I. — SOUFRE
Le soufre est un métalloïde solide, doué d'une couleur citrine, dépourvu de saveur ; il exliale une légère odeur par le frottement. Ce corps simple entre en fusion a i H°,5; il est alors très-liquide et d'une couleur jaune, analogue à celle de l'huile d'œillette; vers 100® il commence à épaissir et à prendre une couleur rougeâtre. Ces deux transformations de teinte et de consistance augmentent de plus en plus jusque vers 220® ; le soufre possèidt alors une grande viscosité et une teinte rouge brun foncé. Si le soufre porté à cette température est brusquement refroidi, il reste mou pendant quelque temps et présente une certaine élasticité. Le soufre entre en ébullitinu à 140^ sa vapeur est rouge. Quand sa surface pi^sente un point enfiammé, il continue à brûler au contact de Tair avec une flamme bleue, et en formant des vapeurs piquantes d'acide sulfui'eux. Il est insoluble
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dans l'eau, trùs-peu solublc dnns l'alcool, il se dissout en noUble pro- }>orUon dans l'élher, les corps gras fondu» et certaines huiles volatiien ; son vùritable dissolvant est le sulfure de carbone.
Le soufre est fourni par le commerce sous deux étals : en cylindres, c'est le toufre en canons ; sous la forme de poudre jaune, c'est le soufre sublimé ou la fleur de touf're. On purifie la fleur de soufre du commerce par le lavage ; on prépare éj;alcitii>nt jiour les besoins de la médecine du soufre trés-divisé par voie de précipitation.
SODFHE UVÉ.
Pr. ; Fleur de soufre du ci
On délaye peu à peu la fleur de soufre dans l'eau bouillante, de manière & en faire d'abord une pâle Iiomngëne dans laquelle toutes les surfaces du soufre sont mouillées par l'eau; on achève alors de délayer cette poudre dans l'eau bouillante. On laisse déposer, on décante et on lave enfin <i plusieurs reprises ; lorsque l'eau, qui siu-na{;e le suufre, n'a plus aueune action sur le papier de tournesol, on fait éguutter le soufre sur des toiles et on le laisse sétJier.
I.e but qu'on se propose dans celte opération est de débarrasser la fleur de soufre de l'acide sulfuriqutt qu'elle contient loujours. l/iicide sidfureui pj^tdnit |>end.int la sublimalion du soufre, reste adfièrcnt aux particules subliiiiéus; cet acide sulfureux, suus l'iulluence du l'air humide, se change en acide sulfurique, dont on débarrasse cntièrtmcnt le suufi-e pai- des lavages répétés. Cette nianipuiatioti est sui'tout nécessaire quand le soufre doit faii^ptrtie de iiuclque préparation destinée à l'usage interne.
SOL'hUC PRÉCIPITÉ.
(MagiiUta da aontM.)
Pr. : nciir de soufre 100
Chmii éleiiile SOO
Eau lOOO
Acide ctilorfayUrique. Q. S.
On mMange eiiaclement la fleur de soufre et la chaux dans une capsule de porct^ainr. On ajoute l'eau par peliles quantités, et l'on fait bouillir pendant une deiui-heuru, en ayant soin de rcmjiUicer l'eau à mesure qu'elle s'évapore ; pu» on flltre. La liqueur obtenue présente une couleur roupie orangé, elle lient en dissolution du pulysulfnre.de calcium et de l'hyposulflte de chaux.
Un éteiul celle liqueur de quatre fuis son volume d'eau, et l'un y
303 MÉDIOMËNTS CHIMIQUES.
verse Facide chlorhydrique mélangé préalablement avec 3 parties d'eau. Il importe de verser l'acide dans la solution, et non celle-ci dans Tacide; il convient en outre, d'agiter soigneusement la masse, afin d'éviter qu'en aucun point Tacide ne se trouve en excès relativement au polysulfure. On continue ainsi l'addition de Tacide et l'agitation de la liqueur, jusqu'à ce que celle-ci ait pris une réaction franchement acide.
Cette opération doit se faire en plein air ou sous la hotte d'une bonne cheminée, car la réaction développe un abondant dégagement d'acide sulfhydrique en même temps que la séparation du soufre précipité.
On décante la liqueur surnageante ; on lave le dépôt soigneusement au moyen de l'eau bouillante ; et, après Tavoir séché à l'air libre, on le conserve pour l'usage.
Le soufre précipité retient une certaine proportion de soufre combiné avec l'hydrogène. Il se distingue facilement de la fleur de soufre par sa couleur blanc jaunâtre, et par l'odeur sulfhydrique légère qu'il exhale longtemps encore après sa précipitation et sa dessiccalion. Il se présente au microscope sous la forme de petites utricules opaques, dans lesquelles n'existe aucune apparence cristalline.
Le soufre s'administre frinlérieur, tantôt seul, tantôt mélangé à des matières qui augm^tent son action thérapeutique ou facilitent son ingestion. C'est ainn quon l'associe au sucre, à la magnésie, à la scillc, au camphre, au nitre, etc. ; les formulaires regorgent de recettes de ce genre.