‹ Traite de pharmacie theorique et pratique v. 2, 1870Chapitre 389 sur 494 · EAUX FERRUGINEUSES ARTIFICIELLES · texte numérisé non relu

EAUX FERRUGINEUSES ARTIFICIELLES

Les eaux minérales ferrugineuses naturelles appartiennent, comme nous l'avons vu, à deux types distincts ; celles dans lesquelles le fer existe à l'état de carbonate, celles où il se trouve à Tétat de sulfate.

La préparation de solutions salines possédant la composition des eaux ferrugineuses sulfatées ne présente aucune difficulté, mais elle n'offre aussi qu*un médiocre intérêt au point de vue thérapeutique. 11 en est tout autrement des eaux ferrugineuses carbonatées pures ou crénatées; leur reproduction n'a donné jusqu'ici que des produits altérables et qu'il est impossible de considérer comme officinaux.

Après de nombreuses tentatives, Soubeirau a renoncé à préparer les eaux ferrugineuses carbonatées artificielles, et convaincu que ce genre de médicaments doit exclusivement ses propriétés au fer, il a adopté la mesure radicale de les remplacer par une solution convenablement dosée de tartrate ferrico-potassique.

Cette solution fernigineuse n'a, il est vrai, aucun rapport chimique avec une eau minérale, mais elle constitue, grâce à Tassociation do sel organique avec l'eau chargée d'acide carbonique un médicament précieux dont Tusage s'est généralisé dans les hôpitaux de Paris et dont la formule a été adopté^au Codex comme le seul représentant des boissons ferrées.

Voici, du reste, rarticl^^Bsacrè pAr Soubéiran aux eaux femigi-

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neuses artificielles, il mérite d'autant plus d'être conservé qu'il résume les expériences de ce savant sur cette intéressante question.

Les eaux ferrugineuses doivent être préparées au moyen de Teau privée d*air : on soumet Teau à une ébulUtion prolongée et on la laisse refroidir dans des touries fermées à l'abri du contact de Tair. Si l'on se sert d'eau aérée, Toxygène détermine le passage du fer à l'état de sesquioxyde, et il se précipite sous la forme de flocons rougeâtres. La préparation des eaux ferrugineuses exige encore d'autres précautions. Comme le fer réagit sur la matière tannante du liège et finit par former avec elle un composé insoluble, on s'aperçoit bientôt que les bouchons noircissent au contact des solutions ferreuses. Afin d'éviter que cet effet ne se produise, on se sert débouchons que Ton a laissé tremper pendant quelque temps en vase clos dans une dissolution de sulfate ferreux. Grâce à cette précaution, toutes les parties du liège qui peuvent agir sur le fer épuisent leur action. On retire les bouchons, on les lave et on les plonge dans de l'eau pure que l'on renouvelle à plusieurs reprises afin d'enlever le sel de fer soluble qui a pu rester adhérent.

Malgré tous ces soins, les eaux ferrugineuses ne se conservent pas, et laissent bientôt apparaître des flocons de sels ferriques basiques qui troublent leur transparence.

Afin d'imiter les eaux minérales qui contiennent le fer à l'état de crénate, M. Henry conseille la manipulation suivante. On épuise de la terre franche par de l'eau distillée bouillante; on concentre les liqueurs et Ton en introduit une proportion déterminée dans la solution de carbonate ferreux rendu soluble au moyen de Tacido carbonique. Cette longue manipulation donne en réalité un produit très-différent de l'acide crénique, et elle n'a jamais passé dans la pratique.

Quant à l'introduction du carbonate de fer dans les eaux ferrugiig|t neuses artificielles, on peut la réaliser facilement par voie de double décomposition. Soubeiran a donné les formules d'eaux artificielles correspondantes aux analyses des Eaux de Spa, de Btissang, de Pyrmont. Ces formules fournissent une solution qui ne laisse rien à désirer au moment de sa préparation, mais qui se trouble au bout de quelques jours et no peut pas être conservée.

M. Lefort a cru mieux réussir que ses devanciers en introduisant le fer métallique divisé dans de l'eau sursaturée d'acide carbonique; mais la pratique n'a pas tardé à démonirer que les eaux ferrugineuses obtenues par ce moyen n'élaraiit pas plus que les précédentes à l'abri d'une altération rapide.

C*est à la suite de ces essais que Soubeiraii a renoncé dé^nitif^ ment à la préparation officinale des eaux ferrugineuses artificielles, et qu'il leur a substitué une solution de tartrate ferrico-potassique dans Teau chargée d*adde carbonique par compression. Si Ton Tent introduire dans une boisson la dose de ce sel correspondante à une eau minérale déterminée, on partira de cette donnée que 1 gramiof de fer est représenté par 4 grammes 77 de tartrate ferrico-potassique sec.

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