‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 224 sur 494 · FER RÉDUIT PAR L*HTDROGÈME · texte numérisé non relu

FER RÉDUIT PAR L*HTDROGÈME

La condition essentielle pour assurer le succès de la fabrication du fer réduit réside tout entière wms l'application d'une température convenable : si Ton ne chauffe pas assez l'oxyde, la réduction ne s'opère pas; si l'on chauffe trop, le fer se réduit, mais il s'agglutine en masses spongieuses, qui ne sauraient être utilisées. Chauffer convenablement l'oxyde, est donc le principal objet que Ton doit se proposer ; multiplier les points de contact entre l'oxyde de fer et l'hydrogène est une deuxième condition, moins importante que la première, sans doute, mais qui a son intérêt, si Ton ne veut pas dépenser en pure perte des masses considérables de gaz hydrogène.

L'appareil à réduction le plus commode, quand on n'opère pas sur des masses très-considérables, est une bouteille à mercure en fer que Ton fait couper à 2 centimètres de sa paroi supérieure. On élargit un peu les bords de la calotte que l'on a ainsi enlevée, de façon à ce qu'elle puisse recouvrir, à la manière d'un couvercle de boîte, le creuset en fer qui en a été séparé. 11 est bon d'enduire tout l'extérieur de ce récipient d'une couche de lut de Mohr {voy. t. !•', p. i09), afui de préserver le vase contre l'action combinée de l'air et du feu.

Un tube en fer, communiquant avec un appareil qui amène l'hydrogène, passe par la tubulure supérieure, et arrive au fond du récipient,, dont on garnit la base avec de la tournure de fer ou des grains de sable, et qu'on achève de remplir avec du sesquioxyde de fer pur.

On adapte sur la bouteille à mercure le couvercle, qu'on assujettit avec un lut argileux. Cette bouteille à réduction est placée, au milieu de la grille d'un large fourneau, sur un disque de brique, et le fourneau doit être assez profond pour que la bouteille y soit entièrement plongée.

Outre le vase à réduction, l'appareil se compose d'un grand flacon pour la production du gaz hydrogène ; d'un flacon vide où se condense une partie de l'eau ; d'un deuxième flacon contenant de l'acide sulfurique concentré qui dessèche le gaz et qui sert, en même temps,

47S MÉMCÂlIENTS CHIIIIQUES.

de guide à lopérateur ; la rapidité des bulles qui le traversent, moQtre s'il fout activer ou ralentir le dégagement. Au sortir de ce flacon, l'hydrogène traverse un tube plein de chlorure de calcium, d*où il passe dans Je vase en fer*.

On remplit le fourneau de charbon, et l'on recouvre le vase en fer de ce combustible. I>ès que le charbon est incandescent, on ferme la porte du cendrier, en laissant une faible ouverture, à peine suffisante pour que la combustion n'acquière pas une grande activité ; de plus, on couvre le fourneau avec des plaques de tôle. De cette manière il y a peu de tirage ; la masse d'oxjjfe se maintient au rouge naissant, température à laquelle la réduction se fait bien, sans qu'elle soit assez élevée pour agglomérer le fer réduit. Si le feu languit, il faut lui donner un peu plus d'activité, en élargissant l'ouverture du cen« drier.

L'oxyde ferrique doit être préparé au moyen de la réaction de l'ammoniaque sur le pcrchlorure de fer. Il doit être parfaitement lavé et déshydraté avant d'être soumis à l'action réductrice de l'hydrogène sec. L'oxyde obtenu à l'aide du sulfate ferreux et du carbonate de soude retient du sulfate ferrique basique que l'hydrogène amène à l'état de sulfure de fer, lequel donne de l'hydrogène sulfuré au contact des acides.

Estril nécessaire de rappeler aux manipulateurs qui voudraient réduire l'oxyde de fer par Thydrogène qu'il faut attendre, pour chauffer, que l'appareil ait été privé d'air par un premier courant de gaz,

* L'hydrogène est généralement obtenu par la réaction de l'acide sulfurique non arsenical sur le zinc laminé, lequel ordinairement est privé d'arsenic. Il est rare néanmoins que dans une réaction qui porte sur de grandes proportions de matières, Fhydrogène dégagé ne soit pas souillé par de l'hydrogène sulfuré et par des traces d'hydrogène arsénié. Le soufi*e et l'arsenic restent nécessairement fixés sur le fer réduit, et rendent le produit impropre h toute application tliérapcutique.

Voici le procédé assez compliqué qui a été recommandé par MX. Bouis, Vée et Baudrimont, pour priver entièrement de ces éléments l'hydrogène destiné k la préparation du fer réduit :

f L'hydrogène se rendra dans un flacon plein d'eau régale [Dussart], et passera de là dans un second flacon rempli d'une solution de potasse caustique, et enfin dans un troisième récipient contenant des fragments de potasse caustique ou de chaux vive. Ce dernier vase devra être suivi d'un tube témoin renfermant un peu de nitrate d'argent dissous, qui donnera la preuve de la parfaite pureté du gaz. Enfin l'hydiogène devra traverser une étendue suffisante de pierre ponce imbibée d'acide sulfurique concentré, afin d'y éprouver une dessiccation aussi complète que possible. »

Ajoutons que ces précautions si nombreuses pourraient manquer leur but, si le dégagement de gaz était tumultueux ou seulement trop précipité. On devra également calciner la pierre ponce avant de l'imprégner d'acide sulfurique. Lai poussières organiques, qui s'y trouvent mélangées habituellement, ne laisseraient pas de donner de l'acide sulfureux en présence de Tacide sulfurique, et d'introduire, en dernière analyse, du soufre dans le produit ultime. J^ R.

et que, lorsque Topération est terminée, il faut retirer tout le feu et continuer de faire passer de Thydrogène sec jusqu'à ce que l'appareiï soit entièrement refroidi. On retire le fer et on le broie pendant quelques instants sur un porphyre.

Quand on opère sur de petites quantités, l'opération peut s'exécuter dans des canons de fusil, comme Ta conseillé M. Thibiorge.

Le fer réduit bien préparé se présente sous l'apparence d'une poudre fine d'un gris de fer ; il se dissout complètement et avec effervescence dans les acides.

Le fer métallique divisé doit toujours être administré en poudre ; sous toute autre forme, il ne tarde pas à s'oxyder au contact de l'air humide. Voici quelques formules anciennes :

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