CRÉOSOTE
Il existe dans l'industrie plusieurs liquides différents jpr leur composition qui ont reçu le nom de créosote ; par^l ceux-ci, il comrknl de signaler l'acide phénique impur et liquide dont les propriétés sont difTérentes de la créosote provenant exclusivement de la distillation du goudron de bois.
La véritable créosote possède les caractères suivants : c'est un liquide incolore et transparent, doué d'un pouvoir réfringent considérable et possédant l'aspect oléagineux. Dens. 1,040 à + li^S. Point d'ébullition + 203**, sous la pression^e 0°*,76. Odeur forte de fumée très-désagréable. Saveur brûlante, fm et même caustique.
Agit^ avec l'eau la crésote se partage en deux couches : Tune dense contient 100 part, de créosote et l.part. d'eau; l'autre supérieure est formée par 100 part, d'eau et 1,Î6 part, de créosote. L'alcool, Télher sulfurique, le sulfure de carbone, l'acide acétique concentré, et certaines huiles volatiles dissolvent de fortes proportions de créosote. La créosote dissout un grand nombre de substances résineuses, certains corps simples, tels que le soufre et le phosphore, les principes gras et plusieurs sels.
La créosote a été longtemps considérée comme un principe immédiat, dérini. Depuis un certain nombre d'années plusieurs travaux ont été entrepris dans le but de fixer sa constitution; les chimistes qui se sont occupés de cette question ont eu d'autant plus de difficultés à surmonter qu'ils ont souvent étudié des mélanges d'origine différente.
Illasiwetz et Barth considèrent la créosote comme une combinaison de créosol (C"H***0*) avec un hydrocarbure. Il est probable que c'est plutôt un simple mélange de créosol avec des proportions variables de cet hydrocarbure. Mais il est plus vrai de dire que les questions de pure chimie relatives à la constitution de cette substance ne sont pas encore entièrement résolues.
On peut distinguer la créosote tirée du goudron de bois, des phénols impurs qui lui sont quelquefois substitués au moyen des réactions suivantes indiquées par H. Rust. Si l'on mélange 15 part, de phénol et 10 part, de collodion, on obtient une masse gélatineuse ; la même
716 MÉDICAMENTS CfllMIQUES.
opération exécutée avec ]a créosote vraie donne une solution transparente et fluide.
Uans une solution de chlorure ferrique marquant 10"* B., on verse de l'ammoniaque jusqu'au moment où le précipité devient persistant. Si Ton introduit dans cette liqueur des pliénols impurs provenant du coal-tar, elle prend une teinte bleue ou violette; tandis que sous rinfluence êe la créosote du goudron de bois, elle se colore en veil. puis en brun. '^
La préparation de la créosote est industrielle, elle consiste à dis. tiller le goudron do bois et à soumettre les liquides condensés à plusieurs rectifications, dans lesquelles on mot à part les produits dont la densité est plus grande que celle de Teau. Ces liquides sont dissous au moyen d'une solution concentrée d'hydnate de potasso, et la liqueur alcaline est chauffée à l'air afin de résinifier et d'isoler certains principes qui^ont entrés en dissolution. Li liqueur alcaline est alors décomposée au moyen de l'acide sulfurique dilué qui neutralise Tnlcali et sépare la créosote. Celle-ci est soumise plusieurs fois à des traitements analogues; puis enfin séchée et rectifiée jusqu'à ce que le liquide bouille à une température fixe.
La créosote a été longtemps employée en médecine comme agent antiseptique, désinfectant et h titre de styptique puissant et de cnu>tique. Cette substance remplit les mêmes indications que Tacide phèiiique qui, ainsi que nous l'avons dit, est souvent mélangé avec la créosote du commerce et quelquefois mémo lui est entiérerniMil substitué. Depuis Tintroduclion définitive de l'acide phénique dans l.i thérapeutique, la créosote n'est plus employée; il serait curieux d»» savoir si elle possède réellement les propriétés qui lui ont été attribuées et de comparer sérieusement sous ce rapport des produit^ dont l'origine serait absolument certaine.
Swic.Nous mentionnons seulement pour mémoire ce produit complexe et impur que les anciens thérapeutistcs faisaient entrer dnn< un assez grand nombre de formules. 11 suffit d'avoirjeté un roupd'o-il sur la liste des principes immédiats qui résultent de la distillation du bois pour comprendre l'inutilité et les difficultés qu'offriraient des recherches chimiques entreprises sur un mélange contenant quelques traces de ces matières disséminées dans du noir de fumée, des cendres, et au milieu de toutes les impuretés qui se condensent dans les conduits d'un foyer;
GRfiOfiOTB. 717
Le Codex a supprimé avec raison la suie du nombre des médicaments ; il a pourtant fait mention de cette substance en donnant la formule des gouttes amères de Baume' (t. U, p. 76). Voici quelques formules qui ont été autrefois fort employées.
fl