‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 370 sur 494 · DES EACX MINÉRALES ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

DES EACX MINÉRALES ARTIFICIELLES

On do4|| le 4tf>ni idéaux minérales naturelles aux eaux qui, en raison des matiêfts qu'elles tiennent en dissolution ou à cause de la température élevis qu'efln {présentent, peuvent être utilisées en thérapeutique. ^ ^

L'é^e de l'oiiPae, de la composition et des applications des diverses eaux qui se ren<^trent à la surface du sol, constitue à elle seule une branche des sciences qui a reçu le nom d'Hydrologie. L'hydrologie emprunte à la cliimie; à la minéralogie et à la géologie ses moyensd'analyse et ses méthodes, elle se rattache h l'hygiène et à la tliérapeutique par ses applications. Parmi les sujets qu'embrasse riiydrologie, un des plus importants et des plus délicats consiste dans l'examen approfondi des eaux minérales ; le développement qu'a pris cette partie de la science, ne nous permet pas de sortir ici des simples définitions et des géuéralitèbièlémeiitaires les moins contestables.

D'après la température qu'elles possèdent à leur émergence du sol,

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les eaux minérales sont partagées en eaux thermales dont la température moyenne est supérieure à + 20®, et en eaux froides dont la température moyenne est inférieure à cette limite.

Les eaux minérales résultent de l'action de l'eau sur les composés plus ou moins solubles qu'elle rencontre dans les couches terrestres, elles renferment en conséquence les combinaisons les plus différentes et les éléments les plus divers. Nous citerons les principes les plus répandus, et qui font partie des eaux minérales employées comme médicaments, ce sont :

Gaz. Azote^ oxygène, acide carbonique^ acide^snlfhydrique.

Sels alcalins. Chlorure de sodium, sulfure de sodium, sulfate de soude, bicarbonate de soude, sels de potassium en faible proportion ; bromures, iodures, accompagnant quelquefois les chlorures alcalins ^

Sels alcalino-terreux. Chlorure de calcium, sulfate de chaux, bicarbonate de chaux; chlorure de magnésium, sulfate de magnésie; bromures (traces).

Sels de fer. Sulfate ferreux, bicarbonate ferreux ^rénates et apocrénates. ' ™

Les autres matériaux dont la présence a été signalée dans quelques eaux minérales sont exlrèm|ment nombreux ; nous mentionnons les principaux, ce sont: VaciaFsulfurique libre ; Yacidesilicique;Yacide borique; V acide arsénique; les sels de lithium; les sels de césium; les sels de rubidium, les sels ammoniacaux, les sels d'aluminium ; les sels de baryum et de strontium; les sels de zinc, de cuivre, de plomb, d'étain et d'antimoine. Indépendamment de ces substances minéi^s, quelques eaux tiennent en dissolution des principes orgélpques, tels sont : les acides crénique, apocrénique, propionifttt butyrique, et enfin la bu'

régine ou glairine. V

La classification des eaux minérales est essentiellement systématique et la discussion des principes sur lesquelles sont fondés les groupements, constitue un des points les plus délicats de Thydrologio. Soubeiran admet seulement trois classes tranchées : les eaux salines ; les eaux ferrugineuses ; les eaux sulfureuses.

La plupart des auteurs rattachent aujourd'hui les eaux minérales à sept types principaux, ce sont les suivants:

i^ Eaux acidulés. Elles appartiemient à la division des eaux froides, et ont pour caractère de contenir 4 Tétat de dissolution, une notable proportion d*acide carbonique libre (250 centimètres à 1000 centimètres cubes par litre).

2<* Eij^u» alcalines. Remarquables par la prédominance des bicarbonates alcalins ou alcalino-terreux.

Z^ Eaux chlorurées. Elles sont minéralisées par les chlorures alcalins et alcalino-terreux : Chlorures de sodium^ de poUusium^ de calcium, de magnésium. Le chhrure de sodium est généralement plus abondant que les autres chlorures. Ces eaux sont souvent iodurées, bromurées ou bromo-iodurées.

A" Eaux sulfatées. Ces eaux contiennent des sulfates alcalins ou alcalino-terreux comme élément prépondérant.

5** Eaux sulfureuses. Elles doivent leurs propriétés tantôt au monosulfure de sodium, tantôt au sulfure de calcium ou à l'acide sulfhydrique.

6*^ Eaux ferrugineuses. L'élément minéralisateur de ces eaux est le fer qu'elles contiennent à Tétat de bicarbonate ou de sulfate.

7° Eaux bromurées et iodurées. Ces eaux renferment des propor* tiens plus ou moins grandes de bromures et d'iodures alcalins.

Ces sept classes se réduisent en réalité à cinq, car les eaux acidulés peuvent êke rattachées au groupe des eaux alcalines, et les eaui bromurées et iodurées forment une subdivision des eaux chlorurées.

La composition des eaux minérales qui constituent ces divers groupes, est le seul point qui ait de Tintéréi^u point de vue de la pharmacie, c'est-à-dire de la reproduction plus ou moins complète de quelques-uns des types médicamenteux que chaque série représente.

Un jeune chimiste distingué, H. A. Gautier, professeur agrégé d&la Facuhé de médecine, a résumé, dans quelques tableaux habilement dressés et faciles à consulter (voyez pages 728-729, 730-751 , 75^2-755, 734-755, 756- 7V), la composition des principales eaux minérales; nous sommes heureux de pouvoir, grâce à son obligeance, les mettre sous les yeux de Âbs lecteurs.

PRÉPARATION DES EAUX Mir^ÉR^VLES ARTIFICIELLES.

On donne le nom d'eaux minérales artificielles, a des solutions aqueuses destinées à remplacer les eaux minérales naturelles. Bien que ce but ne soit jamais complètement atteint, il est certain que les efforts tentés pour reproduire des solutions analogues, sinon identiques avec les eaux naturelles, a conduit h perfectionner ranalyse de ces dernières, et a fourni à la thérapeutique des médicaments du même ordre, dont elle a souvent lieu de tirer uu utile parti.

PRÉPARÂTlOiN DES ÊAUK MDfftiALES ARTIFICIELLES. 797

Abandonnant en quelque sorte la prétention de remplace les eaux minérales dont les moyens de conservation et de transport se sont considérablement perfectionnés, la commission du Codez a cru sage de ne donner place dans la pharmacopée légale, qu'à un nombre restreint de formules représentant chacune un des types employés en médecine.

On ne trouvera pas dans ces formules Tiode, le brome et l'arsenic dont la présence a été signalée dans un certain nombre d'eaux minérales naturelles. La commission du Codex a jugé inopportun de faire entrer dans les eaux ailificielles des agents actifs et souvent toxiques, qui se trouvent inscrits dans les formules de nombreuses préparations dont le dosage est plus régulier et l'administration moins dangereuse.

Nous emprunterons à cet ouvrage les prescriptions générales qu*il a données, touchant la préparation des eaux minérales artificielles ; elles nous semblent suffisantes, car rien a'est plus simple que de faire dissoudre dans un poids déterminé d'eau pure ou chargée d'acide carbonique, les éléments d'une solution saline oilculés d'après les résultats d'une bonne analyse.

Nature de Veau, Le Codex se borne à consacrer le choix d'une eau potable de bonne qualité, et,à proscrire d'une façon absolue l'emploi des eaux séléniteuses.

Saturation des eauxgazetises. On donne le nom d'eau gazeuse à de l'eau saturée d'acide carbonique, sous une pression connue et A une température déterminée. Cette eau est employée comme boisson acidulé et rafraîchissante ; dans la préparation des eaux minérales» elle est fréquemment utilisée pour amener la dissoltSon permanente de certains éléments salins et pour donner à ces solutions des propriétés sapides ou thérapeutiques.

Le Codex ne s'est pas prononcé sur le choix des moyens propres à obtenir ces solutions ; nous croyons utile de conserver ce chapitre en quelque sorte historique des diverses méthodes mises en usage pour saturer l'eau d'acide carbonique. Les principes sur lesquels les appareils actuels sont fondés, sont restés les mêmes que ceux que Soubeiran a décrits avec soin; la forme et l'agencement des organes ont seuls été perfectionnés.

Introduction des sels. Les eaux salines médicamenteuses inscrites au Codex, sont toujours des dissolutions de sels dans de l'eau chargée d'acide carbonique sous pression.

Lorsque les sels qui entrent^dans la formule sont tous solubles, et que, de plus, ils ne donnent pas lieu à des précipités insolubles par

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