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INTRODUCTION

Riches que nous sommes en ouvrages de pharmacologie ou de pharmacie, de matière médicale et de thérapeutiquê, fort bien faits d'ailleurs, et par des hommes capables, on s'étonnera que nous venions en grossir le nombre : ceci demande justification. Livré depuis longtemps à renseignement particulier de ces diverses branches des sciences médicales, nous avons pu apprécier, mieux que les professeurs en titre, le besoin des élèves et des jeunes médecins. Eh bien, nous nous sommes convaincus que la pharmacologie et la matière médicale sont presque complètement négligées, qu'on s'en occupe même avec dégoût et seulement pour passer le quatrième examen. Cela nous paraît tenir aux causes suivantes : i° presque tous les ouvrage» de pharmacie, d'ailleurs très-volumineux, sont exclusivement écrits pour les pharmaciens : on y insiste «beaucoup sur le manuel opératoire, détails qu'il est impossible de suivre .lorsqu'on n'a pas travaillé en pharmacie, et peu sur le but, sur le résultat final, sans faire connaître enfin leur utilité médicale. 2° Parmi les ouvrages de matière médicale et de thérapeutique, les uns consacrent beaucoup aux sciences physiques, au détriment des effets physiologiques et des applications thérapeutiques des médicaments; les autres sont écrits dans un sens tout opposé. 3° Presque tous négligent l'art de formuler. On ne contestera pas cependant l'utilité de cette dernière partie, et qu'un traité ou un cours de pharmacologie destinés à des médecins doivent être autrement faits qu'à des pharmaciens : pour les premiers, on doit surtout insister sur le but médical des opérations, et, pour les seconds, sur le manuel opératoire; ensuite la connaissance pharmacologique des médicaments, leur composition, l'action des divers véhicules, sont certainement d'une grande importance pour leur emploi médical. Offrir un traité de pharmacologie dans lequel celte

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partie soit traitée plu» médicalement gu'on ne la fait jusqu'ici, ei un |p\té 4* W\\tà médicale où les effets physiologiques et thérapeutiques des médicaments ne soient pas sacrifiés aux détails chimiques et pharmaceutiques , et vice versâ; réunir dans ces deux traités les règles générales sur Fart de formuler, de manière à ce que, une substance étant donnée, connaissant sa composition, sa dose, ses effets, on sache comment on doit et on paui l'administrer, tel est le but que nous nous sommes propose'.

|£ pharmacologie , la matière médicale, la thérapeutÀque' ç!i ïart de formuler sont tributaires des autres parties des sciences médicales ou bien leur servent de complément. C'est aiusi qu elles complètent Tanatomie, la physiologie, la pathologie, parties qui nous donnent la connaissance du diagnostic des maladies, des indications ^'de'l'çppflJctunUé de l'application des agents thérapeulaques.

' \;hi$tom naturelle, science physique qui embrasse l'étude de tous les corps de ia nature sous le point de vue de le^çaùgiu.e, de leur rapport, de leur classification, etc., foura.it à la pharmacie les agents médicamenteux.

ta cÂiiflie Cail connaître la composition. des médicaments, ïwwaye»» <* eD i8okr to P* inci P e8 acll »\ les ridions ^vU peuvent s'opérer entre eux, les sophisli- Mtioa^'âput-iUaont susceptibles; elle fournit, en outre, plusieurs médicaments nouveaux à la thérapeutique.

La pharimcologie ou la pharmacie s'occupe des opérations, de# modifications qu'on fait subir aux productions na.mreUes ou artificielles pour les convertir en médteaque des préparations ou formes pharmaceu-

tiques* *

L& matière médicale emprunte à l'histoire naturelle,

à 1^ chimie, et surtout à la pharmacie, les agents médicamenteux, qu elle considère sous le point de vue de leurs effets physiologiques, de leurs doses, de leur administration, et de leurs indications en général (*).

(*) Forez* dans l'introduction à la matière médicale, la définition qu* nous avons donne'e de la pîwrmacologie, de la mqtière mcdû&U et Us la, thémpeu4ique r etc.

La thérapeutique a pour but de soulager ou de gué* rir; elle fail l'application au traitement des maladies des divers agents thérapeutiques qu'elle emprunte à la matière médicale, à l'hygiène, à 1 arsenal chirurgical.

\lart de formuler^ parasite de chacune de ces parties, s'en approprie les résultats, et donne les préceptes, les règles générales pour la prescription dtes médicaments.

La formule est l'indication, par écrit et d'après des règles conventionnelles, des médicaments qui doivent être administrés à un malade. Considérée en elle-même, elle se compose de l'inscription et de la souscription, ou bien des données relatives à*on inscription et à sa confection. Sous le rapport de son application, elle cornprend, en outre. Y instruction ou les données relatives a son administration.

L'art de formuler est une partie malheureusement trop négligée; car, sur vingt médecins qui sortent des bancs de l'école, on peut avancer, sans craindre un démenti, qu'il y en a tout au plus quatre on six sachant bien formuler. On ne saurait croire, cependant, combien cette connaissance est importante pour la pratique médicale, et combien le public augure mal de l'homme de fart, lorsque, au moment d'inscrire sa formule, ille voit, incertain, réfléchir. Je me rappellerai toujours que, au début de ma carrière médicale, j'étais moins souvent embarrassé sur la connaissance du médicament propre à remplir l'indication qui se présentait que sur celle des formes d'après lesquelles il convenait de l'administrer. Cela tenait à ce que j'avais appris des formules par cœur, et non l'art de formuler avec ses règles.

Lorsqu'on est bien versé dans l'art de formuler et la matière médicale, on rejette cette polypharmacie galéntque, on aime les formules simples, on peut les varier à volonté, insister sur la même médication, lorsque cela est nécessaire, tout en faisant croire aux malades qu'on change de médicament. On peut satisfaire à ses goûts pour les formes pharmaceutiques, pour les aromatiques, pour les édulcorants, toutes les fois que cela ne peut nuire aux effets du médicament. On se fait ainsi bien venir d'eux ; on agit sur leur moral, moyen très-puissant pour la guéri-

son de beaucoup de maladies, pour seconder l'effet des agents thérapeutiques.

Malheureusement , il règne un vague déplorable dans la matière médicale. Il serait à désirer que des médecins consciencieux , également versés dans les sciences physiques et médicales, voulussent expérimenter pendant plusieurs années, seulement un certain nombre de substances médicamenteuses, en tenant compte de l'influence des circonstances individuelles ou extérieures , des formes pharmaceutiques, de l'état normal et anormal, etc. -> alors, et seulement alors, la matière médicale prendra rang parmi les autres branches des sciences médicales, et offrira ce degré de certitude qu'on est en droit d'exiger dans l'art

de guérir.

Plan de ce traité.

Ce traité est divisé en deux parties. La première forme un petit volume séparé sous le titre de traité de pharmacologie et de Tart de formuler. La deuxième se compose de deux volumes sous le titre de matière médicale et des indications thérapeutiques des médieamenls. Ces deux parties, quoique séparées, n'en font réellement qu'une •> elles se complètent l'une par l'autre, et notre œuvre serait mal jugée, si l'on prononçait par la lecture isolée de l'une d'elles.

A. Le traité de pharmacologie et de l'art de formuler se compose des parties suivantes :

i° Ênumération des médicaments du règne inorganique et organique disposés par tableaux synoptiques : aperçu de nomenclature chimique : caractères généraux des produits et des principes immédiats, etc.

ao Opérations pharmaceutiques, ou procédés opératoires propres à convertir les productions naturelles en médicaments, à en extraire les principes actifs, etc.

3° Prescription des médicaments, ou exposé de leur action, de leurs effets, des divers modes d'administration ou méthodes thérapeutiques, de leurs doses, le tout con sidéré en général.

4° Préparations ou formes pharmaceutiques. Tisanes , potions, pilules, etc.

5° Art de formuler avec ses règles. De la formule. Exercices sur l'art de formuler.

, B. Pour le traité de matière médicale et de thérapeutique , voyez l'introduction à ces parties.

Manière d étudier avec fruit les matières qui

composent ce traité.

A. i° Bien'connaître la nomenclature chimique : elle est indispensable dans Tétât actuel de la science; nous en avons dit assez. a° Étudier surtout les caractères généraux des produits et des principes immédiats; cela est de la plus grande importance ; l'action des médicaments résidant dans ces produits et non dans les parties fibreuses, on saura ainsi les véhicules et les modes opératoires à employer pour les obtenir. C'est de ces données, que découlent la plupart des règles générales sur l'art de formuler. 3° Bien connaître les diverses méthodes thérapeutiques. 4° Les opérations relatives à l'extraction des produits actifs sont Jés plus importantes; il faut surtout en bien apprécier le but, la différence qu'il y a, par exemple, entre le produit de l'infusion, de la décoction et de la distillation. 5° lies préparations ou formes pharmaceutiques et surtout les magistrales, ou celles que le médecin est appelé à formuler, doivent être parfaitement connues; comment composer une potion y des pilules, si l'on ignore les conditions propres à leur confection? Quant aux préparations officinales, il faut connaître le mode opératoire employé et la nature du véhicule. L'élude des formes pharmaceutiques est par trop négligée; c'est ce qui fait que beaucoup de médecins formulent empiriquement 6° L'art de formuler, les notions propres a la confection de la formule découlent des connaissances précédentes, et n'en sont en quelque sorte que le résumé, abstraction faite, bien entendu, de ses applications.

B. Ces idées générales trouvent leurs applications spéciales dans la matière médicale. Dans celte deuxième

partie, la formule y est considérée sous le rapport de ses applications. La classification des médicaments doit être considérée comme un moyen d'en faciliter l'étude. Il faut, malgré les exceptions, étudier les caractères généraux ou fondamentaux de chaque classe, sous le point de vue de la composition des médicaments, de leurs effets physiologiques, des indications et contre-indications thérapeutiques, des formes pharmaceutiques j étudier aussi les caractères généraux des divers groupes ; et, pour chaque médicament, connaître la famille qui le fournit, le lieu d'où il vient, ses caractères pharmacologiques, sa composition , ou plutôt, les produits qui en forment la partie active, l'action des véhicules, ses effets physiologiques et ses applications thérapeutiques, et enfin ses formes spéciales. Pour les préparations pharmaceutiques, que nous avons placées ù la fin du traité de matière médicale, il faut connaître celles qui sont le plus employées. Pour Us eaux minérales, on pourrait, à la rigueur, se contenter des caractères généraux exposés . en téte de chaque classe ; nous avons marqué d'ailleurs relies qui sont le plus en usage.

Une fois qu'on aura lu tout l'ouvrage, en insistant sur les points que nous venons d'indiquer, on pourra se contenter des résumés sur chaque classe, au moment de passer son quatrième examen.

Nous devions ces conseils à MM. nos élèves; nous ne doutons pas qu'ils ne soient accueillis avec la même bienveillance qu'ils apportent à nos entretiens scientifiques : nous saisissons celle occasion pour leur eu témoigner toute notre reconnaissance.

PHARMACOLOGIE .

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