‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 122 sur 494 · HYDRATE DE POTASSE · texte numérisé non relu

HYDRATE DE POTASSE

KO,IiO.

L'hydrate de potasse est solide, cristallin, incolore et inodore ; sa saveur est excessivement caustique. 11 est fusible au-dessous de la clialeur rouge et indécomposable par la chaleur. Cet hydrate est Iréssoluble dans l'eau, il s'humecte rapidement à l'air, et se résout d'abord en une dissolution d'hydrate potassique, laquelle absorbe peu à peu l'acide carbonique de l'air et se convertit en un carbonate déliquescent; l'hydrate de potasse est soluble dans l'alcool.

Le procédé de préparation le plus convenable consiste à traiter par la chaux le carbonate de potasse obtenu au moyen de la calcination de la crème de lartro. Le produit résultant de la même réaction sur le carbonate de potasse impur du commerce contient des proportions assez considérables de sulfate et de chlorure de potassium. On le désigne habituellement sous les noms de potasse à la chau,r, potasse caustique, pierre à cautère,

Pr. : Carbonate de potasse purifié. 5

Chaux vive 2

Eau (environ) 30

On fait dissoudre à la température de TébuUition le caibonate de potasse dans une bassine d'argent ou de fonte»

D'autre part, on éteint la chaux et on la réduit en un lait clair au moyen d^une suffifiaule quantité d'eau.

Loi*sque la dissolution de carbonate dd potasse est bouillante, on y

IIÏMATE DE l-OTASSE. ibh

verso le lait de chaux par pelilos portions, .de maiiièrt? à ne pas inlerroniprc l'ébullilion et en ayant soin de ne pas laisser baisser le niveau dtf l'eau dans ta chaudière. Quand toute la chaux a été introduite dans la liqueur, on fait bouillir quelques instants. On laisse refroidir une petite quantité de liquide trouble que l'on étend de son poids d'eau, on le filtre et l'on y verse do l'eau do chaui ; s'il ne s'y produit ^as de |irt'ci|iité, l'opération est terminée. Dans le cas contraire, il faut continuer l'ébullition en ajoulniil, .s'il est nécessaire, un peu d'eau |iuur remplacer celle qui s'est évaiioiée. Quand la liqueur ne précipite plus par l'eau de chaux, on retire le feu, on couvre la chaudière et on lai:ise rciHiscr.

bans l'opération inécédeute, la chaux s'empare de l'acide carbonique du sel de potasse ; il se fait du carbonate de chaux qui se dépuse et de l'hydrate de potasse qui reste en dissolution. Pour que cet effet se produise, il faut, suivant l'observation de Sescroizilles, que les liqueurs ne soient pas trop concentrées, autrement la dêcoinposilion ne serait pas complète : bien plus, la potasse pourrait enlever de l'acide carbonique au carbonate de chaux formé. L'essai par l'eau de chaux sert â recoiuiaitre si la potasse est enliérenient privée d'acide carbonique ; car tant qu'il y a du carbonate de potasse dans les liqueurs, l'eau de chau.\ y fait naître un dépOt de carbonate calcîque. Cependant il peut arriver que l'eau de chaux funne un précipité dans de l'hydrate de potasse pur, c'est alors de lacliaux qui se précipite. Haiis ce cas la potasse en dissolution concentrée enlève l'eanà la chaux et la précipite ; mais de l'eau ajoutée en suffisante proportion redissuut le dépOt. Pour éviter cette complication, il faut étendre d'eau la liqueur potassique avant de l'essayer.

Au lieu de mêler tout d'abord le lait de chaux à In potasse, nous conseillons, suivant la méthode indiquée par Iterzclius, de l'ajouter |iiU' petites fractions sans interrompre l'ébullition. .\lors, au lieu d'un précipité flueoujieux et volumineux, on obtient un dépôt grenu de carbonate calcique, lequel se dépose plus vite et relient nioiiis de liqueur emprisoimée.

Quand la dissolution de potasse e:^l bien déposée, on la tire i^ clair au moyen d'un siphon que l'on remplit de cette liqueur ou d'eau piiie. Le dépôt est versé dans un vase en grès de fornu* cylindrique; ■m le laisse égoutter, puis on le lave en faisant passer de l'eau au troverc^; les lavages sont arrêtés <|uand l'eau de lavage ne possède plus qu'une alcalinité à peine sensible.

On procède à l'évaporalion desliqueursdansnncbassliied'argenl, en conimeii^aiit par les liqueurs les plus faibles, et (eriiiinant par les

HfMCAIIENTS GUIHIQUES.

plus concentrées. L'ébullUion doit être trfis-rapîde, afin que sa durée soit aussi courte que possible ; on évite par ce moyen ({ue la potasse ne se transforme sensiblement en caibonale du potasse au contact de l'air. On continue l'évaporalion jusqu'à ce que la potasse exposée à un feu vif ne répandu plus de vapeur d'eau ; on la coule alors sur us plateau d'argent, puis on la bnsc en fragments qui sont introduits rapidement dans un flacon que l'on bouche avec soin.

Lorsque la potasse doil être employée comme caustique, on lu; donne souvent la forme de ('atitilles ou de cylindres. Les pastilles se préparent en versant goutte à goutte l'hydrate de potasse fondu sur un plateau d'argent dont le fond repose sur un \ase plein d'ean froide. Los gouttes doivent ôlre versées rapidement à l'aide d'une cuiller à bec en argent et d'une tige de même métal qui sert à guider l'é> cou te ment.

Quant aux cylindres de pierre â cautère, ils s'obtiennent en versant la potasse en fusion dans une lingotière de bronze semblable à celle qui sert & la préparation des cylindres de pierre infernale (aïo- ^-- tate d'argent fondu) {fig. 15).

►iG «3- La potasse à la chaux préparée

au moyen du carbonate de potasse du commerce incomplètement purifié est suffisante pour les usages de la médecine. Dans les laboratoires on a souvent besoin de potasse plus pure ; on a alors recours à la séparation presque complète des scia étrangers ou moyen de l'alcool, le produit que l'on obtient prend alors le nom de potasse h l'alcool.

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