‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 166 sur 494 · ACÉTATE DE POTASSE · texte numérisé non relu

ACÉTATE DE POTASSE

étaient purs, la décoloration par le charbon animal et la filtration seraient inutiles. Hais le plus souvent les produits exigent ces deux manipulations destinées à enlever les matières colorantes, et à séparer en même temps que le charbon une certaine pro- |K)rtion d'acide silicique provenant du carbonate alcalin. 11 est nécessaire d'aciduler légèrement la liqueur, parce que l'acétate de potasse abandonne une petite quantité d'acide pendant Févaporation ; on évite ainsi que le sel ne manifeste une réaction alcaline. L*èvaporation à siccité évite la préparation de cristaux sans consistance et qu'il est à peu près impossible de séparer des eaux-niéres. Enfin, le mode de dessiccation est choisi de manière à donner à l'acétate de potasse la forme de feuillets (terre foliée de tartre.)

Autrefois, on préparait ce sel en saturant du vinaigre distillé au moyen du carbonate de potasse ; on avait soin de verser le carbonate dans le vinaigre, et non le vinaigre dans le carbonate, de crainte que l'alcali ne réagit sur la matière organique contenue dans le vinaigre distillé et ne le colorât. Malgré cette précaution, Tacétate de potasse obtenu n'était pas incolore, mais il éta t plus feuilleté que celui préparé au moyen de l'acide acétique pur. Afin de décolorer cet acétate, on lui faisait subir la fusion, à une température suffisante pour carboniser la matière végétale, mais assez peu élevée pour ne pas décomposer l'acétate ; celui-ci néanmoins devenait légèrement alralin. Plus tard, on a décoloré l'acétate de potasse d'abord à l'aide du charbon de bois, puis au moyen du charbon animal ; enfin, le vinaigre distillé a été remplacé par le vinaigre de bois.

En faisant usage du procédé suivant, il est possible d'obtenir, dans une même opération, l'acétato et le bicarbonate de potasse.

On introduit dans un vase étroit et profond une dissolution contenant parties égales de carbonate de potasse et d'eau; dans celle-ci, on verse l'acide acétique de la façon suivante. On plonge une pipette pleine d'acide acétique et iimnie d'un orifice très-fin jusqu'au fond de la dissolution alcaline et l'on agite légèrement celle-ci afin de faciliter l'absorption de l'acide carbonique provenant de la décomposition du carbonate de potasse; l'affusion est arrêtée dés qu'on a versé la moitié de l'acide acétique nécessaire à la saturation. Dans celte phase de la réaction, l'acide carbonique déplacé lentement par l'acide acétique est absorbé par le carbonate de potasse neutre et le transforme en bicarbonate. Dès que ce terme est atteint, on s'en aperçoit à ce que l'addition de la moindre proportion d'acide acétique en excès détermine une très-vive effervescence.

On lave avec un peu d'eau froide le précipité cristallin de bicarbo-

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