PRINCIPE D’INDIVIDUATION
Les Scolastiques entendent par principe d’individuation la raison intrinsèque qui fait que chaque chose existante est singulière ou indivin duelle. Quelle est cette raison ? Un grand nombre, parmi les ancie Scolastiques, établissent une distinction entre les êtres immatériels les êtres matériels. Dans les premiers, l’essence et l’individualité s0 une seule et même chose. Dans les seconds, l’individualité diffère rée lement de l'essence, de sorte que l’individualité a certains éléments propres qu'on ne trouve pas dans l’essence. Le principe de leur indivi duation c’est maleria signata, c’est-à-dire la matière affectée d'u certaine quantité. Comme cette matière est, aux yeux de ces Scolastique l'unique principe de multiplication des individus dans la même espèce, il soutiennent que dans les esprits purs, qui sont immatériels, il y a autant d'espèces que d'individus (1). + de fe |
I faut admettre, au contraire, que toute chose existante est sin lière, non en vertu de quelque principe surajouté, mais par elle-mêm
En effet : 19 Si ce qui rend singulière une nature existante, se dis tinguait réellement d'elle, il s’ensuivrait que cette nature, considérée en elle-même, serait universelle. Or luniversel a parte rei Tépugne (Psycu., 140.) Donc une nature existante est individualisée par elle=" même. | RSS U.
29 Ce principe d’individuation surajouté est singulier ou par lu même, ou par le moyen d’un autre principe. Si c'est par un autre, il faut aller à l'infini, ce qui répugne. Si c’est par lui-même, il n’est donc pas nécessaire, pour qu’une nature existante soit singulière, de recourir à un autre déterminant qu’elle-même. ‘4
Cette maxime : La matière est principe d’individuation peut cepen* dant avoir une signification légitime. Elle est vraie en ce sens : 4
a) Que, la matière étant sensible, c’est d'elle que nous tirons les caractères qui nous servent à discerner les individus entre eux.
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(7) Cf. SuAREz, Disputationes Metaphysicæ, Disp. V. — Cependant sur la fin de sa vie, S. Thomas, dans l’'Opuscule De unitate intellectus, qui est de 1270, déclèra que ceux qui prétendent démontrer l'impossibilité pour Dieu de créer des esprits purs de la même espèce, argumentent d’une façon tout à fait rudimentaire ; Valde ruditer argumentant LA