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DR SODIUM

dans un litre d'eau.

DES EAUX MINERALES. 623

La matière organique de ces eaux a reçu le nom de barégine, elle leur est particulière ; elle contient l'azote et l'iode au nombre de ses éléments ; une partie est dissoute dans l'eau des sources, une autre se sépare dans les canaux sous la forme d'une matière gélatineuse, sans consistance, dans laquelle on observe quelques spirales sphéroïdes et quelques filaments. Cette barégine devient le repaire d'animalcules rotifères, et dans quelques localités on y voit apparaître une algue voisine des anabaines que Ton a nommée sulfuraire.

Propriétés médicinales des eaux sulfureuses. — Elles sont celles du soufre et de ses divers composés. Ces eaux ont une action générale excitante qui se traduit par l'élévation du pouls, un sentiment d'ardeur, parfois de l'insomnie. — La peau, après quelque temps, devient le siège d'une éruption papuleuse qui oblige à interrompre le traitement. Ces eaux très-actives, ne conviennent pas par cela même aux tempéraments sanguins ; elles aggravent l'état des malades atteints de phlegmasies aiguës.

Les cures nombreuses opérées par ces eaux peuvent être rapportées à des actions diverses ; c'est l'eau elle-même qui agit, aidée par toutes les ressources de l'hydrothérapie, sous la forme de bains, de vapeur, de douches de toutes espèces. C'est la chaleur qui aide l'action de l'eau dans des étuves ou dans des bains; à tel point que les effets d'une même source sont profondément modifiés suivant la température à laquelle le bain est administré. Le principe sulfuré intervient largement ; il est absorbé par les deux surfaces intestinale et cutanée, et en même temps par l'appareil pulmonaire. Pour prolonger l'absorption, dans quelques établissements, comme le Vernet, les malades séjournent longtemps dans l'atmosphère sulfureuse ; dans beaucoup d'autres, de vastes piscines permettent aux malades de prendre des bains très-prolongés, dans une atmosphère de vapeur sulfureuse.

Les maladies auxquelles on applique les eaux sulfureuses sont les catarrhes muqueux de la poitrine ou de la vessie, les maladies de 6; peau, le rhumatisme et la goutte, les scrofules, les ulcères anciens, les. plaies d'armes à feu et les cicatrices vicieuses, les ankyloses, les rétractions des muscles et des tendons, les maladies des os, et enfin les maladies vénériennes. Sous leur influence les salivations mercurielles s'arrêtent et il parait bien établi aujourd'hui que cette salivation ne se montre jamais dans le traitement mixte, avec les mercuriaux et les eaux minérales sulfureuses. On attribue même à celles-ci le pouvoir d'aller chercher les combinaisons mercurielles

déposées dans les organes et de les entraîner au dehors, ce que Ton explique par Faction dissolvante des sulfures alcalins et des sulfites et hyposulfites contenus dans ces eaux. Enfin on assure que lorsque le virus vénérien, à l'état latent, persiste dans l'économie, l'usage des eaux fait reparaître les symptômes de la maladie, et que tout individu qui conserve quelque doute sur la parfaite expulsion du principe syphilitique doit aller prendre une saison de bains sulfureux pour acquérir une entière sécurité dans l'alliance matrimoniale qu'il voudrait contracter.

Toutes les eaux des Pyrénées se ressemblent par leur composition et par leurs effets. Cependant la chimie et la médecine surtout y établissent des différences. Ainsi les eaux de Barèges et de Labassère, surtout celles des Pyrénées-Orientales, sont plus alcalines; l'eau de la source de la Reine àBagnères-de-Luchon, les eaux d'Ax, contiennent un excès de silice qui les décompose lentement, et lorsque ces eaux ont eu le contact de l'air et qu'il s'est fait un polysulfure, elles blanchissent, parce que la silice, agissant à la manière d'un acide, détermine un dépôt de soufre hydrogéné.

Enfin il faut noter qu'au contact de l'air ces eaux perdent leur sulfuration et ne contiennent plus que du sulfite et de Phyposulfite. Elles ne cessent pas pour cela d'être actives; l'eau dans beaucoup de piscines n'a pas une autre composition, et certaines sources sulfureuses dégénérées qui ne contiennent plus que des sulfites et des hyposulfites comptent cependant parmi les eaux minérales actives et renommées.

§ 3. Eaux iiiinéralisce» par un sulfure terreux e\ par 1 hydrogène sul f ure.

Aux portes de Paris, est l'eau sulfureuse d'Enghien qui nous offre *un bel exemple de cette nature d'eau. 11 s'y trouve des sulfures de calcium et de magnésium, de l'hydrogène sulfuré et de l'acide carbonique. Elle résulte évidemment de la décomposition des sulfates par les matières tourbeuses que l'eau est forcée de traverser.

Toutes les eaux appartenant à cette série contiennent beaucoup de sulfate de chaux; elles sont pour la plupart très-chargées de sels. Elles renferment du gaz hydrogène sulfuré, mais pas toujours de l'acide carbonique. Elles agissent non-seulement par le principe sulfuré, mais encore par les sels diurétiques et fondants qui les constituent.

On peut en faire plusieurs classes :

Tableau, ci-contre.

DES EAUX MINERALES.

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