POUDRE G0RNACH1NE OU DE TRIBUS
Pr. : Scammonée i
Crème de tartre i
Antimoine diaphorétique lavé 1
Quand on fait entrer dans la préparation de cette poudre de l'antimoine diaphorétique obtenu à Taide d'une proportion insuffisante d'azotate de potasse, le médicament acquiert graduellement des propriétés vomitives très-prononcées. Cet effet parait dû à la production lente d'une certaine quantité de tartrate de potasse et d'antimoine.
On emploie cette poudre comme médicament purgatif aux doses de 50 centigrammes, i et2 grammes.
Le Codex de 1866 substitue à toutes les anciennes formules de ce médicament le mélange suivant :
Pr. : Oxyde d'antimoine précipité 10
Phosphate de chaux 20
Mêlez exactement.
POUDRE ANTmONIALE DE JAMES.
Pr. : Sulfure d'antimoine en poudre grossière 1
Corne de cerf râpée.. . , 1
On mêle ces deux matières et on les fait griller sur un tèt chauffé, en les agitant continuellement, jusqu'à ce que la masse acquière une couleur grise ; on la réduit en poudre fine et on la chauffe dans un creuset porté jusqu'à l'incandescence pendant deux heures.
Cette formule fournit un produit analogue à celui qui a été analysé par Berzelius. Ce chimiste a trouvé que le mélange est composé de
(H8 NÉDIGÂMENTS GHINIQDES.
3/3 d'acide antimonieux, de i/3 de phosphate de chaux, et de i p. 100 d'antimoniate de chaux ; ce dernier sel provenant de la combinaison de l'acide antimonique avec la chaux du carbonnte calcique contenu dans la corne de cerf. Suivant le docteur Ure, c'est Toxyde d'antimoine et mp Tacide antimonique qui se trouve dans le produit ; il parait certain que le mélange contient lune ou l'autre de ces combinaisons, suivant la manière dont le grillage a été conduit.
La recette précédente de la poudre de James a pour base une formule donnée, dit-on, par James lui-même; mais cette poudre, comme tous les médicaments secrets, a varié plusieurs fois dans sa composition. Philips et Richard ont analysé de la poudre de James qui renfermait 2/3 de phosphate et i/3 d'oxyde d'antimoine; Pearson et Philips, dans une autre analyse, ont trouvé des proportions très-différentes de ces composés.
Chenevix a conseillé jadis, pour obtenir la poudre de James, de faire dissoudre une partie d'oxyde d'antimoine et une partie d'os calcinés dans la plus petite quantité possible d'acide chlorhydrique, et de précipiter le mélange par une dissolution aqueuse d'ammoniaque. Ce procédé a été adopté par van Hons et par Coxe; mais il donne un produit très-différent du précédent, car le dépôt pulvérulent recueilli et séché est soluble dans les acides, tandis que la poudre obtenue par la calcination est insoluble, au moins à froid. Cette poudre contient aussi moins de phosphate de chaux, et si l'on veut en augmenter la quantité, elle perd, suivant l'observation de Brandes, son homogénéité en séchant.
D'autres formules de la poudre de James font entrer une certaine quantité de nitre dans sa préparation ; elles ont pour point de départ une recette évidemment fausse, déposée par James à la chancellerie. Suivant Donald-Monro, la véritable recette consiste à calciner le sulfure d'antimoine dans un creuset avec du nitrc et de l'huile animale de Dippel, et à ajouter au mélange une petite quantité d'une composition contenant du mercure, de l'argent, de l'antimoine, du sel ammoniac et du nitre. De telles recettes ne méritent plus aucun examen, elles appartiennent aux temps où florissait l'alchimie.
Il n'est pas étonnant qu'après toutes ces variations, la poudre de James soit considérée comme un médicament infidèle. Ajoutons qu'à Londres même, deux héritiers de James se font concurrence pour la vente de sa poudre, et que chacun d'eux débite un produit différent. *
Quoi qu'il en soit, la poudre de James de l'ancien Codex a passé pour diaphorétique et purgative ; elle a même été vantée comme
PROTOGHLORURE D*ANTIMO!NE. 619
fébribuge. 11 ne faut pas oublier que James, après avoir purgé à l'aide de sa poudre, faisait prendre à ses malades le quinquina à haute dose ; cette partie accessoire de son traitement explique suffisamment les succès qu'il parait avoir obtenus avec le principal.
PROTOCHLORURE D'ANTIMOINE. ^
(Trîohloniro d^anUinoîiie, Benne d^eatimome.)
SbCP.
Le chlorure d'antimoine SbCP se présente sous la forme d'une masse solide, cristalline, incolore, demi-transparente. Ce sel fond à + 73<^,2, et offre l'aspect d'un liquide oléagineux Vont la densité est égale à 2,676.
Le protochlorure d'antimoine entre en ébullition vers -f- 250*. Nous verrons bientôt les effets qui résultent du mélange de ce sel avec l'eau.
On prépare le protochlorure d'antimoine par plusieurs procédés.
PfeiuieT pFooeoe.
Le premier procédé consiste à faire passer un courant de chlore sur de Tantimoinc métallique. On divise le métal en le fondant et en le projetant dans l'eau. On remplit de cette grenaille une cornue en verre tubulée, au fond de laquelle on fait arriver le chlore sec. Il est bon, après avoir fixé le tube dans la tubulure, d'introduire par le col de la cornue, d'abord un peu de sable grossier dans lequel plonge l'extrémité du tube à dégagement, puis ensuite, de remplir la cornue avec lantimoinc. On place la cornue dans un fourneau à réverbère qu'on entoure de son laboratoire, et l'on y adapte une allonge et un ballon qui sert de récipient. Le tube qui pénètre dana la cornue est mis en communication avec un appareil qui amène le chlore. On entretient d'ailleurs un feu très-doux sous la cornue afin de faciliter la volatilisation du chlorure d'antimoine.
Si l'on opère sur de petites quantités de matière, on substitue à la cornue de verre un tube incliné sous lequel on place quelques charbons ardents de façon à déterminer l'écoulement du chlorure d'antimoine.
Soubeiran recommande ce procédé pour obtenir le chlorure d'antimoine, dont il précipite ultérieurement l'oxyde nécessaire à la préparation de l'émétique; l'opération est peu dispendieuse et s'exécute avec une grande facilité.
630 MÉDICAMENTS CIliMlQUËS.
Deoxièiiie procédé.
Pr. : Sulfure d'antimoine pulvérisé i
Acide chlorhydrique à i,17 D 5
On intri|feit le sulfure d'antimoine dans une cornue de grès; on ajoute l'amre et Ton facilite la réaction à Taidc d'une douce chaleur. 11 est possible de recueillir le gaz sulfhydrique qui se dégage, et de l'utiliser pour la préparation de l'eau hydrosulfurée, ou du sulfure de sodium. (Voy, ces articles.) Quand le dégagement de ce gaz cesse, on retire la matière de la cornue ; on laisse déposer et Ton décante le liquide ; on rintroduit dans une capsule et on le fait évaporer, sous une cheminée qui tire bien. Uévaporation doit être poussée jusqu'au moment où une goutte de liqueur, prise à l'extrémité d*une baguette de yerre et posée sur une lame de verre, se solidifie par le refroidissement. A ce moment, on verse la solution dans une cornue de verre et on la distille presque entièrement au bain de sable. On recueille du chlorure d'antimoine cristallisé et incolore, lequel est surnagé par un liquide acide que l'on sépare facilement.
Soubeiran remplace par l'évaporation à l'air libre la concentration dans une cornue, qui serait longue, et accompagnée de violents soubresauts. L'expérience lui a prouvé d'ailleurs que le premier liquide qui distille contient seulement des traces de tricliloriiro d'antimoine.
Troîf îème procédé.
Pr.: Deutochlorure de mercure 3
Antioioine métallique 1
Ce procédé ancien n*a plus qu'un intérêt historique, il est C4)nipliqué et donne des produits d'un prix trop élevé pour rester dans la pratique.
On réduit l'antimoine et le chlorure mercurique en poudres Irèsfines ; on les mélange et on les introduit dans une cornue de verre à large col. On place la cornue sur un triangle dans un fourneau à réverbère; on adapte à son col un récipient et Ton distille à Taide d'une chaleur modérée. S'il arrivait que le produit se condensât dans le col de la cornue, on le liquéfierait et le ferait couler en approchant un charbon ardent.
Le chlorure d'antimoine ainsi obtenu, est souvent souillé pa! un peu de mercure et par un mélange de chlorure mercureux et de chlorure d'arsenic qui se produisent pendant la distillation. (Capitaine.)
OIYCHLORURË D^ANTIMOINK. 6Si
Eu employant 3 parties de sublimé et i partie d'antimoine, la presque totalité de l'arsenic que Tantimoine peut contenir semble former une combinaison peu volatile avec le protochiure de mercure. En distillant une seconde fois le chlorure d* antimoine, on l'obtient généralement exempt d'arsenic. Hais si Ton augmente la proportion de sublimé corrosif, l'arsenic est entièrement jÉHiformé en chlorure d'arsenic qui distille avec le beurre d'antimoinH^pitaine.)
Le chlorure d'antimoine est employé comme caustique. Mis en coniact avec les tissus, il les désorganise profondément et détermine une eschare sèche.
Pour préparer une dissolution aqueuse de ce sel, on laisse le chlorure d'antimoine exposé au contact de l'iûr humide jusqu'à ce qu'il soit entièrement liquéfié. On obtient ainsi une solution dense, concentrée, et extrêmement caustique. L'eau est absorbée lentement par «le chlorure, qui n'en prend que la proportion nécessaire pour se dissoudre. Si le chlorure solide était mis en contact avec de l'eau, il se détruirait immédiatement et se transformerait en un dépôt blanc d'oxychlorure insoluble et en acide chlorhydrique qui maintiendrait à l'état liquide une trés-faible proportion de protochloi ure.
Quelques pharmacopées étrangères préparent le chlorure liquide en distillant un mélange de crocus, ou de verre d'antimoine,, de sel mai*in décrépité et d'acide sulfurique ; mais j|p, recueille ainsi un liquide peu concentré et qui renferme beaucoup d'acide chlorhydrique libre. *
OXYCIILORUUE D'ANTIMOINE.
(Poudre d'Algaroih, Heroure de vie^^
Pour obtenir roxvchlorure d'antimoine, on fait dissoudre du sulfure d'antimoine dans l'acide chlorhydrique, ainsi qu'il a été dit pour la préparation du trichlorurc d'antimoine; on décante la dissolution, et on la fait concentrer à l'air libre jusqu'à ce qu'elle cristallise par le refroidissement. C'est afin de chasser complètement l'hydrogène sulfuré qu'elle peut retenir, et la plus grande partie de l'acide chlorhydrique en excès. Le résidu de l'èvaporation est délayé dans une quantité d'eau froide suffisante pour que la liqueur ne donne plus de précipité par l'addition d'une nouvelle proportion d'eau , on lave le précipité à plusieurs reprises, au moyen de l'eau froide, cl on le fait sécher.
L'eau, ainsi que nous l'avons indiqué, décompose une partie du
proiochlorure d'antimoine ; il se produit un. précipité blanc d*oxychlorure et de l'acide chlorhydrique qui retient en dissolution une notable quantité de protochlorure d'antimoine.
On observe que le précipitée de poudre d'Algaroth, qui est blanc et cailleboUé au moment de sa production, devient peu à peu grenu et cristalHMHi éprouvant un simple changement d'état moléculaire.
On adm^^néralement que Toiychiorure d'antimoine a pour formule SbCl'ySSbO' ; mais les observateurs ne sont par d'accord sur la constitution de ce produit. Ce fait tient à ce que la nature des combinaisons analysées change, suivant que les lavages ont été continués plus ou moins longtemps. Lorsque Taction de Teau est suffisamment prolongée et qu'on fait intervenir la chaleur, l'oxychlorure, sous cette double i^uence, finit par se détruire entièrement en donnant de l'acide chlorhydrique qui se dissout et de l'oxyde d'antimoine SbO*. Les carbonates alcalins opèrent immédiatement cette transformation.
La poudre d'Algaroth était employée autrefois comme médicament vomitif; à ce titre, elle n'est plus jamais prescrite. Pendant longtemps on s'en est servi pour la préparation de l'émétique et, dans ce cas, on avait soin de la soumettre à des lavages prolongés au moyen de Teau bouillante. Mieux vaut, ainsi que le conseille Soubeiran, la transformer en oxyde par l'addition d'un bicarbonate alcalin.
TARTRATE DE POTASSE ET D'ANTIlftlNli;.
(Taitraie i>iiinoiuoo ptjaidqqe, Tartre ttibiè. Tartre èinètà«|Be<
ÉÔiMiiiae.)
C»H*;SbO«;KO*«+HO.
L'émétique IRté découvert au quinzième siècle, par Basile Yalentin ; ses propriétés ont été décrites au commencement du dix-sep* tième siècle par Adrien de Myiisicht.
L'émétique ou tarlrate de potasse et d'antimoine, se présente sous la forme de cristaux octaédriqucs à base rhombe, incolores, inodores et transparents. Ce sel s'effleurit lentement à l'air ; en abandonnant une partie de son eau, il perd peu à' peu sa transparence. L'émétique chauffé à + lOO^" dégage 1 éq. d'eau; à + 200% il cède 5 éq. d'eaa et change de constitution.
Lorsqu'on calcine l'émétique au rouge, dans un vase où l'air ne pénètre pas, on' obtient comme résidu de l'opération une niasse noire constituée par^lu charbon, dans lequel se trouve disséminé un alliage de potassium et d'antimoine. Ce produit exposé à l'action de
TÂRTRATi Sfi POTASSE £T D'ANTIMOIKE. 6S3
l'air chargé d'humidité, ou par le contact de l'eau, s'enflamme et détone en projetant des étincelles.
L'émétique est soluble dans 14 p. d'eau froide et dans 1,88 p. d'eau bouillante. L'eau commune clp^ée de carbonate de chaux ou de magnésie, en précipite de l'oxyde d'antimoine ; lei^|ment à la température ordinaire, et instantanément par rébuUijÉ^Pies solutions astringentes végétales et, en particulier, l'infusion cl^uinquina, précipitent les solutions d'émétique et séparent l'antimoine à l'état de composé insoluble.
Cette action' exercée par les matières Ifetringentes végétales sur l'émétique mérite liattention des praticiens.
L'effet vomitif de l'émétique est annihilé pi^'ingestion simultanée de la poudre de quinquina ou de noix déballe ; la décoction de cette dernière substance produit le même effet. Quant à la décoction de quinquina, elle ne neutralise que partiellement l'action vomitive de l'émétique.
L'influence du kinose rapprocife de cello^du quinquina, celle du ratanhia est presque nulle.
Parmi les nombreuses réactions caractéristi(||Lies ^ solutions d'émétique, nous citerons les suivantes :
Elles sont précipitées en jaune orangé par l'acide sulfhydrii^ue ; le trisulfure formé est soluble dans les hydrates et les sulfures alcalins. Elles donnei^ par l'addition des acides sulfu||tee, azotique, chlorhydrique des précipités blancs , qui sont constitués par des sels solubles dans un grand excès d'acide. 4filles fournissent un dépAt blanc par l'hydrate de potasse ; l'oifde d'antimoine Sb(P ainsi séparé se dissout dans un excès de potasse. Le précipité produit par l'ammoniaque est insoluble dans un excès de rèactif^Hes déterminent un dépôt noir d'antimoine métallique à la surface aune lame d'étain qui y est plongée.
Soubeiran a substitué aux anciens modes de préparation de l'émétique le procédé suivant qui actuellement est le seul usité.
On prépare de l'oxyde d'antimoine en décomposant à la température de l'ébuUition le trichlorure d'antimoine par le bicarbonate de soude. On lave l'oxyde et l'on en fait sécher une partie afin de connaître le poids de toute la masse. Oniraite cet oxy^p par la crème de tartre de la façon que nous allons indiquer.
Pr. : Oxyde d'antimoine (supposé sec). . . .^ . . . .^ iO
Crème de tartre pulvérisée • 12
Eau bouillaote ^ «...*..«. . 100
624 MÉDICAMENTS CUIMIQUËS.
On mélange les deux substances avec une quantité d*eau bouillante suffisante pour former une pftie molle qu'on abandonne à ellemême pendant 24 heures. Après ce temps, on ajoute le reste de Teau et l'on bit bouillir la masse pendÉÉi heure dans une bassine d'argent; on filtre^j^coDcentre les liqueurs jusqu'à 1 ,21 D=25<'B., et l'on fait cristallcj^^raporation des eaux-mères donne de nouveaux cristaux.'
Henry awt (Hrescrit l'emploi de l'oxychlorure d'antimoine ; Soubeiran eut Tidée fort simple d'y substituer l'oxyde d*antimoine pur, qui donne des résultats plus satisfaisants. L'oxychlorure présente, en effet, rinconvénient dAburnir des eaux-mères dont la purification est très-difiQcile. Voici du reste la formule de Hefe*y.
Pr. : Oxychlonireé'ai^moine 10
Crème de tartre pulférisée 15
Eau 100
Opérez comme il a été dit précédemment.
Dans ce procédé, le Vquidc qui^aigne les premiers cristaux offre une réaction acide; on la sature à froid par de la craie ; on filtre ; on lave le dépôt au ffoyen de l'eau froide ; on réunit les liqueurs et on les fait évaporer et cristalliser. De nouvelles évaporalions fournissent encore de Témétique ; mais ee Al à besoin d'être purifié par des cristallisations répétées. On observe que l'émélique ainsi obtenu finit toujours par se t4p|er mélangé avec des cristaux 4i Chlorure de potasshim.
Dans le procédé de Hen^f, la crème de tartre, en réagissant sur l'oxychlorure d'antimoine, doÉÉie naissance- à du tartrate d'antimoine ; mais, par une action secondaire, la solution se charge de chlorure de pd||^um, d'acide tartrique et d'acide chlorhydrique. Le carbonate de chaux {craie) ajouté aux eaux-mères a pour objet de saturer les deux acides libres ; le tartrate de chaux se précipite, mais le chlorure de calcium reste dans les liqueurs et rend les dernières cristallisations difficiles.
Philips a conseillé de préparer Témétique à l'aidd^dc la crème de tartre et du sulfate basique d'antimoine . 1^ liqueur, aprèa rébullition, contient de l'émétique, et, comme produits accessoires nuisibles au succès de l'opération, de Tacide tartrique, de Tacide sulfurique, du sulfate de pelisse. On doit dans ce procédé recourir à la neutralisation des (aux-nièrcs \igr la craie; néanmoins les résultats qu'on obtienl sont plus défectueux encore que dans le cas de l'oxychlorure. L'emploi du suMite basiqie d'antimoine est absolument mauvais.
Plus anciennemm, on préparait l'émétique en faisant bouillir
TARTRAift rtS POTASSE ET D'ANTIMOINE. 6S5
dans 20 parties d'eau, 3 parties de crème de tartre et 8 parties de verre d'antimoineporphyrisë-. La sohitionélait'évaj[A>rèê àsiccité, dans le but de détruire Tétat gélatineux de la silice } la matière sèche était reprise par Teau bouillante et donnait une liqueur qui était soumise à Tévaporation, puis à la cristallisation. ^.^^
Nous rapportons ce procédé qui appartient à l'histoir^^piscience, tout en reconnaissant qu'il est défectueux à plusieui^ points de vue. Parmi les inconvénients qui méritent d*ôtre mentionnés, nous citerons : la cohésion du verre d'antimoine (Voj. Oxysulfure d'afth'moine); la présence du sulfure d'antimoine, de là silice et enfin du fer dans ce produit. L'examen des phénomènes secondaires qui naissent de l'existence de ces matières étrangères dans 4e verre d'antimoine, montre combien il était logique de renofecer à le faire entrer dans la préparation de l'émétique.
En même temps que la crème de tartre, en réaglisant sur l'oxyde d'antimoine qui constitue la plus grande partie du verre d'antimoine, se convertit en émétique, on observe un Vègagement d'acide suifhydrique, et dans la liqueur un dépôt de sulfure brun coi^arableau kermès. De plus la solutioa prend une teinte jaune rougeâtre, par suite de la formation d'une certaine proportion de tartrate ferrico-pilassique, qui colore les cristaux obtenus par l'èvaporation des eaux-mères.
Le premier procédé que nous avons décrit et dans lequel l'oxyde d'antimoines été substitué par Soubeiran au^^^e d'antimoine, au sulfate basique d'antimoine, et enOn à Toxychlorure, a été adopte depuis longues années dans les laboratoifes, il a été enfin inscrit au Codex de 1866. Xjq formulaire légal de 1837 plflcrivait encore l'emploi du verre d'antimoine.
Propriétés thérapeutiques. L'émétique est administré à l'état de dissolution pour la médication interne ; à l'extérieur, il est prescrit sous la forme de pommade et d'emplâtre. Les doses contenues dans toutes les préparations renfermant l'émétique doivent être soigneusement mentiomiécs dans l'ordonnance du médecin.
Comme vimitif, l'émétique est donné à la dose de 5 à 10 centi-^ grammes en plusieurs fois, jusqu'à ce qu'iNiit produit un effet suffisant. Souvent, à la suite de l'mgcstion de ce sel, d abondantes évacuations alvines se produisent; plus taril, un sommeil oilme succède aux voiriissements.
Lorsqu'on veut obtenir l'effet purgatif du tartre stibié {cmétique en lavage), on fait dissoudre 5 centigrammes d'émètique dans i litre d'eau qui doit être ingéré par le malade dans le courant de la jour* H. — vn* ioiT. 40
G26 MÉDiCAMËiNTS GIIIMIQUES*
née. Ce 8el produit alors des vomituratians, des nausées, mais ne donne pas. lieu à dés voipisaements. Oirjî^ut rendre Faction purgative plus certaine, eulBsociant à ce' sel le sulfate de soude ou le sulfate de magnésie.
Le tartn^^ilntinioine et de potasse a été prescrit comme fondant et dépuralllpotre les engorgements scrofuleux ; mais on lui préfère dans ce cas le#ilfure d'antimoine, qui agit rarement comme vomitif.
On fait souvent usage de Témétiqucà titre de contro«>stimulant dans le traitement de la pneumonie aiguë. Ce sel est alors prescrit à la dose de 20 centigrammes à 1 gramme (oh a été jusqu'à 8 grammes) dans une potion que l'on fait prendre par cuillerées à café toutes les heures. La tolérance ne tarde pas à s'établir ; elle est facilitée quelquefois par l'addition de Topium. L'action de Téo^tique est d'autant plus puissante ^e le malade est soumis à une 'diète plus sévère. L'émétique à haute dose a été conseillé dans le traitement du rhumatisme aigu ; à l'extérieui? il est employé comme irritant et dérivatif sous la foittie de pommade, et plus rarement sous celle de bain pour combattre certaines dartres.
Voici quelques-unes des formules les plus employées :