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porée dans une capsule de porcelaine, jusqu'à réduction aux deux tiers, et on la verse dans 40 à 50 fois son poids d'eau, en agitant continuellement le mélange. Il se forme un précipité très-abondant de sous-azotate de bismuth.
Lorsque ce précipité est nettement rassemblé au fond du vase» on le lave par décantation à plusieurs reprises, jusqu'à ce que Teau de lavage cesse d'être acide et de brunir par l'acide sulfhydrique. On doit recueillir alors le sel sur un filtre de papier, le laisser égoutter c( le sécher à une température douce d'étuve.
D'après ce que nous venons de dire touchant l'action réciproque de l'eau et de l'azotate neutre de bismuth, on voit que la liqueur qui surnage le précipité retient une forte proportion de sel neutre, dissous à la faveur de l'acide azotique provenant du dédoublement et de l'excès de cet acide qui se trouve nécessairement dans la liqueur d'attaque. Cette solution et le liquide des premiers lavages sont réunis et saturés graduellement par l'ammoniaque, dont on ^oute une proportion telle que la liqueur ne brunisse pas par l'acide sulfhydrique et ne contienne plus de sel de bismuth. Le précipité ainsi obtenu est un azotate extrêmement basique, de composition vaiiable et mal définie. Le Codex prescrit avec raison de le recueillir à part et de le réserver pour une opération ultérieure. Beaucoup de phannacologistes conseillent de le mélanger au sous-azotate obtenu par la simple action de l'eau, et c'est ce qui a lieu le plus souvent dans la pratique des laboratoires.
La dessiccation du sous-azotate de bismuth doit Hre exécutée à l'abri du rayonnement lumineux, car œ composé, au contact du papier et des matières organiques, se colore en gris violacé sous l'influence de la radiation solaire. La présence de vapeurs sulfurées dans Tair des laboratoires où ce sel se prépare amènerait une coloration brune à la surface, et altérerait gravement la blancheur du produit sec.
Le sous-azotate de bismuth se présente sous la forme d'une poudre blanche, insipide, inodore. Au contact de l'eau froide il ne se dissout pas, et contrairement à ce que disent quelques auteurs, l'eau ne présente, au moins immédiatement, aucune acidité. Si l'on fait bouillir ce sel avec Tenu, il n'en est plus de même, et l'on obtient un nouveau dédoubLuient en acide azotique oui dissout un peu de sel neutre, et en un dépôt d'azotate plus basiqiie.
Le sous-azotate de bismuth employé en pharmacie contient fréquemment un trop grand excès d'oxyde provenant du précipité des eaux-mères par l'anmioniaque, il renferme souvent aussi une certaine (juantité de carbonate de bismuth résultant de la saturation par le II. — vn* ÉDiT. 54
carbonate de soude, ou simplement de l'usage des eaux très-carbonatées dans les réactions que nous avons décrites. On a signalé aussi l'existence, dans ce sel, d un composé arsenical résultant de remploi du bismuth incomplètement purifié. La présence de rarsenic pouvant oflrir des dangers depuis que le sous-azotate est administré à haute dose, ce sel doit constamment être essayé par les pharmaciens qui rachètent dans Tindustrie. Le procédé consiste à chaufTeriàSgrammes de sous-azotate danb une capsule de porcelaine avec mi léger excès d*acidc sulfurique concentré et pur. Lorsque tout dégagement d'acide azotique ou de vapeurs nitreuses a cessé on laisse refroidir le résidu de sulfate bismuthique, on y igoute quelques grammes d'eau et on l'introduit dans un appareil de Marsh parfaitement essayé à blanc. On pourra se convaincree de l'existence des corn, posés arsenicaux au moyen des taches ou mieux par la formation d'un anneau.
Lorsque l'on fait passer un courant d'acide sulfhydrique dans de l'eau tenant en suspension du sous-azotate, celui-ci brunit et flnit, après un certain temps, par se transformer complètement en sulfure noir de bismuth insoluble dans l'eau. Ce fait est connu, mais on n'a peut-être pas assez fait attention à l'acidité croissante de la solution aqueuse, qui se charge do tout l'acide azotique mis en liberté par la substitution du soufre dans la combinaison de bismuth soumise à cette influence. De ces deux phénomènes corrélatifs, il est permis de - tirer une explication satisfaisante du rôle que joue le sous-azotate de bismuth dans le traitement de plusieurs maladies gastro-intestinales. Partant de l'observation que les fèces des personnes auxquelles on administre le sous-azotate de bismuth deviennent constamment noires par la formation du sulfure correspondant, nous croyons a^'ec M. Bouohardat que ce sel doit être considéré comme un puissant absorbant de l'acide sulfliydriquc excrété dans le tube digestif. Mais il est de plus possible que le sel basique de bismuth agisse comme un modificateur topique de la muqueuse interne des intestins, par l'acide azotique mis en liberté sur tous les points où s'opère la formation du iïuirure.
L'insolubilité du sA rend compte de l'innocuité des hautes doses du médicament, et la nécessité de ces hautes doses résulte du contact obligé des portions efficaces avec les surfaces qu'il s'agit de modifier. Si tel est réellement le rôle complexe du sous-azotate de bismuth, dont l'action semblé a priori difficile à expliquer, on conçoit la rai-
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son pour laquelle les tentatives que Ton a faites pour lui substituer des substances physiquement analogues ont constamment échoué. On comprend également qu'il y%it peu ou peut-être pas d'autres sels métalliques susceptibles de le remplacer.
Parmi les sels de bismuth, il convient de citer le carbonate de bismuth y composé blanc et pulvérulent, qui se prépare en versant une solution d'azotate neutre de bismuth dans une solution de carbonate de soude. 11 n'offre aucun intérêt, et nous le mentionnons seulement pyce que quelques médecins ont cru pouvoir le substituer au sous-azotate. Cette tentative nous semble inopportune; du reste, elle a complètement échoué dans la pratique.
Soubeiran a mentionné un cyanure de bismuth ^ qui serait obtenu en versant de Tiizotate neutre de bismuth dans une solution aqueuse de cyanure de potassium. L'usage de ce sel en médecine n'a été que passager, et il est impossible de soupçomier à quelle indication rationnelle il répond. H est d'autant plus important d'en proscrire l'emploi que, d'après Bcrzelius, le cyanure de bismuth pur n'a jamais été isolé.
Dans ces dernières années, on a cherché à r^nplacer le sous-azolate par le tannate de bismuth. Voici ce que nous avonrimprimé en lS65 sur rap[)lieation de ce composé : « Le tannate de bismuth, dont l'emploi a été préconisé par M. Cap, n'a pas encore pris droit de cité en thérapeutique. Si l'explication que nous avons proposée relativement aux propriétés du sous-azotate est exacte, elle permet de penser que le tannate, insoluble par lui-même, devient actif comme astringent à mesure qu'il se transforme en sulfure. Mais, en supposant que cette combinaison pût suppléer le sous-azotate, son prix beaucoup plus élevé lui laisserait une grande infériorité. » Nous pouvons «youter aujourd'hui que ces prévisions ont été complètement réalisées, carie tannate de bismuth n'est plus jamais prescrit.
Le sous-azotate de bismuth peut revêtir diverses formes phaima^ ceutiqucs, mais celles-ci sont le plus souvent biutiles ; Tingestion du sel pulvérulent, même à haute dose, ne présRte pas plus de difficultés (}ue celle de la magnésie calcinée.
Ce sel, associé au diascordium, entre dans la préparation de pilules ou de bols, dont le poids varie suivant l'intensité des phénomènes qu'il s'agit de combattre*
53S MÉDICAMENTS GHIMIQDES.
Nous nous bornerons à citer quelques formules, en répétant que, pour un tel médicament, la forme pharmaceutique importe poi, et que les associations à d'autres substances sont essentiellement dictées par la nécessité thérapeutique à laquelle le médecin se propose de satisfaire. •
POUDRE DE WEUDT.
Pr. : Sous-aiotale de bismuUi i gr.
Extrait sec de laitue yireuse 2
Poudre d'Ipécacuanha SO cent.
Elcosaocharum de menthe 5 gr.
Mêlez et divisez en 9 prises, à prendre au moment éà repas. Employée contre les crampes d'estomac.