CALOMEL
usage du mercure doux dit à la vapeur ; le précipité blanc est pourtant quelcpielbis employé en chirurgie.
Le calomel est souvent prescrit, comme purgatif, à des doses très-variées : 2 à 5 centigrammes pour les enfants, 25 centigrammes à i gramme pour les adultes. L'action purgative se soutient pendant 20 à 30 heuros ; elle détermine une abondante sécrétion biliaire, qui donne aux selles une couleur verte caractéristique. Très-souvent on associe au mercure doux d'autres purgatifs, tels que la rhubarbe, le jalap, l'aloés; ceux-ci assurent l'effet cathartique, et contribuent à l'expulsion du chlorure raercureux.
On se sert du mercure doux, comme fondant et dépuratif, dans les maladies scrofuleuses et les affections de la peau ; on Tadministre souvent aussi comme vermifuge.
Quand on donne le calomel à très-petites doses, souvent répétées, il détermine rapidement la salivation mercurielle.
Comment expliquer l'action médicinale du mercure doux, substance éminemment insoluble? connnent peut-il être absorbé? L'eflet de ce corps peut être simplement local ; c'est en cela que consiste sa principale action comme substance purgative, mais pour qu'il soit absorbé, il faut nécessairement qu'il devienne soluble. Suivant M. Mialhe, ce résultat est dû à l'influence des chlorures alcalins qu'il rencontre dans l'économie, lesquels le transforment en mercure métallique, et en chlorure mercurique qui est absorbé, grâce à l'intervention des chlorures alcahns et des substances albuminoïdes contenues dans les humeurs.
Lorsqu'on introduit du chlorure mercureux dans une solutiyi de chlorure de sodium ou de chlorhydrate d'ammoniaque, et qu'on soustrait le mélange au contact de l'air, la proportion de chlorure mercurique formée est presque nulle. Mais, au contact de l'air et sous l'inllnence de l'oxygène, il se forme un oxychlorure mercurique trèssoluble dans le chlorure alcalin. Cette combinaison semble se produire en petite quantité dans le tube digestif et donner au protochlorure de mercure insoluble dans l'eau son activité.
M. Mialhe ri'fuse toute action locale au chlorure mercureux et admet (jue les effets purgatifs de ce sel dépendent de la formation du sublimé. Soubeiran n'adopte pas complètement celle proposition, il considère comme évidente ractivitè topique du calomel appliqué sur la peau ; et il pense que si ce sel n'agissait qu'en se transformant en chlorure mercurique, on n'aurait pas besoin de l'employer conrnie purgatif à une dose aussi élevée. On ne peut pas, d'autre part, nier l'existence des phénomènes chimiques consécutifs à l'ingestion du
calomel, faits à l'appui desquels M. Ifialhe a fourni jln^ arguments très-sérieux. Parmi ces arguments, il convient de ci(||N'action plus énergique exercée par le calomel sur les individus qui ingèrent de fortes proportions de sel marin ; l'absorption et la salivation se développant rapidement, quand le mercure doux est donné à trèspetites doses souvent répétées.
En résumé, pour que le protochlorure de mercure pénètre dans réconomie, ilfaut qu'il soit transformé d'abord en oxydochlorure, lequel est dissous à la faveur des sels alcalins et ensuite absorbé.
Lorsque le protochlorurc de mercure est introduit dans une solution aqueuse d'acide cyanhydrique, il ne tarde pas à se dédoubler en mercure et en sel mercurique soluble. En se fondant sur ces faits et en raison des empoisonnements qui peuvent en être la conséquence, on proscrit l'addition du calomel à tous les médicaments renfermant de l'acide cyanhydrique : eau de laurier - cerise ; eau d*amandes amères ; émulsion d'amandes amères ; loocli blanc, etc.