LES GRANDES LOIS DE L'ART
lace : ce sont les servantes et non les maïtresses du logis. La rupture ‘à cette hiérarchie, ce déclassement des facultés se montre dans le
D iuonces funestes de cette rupture :
{0 Pour la raison et la volonté : la raison est amoindrie, car où tas
. “oination domine, la rectitude du jugement fléchit ; amusé par le jeu. hbnllant des images, Pespritse dégoûte de la réflexion et répugne à tout effort d’abstraction et de généralisation. — La volonté est énervée, ee Car la recherche des émotions molles ou vagues paralyse son élan, et @lhabitude des émotions violentes la mêne par l’exaltation à l'atonie, de comme on va à la prostration par la fièvre ». ; … 0 Pour l'imagination et la sensibilité : elle les use et les matérialise. es facultés purement spirituelles (intelligence et volonté) ne se fatiguent jamais de leur objet : la lumière de l’évidence n’offusque pas la raison; grandeur du bien n’énerve pas la volonté. Les facultés sensitives, au contraire, étant conditionnées par l'organisme, si. on leur prodigue leur F )bjet, l’orsanisme s’use, et, conséquemment, l'exercice des facultés elles-mêmes est entravé. L’ imagination et la sensibilité morale parti- : ; pent de la commune infirmité des sens : vg. une lumière trop viveirrite les yeux, un son trop intense blesse l'oreille ; les sens ont besoin d’imessions modérées pour se déployer normalement et par conséquent pour jouir. (Ps., 21). De même pour l’imagination : la prodigalité habituelle des couleurs la rend plus exigeante, plus lourde à soulever. Une à ce régime surexcitant elle se déprave : le grand ne lui suffit plus: Plui faut le gigantesque, le démesuré. De même pour la sensibilité : + xcès des émotions l’appesantit, l’endurcit aux impressions naturelles, blase sur les émotions mesurées : il lui faut alors de l’horrible pour la 2 uer. « Le pathétique outré; dit Joubert, est pour les hommes une urce funeste d'endurcissement: » C’est ce qui explique l'alliance de ra a sensibilité exaltée à outrance et de la cruauté. Les Romains coufaient | ‘au cirque comme d’autres se plaisent aux exécutions capitales. De là | cette sensiblerie maladive du xvurre siècle et de la Révolution.
30 Pour le goût français : le romantisme, qui est la mise en système | | et en pratique de cette rupture, en excitant un besoin de couleur voyante “et d'émotion excessive, a dégoûté l'esprit français de la beauté calme et mesurée. Ce qui est d'un éclat tempéré parait terne, ce qui n’est pas. iolent semble morne. C’est le fruit naturel d’un développement anofmale 5 à Dorbide de P’imagination et de la sensibilité. re
des facultés esthétiques sera déployée dans une mesure proportionnéé à la nature des objets. Quand un artiste a reçu du dehors une impressi vraie et complète, il lui reste à exprimer cette impression dans son œuvres É L'expression devra être en parfait accord avec les caractères des objets : elle sera délicate ou forte, brillante ou sévère, simple ou grandiose, divers sement colorée ou chaleureuse, selon la nature des choses qu’elle ve rendre. l'observation de ce second article de la loi de proportion aura pour résultats deux grandes qualités artistiques : - 10 La variété qui, selon Bossuet, est « tout le secret de plaire » en effet comme les objets sont variés et comme chaque objet a aël Le aspects divers, si on les reproduit fidèlement, en sortira une œuvr e à variée comme eux. La : 20 Le naturel, car les choses ont été potes à leur vraie mesuré selon leur nature (17).
Les deux barrières, que nous opposons aux fougues désordonnée de l’imagination et de la sensibilité, sont : 19 la NATURE DE L'HOMME {— hiérarchie essentielle des facultés) ; 29 la NATURE DES CHOSES (= p 0portion des facultés aux objets). Ces règles, quoi qu’en disent V. Hs 0 et les romantiques, n’ont rien d’humiliant pour le génie, puisqu'elles reposent sur l’essence des choses ; elles n’enchaînent pas non plus son essor, car la puissance complète est au DE du respect de l'ordre. 4