CYANURE DE MERCURE
(Cyanure merourique, Prusnaie de meronre.)
Le cyanure mcrcurique est un sel incolore, transparent, cristallisant en prismes rhomboldaux anhydres ; sa saveur est métallique et nauséabonde. 100 parties d'eau à+ 15" dissolvent 5,47 de cyanure, et à -h! 00<» elles en dissolvent 37. Le cyanure de mercure est soluble dans l'alcool qui en dissout 1/10 do son poids à + 15°, et trois fois plus à la température de l'^ullition.
On prépare ce sel de la manière suivante :
Pr. : Bleu de Prusse (feirocyanure ferrique) 4
Oxyde mercuriquc 3
Eau distillée 40
On réduit ToUyde de mercure et le bleu de Prusse en poudre trèsfuie, sur un porphyre ; on les fait bouillir ensuite dans une capsule de porcelaine ou de grès, avec 40 parties d'eau. Lorsque la matière prend une couleur d'un brun clair, on sépare le liquide par (illration, et Ton soumet le résidu à Tébullition pendant quelques instants avec une nouvelle quantité deau; on filtre on évapore les liqueurs et on les laisse cristalliser.
Il arrive assez souvent que Ton n'obtient pas immédiatement du
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cyanure de mercure pur. L'opération a réussi quand le sel ainsi que sa dissolution sont incolores et, de plus^ lonquè les cristaux sont transparents, nets, à faces planes et dépourvus d'agglomérations en choux-fleurs. Une liqueur colorée annonce un excès de fer; des cristaux groupés en mamelons indiquent un excès d'oxyde de mercure. Dans le premier cas, un fait digérer la solution de cyanure de mercure avec une petite quantité d'oxyde de mercure afin de précipiter le fer. Il arrive alors quelquefois qu'il se forme une proportion plus ou moins considérable d'oxydocyanure mei*curique, sel qui cristallise en aiguilles mamelonnées. On détruit ce composé en faisant passer dans la dissolution un courant d'acide sulfliydriquc jusqu'à ce que la liqueur, bien agitée, conserve une légère odeur d'acide cyauhydrique. L'acide sulfhydrique décompose une partie du cyanure de mercure, forme du sulfure noir de mercure insoluble et met en liberté de l'acide cyanhydrique. Tant qu'il reste de l'oxydocyanure de mercure dans la solution, l'acide cyanhydrique le décompose en eau et en cyaaure mercurique, et, aussitôt que l'odeur cyanhydrique persiste après l'agitation, on a la preuve que tout Toxyde mercurique a été détruit ; à cette époque, on filtre la liqueur, on l'évaporo et on la fait cristalliser.
Quant à la réaction de Toxyde de mercure sur le bleu do Prusse ferrocyanure ferrique, elle est fort simple ; le cyanogène du forrocyanure ferrique se fixe sur le mercure, et l'oxygène de l'oxyde do mercure se combine au fer et le convertit en un mélange d'oxydes ferreux et ferrique. Ces deux oxydes se déposent et forment le résidu de l'opération ; ils sont unis à de l'alumine, quand on opère au moyen du bleu de Prusse impur du commerce.
On peut également préparer le cyanure de mercure, en faisant réagir l'acide cyanhydrique sur Toxyde mercurique obtenu par le procédé de Pessina. On Ji soin de réserver une fraction de l'acide et l'on verse la plus grande partie sur de l'oxyde mercurique porphyrisé : le mélange est agité jusqu'à ce que l'odeur hydrocyanique ait disparu complètement. La liqueur contient une certaine proDortion d'oxydo* cyanure de mercure ; on y ajoute de l'acide cyanïÇdrique, lequel transforme Toxydocyanure en cyanure mcrcuriffue ; on filtre, on évapore et l'on fait cristalliser. Il est nécessaire d'employer une quantité d'eau suffisante pour dissoudre le cyanure mercurique, à mesure qu'il se produit; si la liqueur conserve l'odeur prussiqne on même temps qu'il reste de l'oxyde non attaqué, il faut en conclure que Teau manque, et l'on doit en ajouter. Notons qu'au lieu d'oxyde rouge de mercure porphyrisé, il est préférable de prendre l'oxyde jaune de