LA QUESTION SOCIALE : SOLUTION DE L'ÉCOLE CA HOLIQUE
rien de mieux. Que l’État donne l'exemple de la réglementation du travail dans les industries qui relèvent de lui, fort bien ; C’est son rôle, » sa fonction. Mais, pour le reste, dévouement et hberté, cela nous. suffit. » (1). L'École d'Angers trouve qu'on a abusé du travail des . femmes et des enfants et veut qu'il soit limité par l'État. er b) Pour l’École de Liège, protéger les droits et réprimer les abus : n'épuise pas les obligations de l'État. Il doit en outre promouvoir la prospérité publique, non pas en accaparant toutes les entreprises comme … le demande le Socialisme, mais en mettant les citoyens dans des conditions qui favorisent leur développement matériel, intellectuel et moral . ne (9 S II). | | SAR SRE a B. — La Réjorme sociale : a) Pour la réaliser, l’École d'Angers, ayant. Hmité, comme on l’a vu, l'intervention de l'État, n’a d’autre ressource } que de recourir à la liberté individuelle et à la liberté d'association. à Elle admet, conséquemment, la thèse de la libre concurrence. À -4 b) Convaincue que l’ordre économique actuel, fondé sur lindivi- dualisme et sur la concurrence illimitée, est vicieux (2), l'École de. Liège, d'accord en cela avec l’École d'Angers, préconise l'Association. professionnelle; mais elle pousse plus loin l'intervention de l’État, M estimant qu'il faut absolument l’aide de la législation, si l’on veut « accomplir une réforme qui soit sérieuse et durable ha S Le comte A. de Mun a nettement exposé le programme de ce groupe, . dont il a été le chef éminent : « À mes yeux, l’ensemble de nos revendi- M : cations doit tendre à assurer au peuple la jouissance de ses droits essentels, méconnus par le régime individualiste : la représentation légale de ses intérêts et de ses besoins, au lieu d’une représentation purement * numérique ; la préservation du foyer et de la vie de famille ; la possibilité pour chacun de vivre et de faire vivre les siens du produit de son « travail, avec une garantie contre l'insécurité résultant des accidents, u de la maladie, du chômage et de la vieillesse ; l'assurance contre la. misère inévitable ; la faculté pour l’ouvrier de participer aux bénéfices … . et même, par la coopération, à la propriété des entreprises auxquelles | il concourt par son travail ; enfin la protection contre les agiotages et les spéculations qui épuisent les épargnes du peuple et le condamnent
(7) MGR FREPPEL, Allocution prononcée à la vinglième Assemblée des Catholiques, le
29 avril 1891, Œuvres pastorales et oratoires, T. IX, p. 102-103, Paris, 18992, 4
(?) « Je n’ai à apprendre à personne que je suis d’accord avec les socialistes, avec celui
qui tout à l’heure était à la tribune [M. LAFARGUE] Sur la critique de l’ordre économique,
è autant que sur un très grand nombre de réformes sociales qui sont journellement réclaà mées par les travailleurs. » (A. DE MuN, Discours à la Chambre, Séance du 9 décemb e É = 1891). - 5%
(*) Cf. G. Sonrais, Les Fonctions de l'État moderne, $ III, dans Études philosophiques Brel sociales, p. 71-76. : ! Rs
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rces doivent concourir à la réalisation de ce programme : l’organition professionnelle et la législation.
publique du travail dans les corps élus de la nation, de déterminer dans aque profession industrielle ou agricole le taux du juste salaire, de rantir des indemnités aux victimes d'accidents, de maladies ou de ômages, de créer une caisse de retraite pour la vieillesse, de prévenir
ve à côté de la propriété individuelle, et sans lui porter atteinte.
lu travail des enfants et des femmes, l'interdiction du travail de nuit, la limitation de la journée de travail, l'obligation du repos dominical :
lans les campagnes, en rendant insaisissables la maison et le champ du ultivateur, les instruments et le bétail de première nécessité. Elle cilitera la vie de l’ouvrier et du paysan par la. diminution et la réforme es charges fiscales, particulièrement des impôts qui frappent la subsisce. Elle favorisera la participation aux bénéfices, la constitution
lation du métayage. Enfin, elle protégera la fortune nationale, l'épargne D pulaire et la morale publique par des lois sur l’agiotage, sur le jeu les opérations de bourse, sur le fonctionnement des sociétés, sur xclusion des étrangers de l'exploitation et de la direction des grands rvices. publics, sur l’interdiction, pour les fonctionnaires, les repré-
ations financières.
ascille aux catholiques d'adopter. Ils ne sont autre chose que l’application des Jupe posés dans Rhone sur la condition des Ouvriers Fe
Ce: D de a reçu lapprobation expresse de Léon XIII, qui
Sans peine que, connaissant votre piété filiale et le zèle intelligent avec
mements populaires et à les faire pénétrer dans la pratique de la vie
2, Discours et Écrits Rens Tome V, p. 270-271, Paris, 1895.
2) LA QUESTION SOCIALE : SOLUTION DE L'ÉCOLE CATHOLIQUE 373. lindigence, pendant que, suivant les paroles de l'Encyélique, « une.
action, maîtresse absolue de l’industrie et du commerce, détourne le urs des richesses et en fait affluer vers elle toutes les sources ». Deux
- « L'organisation professionnelle, pour laquelle nous demandons la
Miberté la plus large, donnera le moyen d'assurer la représentation
s conflits par l'établissement des Conseils permanents d’arbitrage, Organiser corporativement l'assistance contre la misère, enfin de constituer entre les mains des travailleurs une certaine propriété collee-
« La législation protégera le foyer et la vie de famille par la restriction
sociétés coopératives de production ; dans les campagnes, Passo-.
entants de la nation et les agents du pouvoir, de participer aux spécu-
« Tels sont les principaux articles du programme social que jéss
écrivait au comte de Mun : « Et maintenant, cher fils, vous comprendrez ee
quel vous vous employez à seconder nos desseins, à rendre nos ensei-
(2) ALBERT DE MUN, Discours à la Ligue des Catholiques de Saint- Étienne, le 48 décembre
374 COMPLÉMENT BIBLIOGRAPHIQUE D | | : e
SxAOMONS à Sur "Es généreuse entreprise (). »
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(2) LÉON XIII, Bref du 7 janvier 1893, Ibidem, p. 282. nie On remarquera que le Bi f. n’est postérieur que de quelques jours au Discours du Comte de Mun à Saint-Étienne. Er: