acide suifhydrique et de sulfures alcalins.
Dans les eaux purement salines, on reconnaît les caractères médicamenteux qui appartiennent aux sels alcalins. Ils leur communiquent leurs propriétés diurétique, fondante, stimulante et purgative, variant avec la proportion des sels, avec leur naturelles carbonates apportant aux eaux minérales leur vertu fluidifiante et saturante ; les chlorures agissant de préférence sur le système lymphatique et glanduleux, les sulfates sur l'intestin ; et tous, si leur proportion est assez élevée, communiquant aux eaux la propriété laxative. Quand on compare les diverses maladies qui sont traitées aux sources d'eaux minérales, on ne peut qu'être surpris au pre-
mier abord de la similitude d'action qu'elles possèdent et qui paraîtrait inexplicable, si Ton ne savait quelle grande analogie les eaux ont dans leur composition.
L'iode, le brome, l'arsenic qui existent dans les eaux concourent singulièrement à leur efficacité ; l'acide carbonique dont un grand nombre d'entre e)les sont imprégnées les rend plus agréables, plus digestibles et apporte sa part d'action dans la guérison des maladies.
Les maladies que les eaux minérales sont propres à guérir, sont celles qui peuvent être traitées avec avantage par les divers éléments que nous venons de mentionner. A l'eau on demande sa propriété délayante, sa température, aux sels leur action comme purgatifs, diurétiques et stimulants, au fer sa puissance de tonicité et de reconstitution, au soufre les effets sur la peau, sur les organes pulmonaires et sur l'ensemble de l'économie ; et comme tous ces éléments se trouvent plus ou moins mélangés ou sont en proportions différentes dans les diverses eaux minérales, le praticien doit régler son choix avec maturité et choisir, suivant les cas, l'eau qui satisfera le mieux aux évacuations par les selles, par les urines ou par la sueur, ou qui sera capable de modifier la nature des sécrétions ou de rétablir les fonctions dans leur état normal.
Les maladies que Ton traite par les eaux minérales sont nombreuses et variées. On compte les engorgements des viscères, les affections des voies urinaires, les maladies de poitrine, les maladies de la peau. On envoie aux eaux les scrofuleux, les rachitiques, les rhumatisants, les goutteux, les paralytiques. Les eaux conviennent souvent aussi aux affections nerveuses. Elles guérissent encore un certain nombre d'affections chirurgicales, comme la raideur des articulations, la contraction des muscles, les ankyloses, les anciennes plaies d'armes à feu, les ulcères superficiels et fistuleux, la carie des os, etc.
Les eaux minérales peuvent être divisées en trois classes tranchées : les eaux salines, les eaux ferrugineuses et les eaux sulfureuses.
EAUX 8ALIXE8.
J'adopte comme classification des eaux salines celle qui a été donnée par M. Herpin. Elle réunit les eaux qui avec une analogie de composition ont surtout une plus grande analogie dans leurs propriétés médicinales. Voici quel est cet ordre :
Eaux sulfatées,
— chlorurées,
— carbonatées,
DES EAUX MINERALES. 617
Eaux sulfatées carbonatées,
— chlorurées carbonatées,
— carbonatées chlorurées.
Eaux sulfatées. — Elles sont laxatives et déterminent des selles séreuses. On les emploie pour obtenir des évacuations modérées que Ton entretient pendant plusieurs semaines ; elles agissent aussi comme diurétiques. Elles montrent leur effet résolutif dans les engorgements du foie, de la rate et des viscères du bas-ventre. Telles sont, par exemple, les eaux indiquées dans le tableau suivant :
SUl.rATfcS.
CHI ORl RKS. CARBONATE*..
Sels.
NaO MgO. CaO.
Na.
NaO.
CaO.
O.isl • 0,17
O.Mi
EWX MINÉRALES.
— J Temj».
Ilax (Landes) 31 à 60
Hullna (Bohême) froide
Saidsrhuti! Bohême;. Id.
Sedlilz (Bohème)...., ld.
Eaux chlorurées. — Elles sont purgatives quand elles sont trèschargées ou qu'on les emploie à très-haute dose. Leur action s'exerce surtout sur le système lymphatique et glandulaire. Elles sont excitantes et conviennent aux constitutions molles et lymphatiques. — C'est dans ces eaux que Ton trouve surtout l'iode et le brome, à l'état de bromures et d'iodures. En outre des eaux chlorurées indiquées dans le tableau suivant, je signale les eaux de Baden-Baden, Leamengton, Pyrmont, Cheltenham, Saliès, etc.
taa 4t Itr (Océii
Balirtt lértitl
(1-iaratj...