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ORIGINE DES NOTIONS D'ESPACE ET DE TEMPS

réalité ; mais nous le concevons comme une étendue indéfinie.

IT. — Temps : on peut envisager le temps à deux points de vue : temps proprement dit, celui qui passe, qui est composé d’instants sucsifs ; — le temps qui dure, la durée, la permanence.

xpérimentales, à savoir les émotions, pensées et volitions qui se pro-

isent et se succèdent dans notre âme. Faisant abstraction de la diffé-

nce de ces états et ne retenant que leur caractère successif et leurs

pports de position, l'intelligence a l’idée abstraite du temps qui passe :

à relation qui résulte de la succession actuelle des phénomènes. Au delà

le ce temps réel la raison conçoit la possibibté indéfinie de successions trois positions : passé, présent, futur ; c’est le temps absolu.

ité et la persistance de son principe, du moi, Pesprit forme le concept

1 passe.

Le temps représente donc deux idées distinctes : les situations uccessives du devenir ; — et la permanence du lien qui unit entre eux

moments du devenir.

Les notions de l’espace et du temps sont mixtes, puisqu'elles contiennt un élément expérimental (la coexistence des corps, la succession es phénomènes et la persistance du moi), et un élément rationnel

ilité d’une coexistence, d’une succession et d’une persistance indéies.) Elles réclament donc pour leur formation le concours de la raison

de l’expérience (1).

Remarques : I. — Il ne faut pas confondre entre elles les notions Pespace, détendue, de vide, de lieu, de distance. | … 1) Espace : a) absolu ou imaginaire : c'est la possibilité d’une extension réelle indéfinie.

ence des corps réels. C’est une relation réelle, puisqu'elle a pour fonment la juxtaposition actuelle de corps existants. |

2) Étendue : c’est le fondement de l’espace ; l’espace y ajoute la notion de coexistence actuelle ou possible.

à taphysicæ, L, LI. — BALMÈS, Philosophie fondamentale, L. III, VII. — J. KLEUTGEN, Philosophie scolastique, Dissert. IV, Ch. 1v. — D. PALMIERI, Cosmologia, CET ATEN

ans Revue DE MérAPx. Er DE MORALE, 1898, p. 1-13.—L. TANNERY, La notion du temps, dans RVEUE PHILOSOPHIQUE, 1883, T. II, p. 592-595. — CH. DUNAN, Théorie psychologique V espace, Essai sur Les formes a priori de la sensibilité. — LECHALAS, 1 espace et Le temps.

On l'appelle : quelquefois imaginaire, parce qu'il n'existe pas dans

A) Temps proprement dit : la conscience nous fournit les dénnti |

B) Durée : en ne considérant dans la vie psychologique que l’immo-

temps qui dure, et qui relie entre elles les trois positions du temps :

raison perçoit les rapports de coexistence et de succession, la possi-

b) réel ou physique : c’est la relation actuelle qui résulte de la coexis-

PP et lé Temps : ARISTOTE, Physique, Li. TIT, IV: — SUAREZ, Disnititie

— J.-M. Guyau, La genèse de l’idée du temps. — H. Poincaré, La mesure du temps, Se

3) Vide ? absence de corps dans une portion Ps de l'espa capable d’en recevoir. 3 4) Lieu : a) absolu ou À c’est une portion déterminée et immobile de l’espace absolu. “4 b) relatif ou extrinsèque : c’est la surface du corps ambiant. Ce est. ainsi que la surface intérieure du vase est le lieu de l’eau qu’il contient (2). 5) Distance : c’est la relation entre les limites d’un espace détermi Elle implique la négation de contiguité dans l’espace. IT. — Il faut distinguer les notions de lemps et de mouvement. … 1) Mouvement proprement dit : c’est le passage du mobile d’une partie de l’espace à une autre (2). À 2) Temps proprement dit : c’est le nombre de successions de l'aval | et de Paprès dans le mouvement (#). C’est une durée successive, où ro peut distinguer l'avant et l'après, le passé et le futur. Le présent, 1e nunc temportis, c’est la limite entre le pagsé et le futur. Telle est la notion du temps intrinsèque à l’être dont l'existence est successive. ; 4 Le temps et le mouvement sont deux aspects différents de la même réalité. Quand nous avons l’idée du mouvement, nous concevons d’abord le passage du mobile d’un lieu à un autre ; quand nous formons l’idées de temps, ce qui vient immédiatement à l'esprit c'est le nombre des successions de Pavant et de l’après dans le mouvement. “4 Le temps extrinsèque c est la durée constante et uniforme d’un mou | vement choisi comme mesure des autres mouvements ({).

Co) ARISTOTE (Physique, He TV 0: IV, $ 12, Édit. Dipor, T. II, p. 290) : To ro0.

| TEQLEOVTOS TÉDAG dxiVNnTOY TUTO, ToÙt Ectiv TOTOS. PALMIERI montre très bien pour- à

quoi dxtvntov (immobile) doit être retranché de la définition du lieu extrinsèque. Cf. Cosmo logia, C. 1, Th. VIII, p. 66, $ Si vero corpus. %

(és) La définition célèbre d’Aristote : Actus existentis in potentia, quatenus est “tale.

H'Toù duvéuer dvros évrehéyerx, h rouobrov, xivnols Étt (Physique, LIL, C. 1, $< Dior, T. II, p. 273) est très générale : elle convient à toute espèce de changements et pas” seulement au mouvement, qui est le changement local. (Cf. PALMIER:I, Cosmologia, Th. XI,« p. 82 et Seq.). — P. DUuHEM, Le mouvement absolu et le mouvement relatif, 16 articles ge la REVUE DE PHILOSOPHIE, de 1907 à 1909, Tomes XI à XIV.

(5) C’est la définition d’Aristote : ‘O L00v0oS otBuos à ÉOTL XLVNGEUDS XATU TO robrepovxat Üorecoy (Physique, L. TV, C. xt, 8 12. DipOr, T: El p.302: CL PALMIERI, Cosmologi ” Th. XII, p. 93 et seq.). 4

(a) Nous nous bornerons à mentionner le livre d’ DIN ER : La Théorie de la Relatiei restreinte et généralisée (Paris, 1921), où il soutient que l’ espace et le temps sont des entités. essentiellement relatives. Cette théorie, en effet, est encore contestée du point de vue” Scientifique. Beaucoup estiment en outre que la Philosophie n’y est pas intéressée. « .:. Il est” vain d'emprunter aux théories d’Einstein des armes contre la métaphysique du temps ets de l’espace. Il ne s’agit pas des mêmes choses. » C’est l'opinion de LUCIEN FABRE, cité par D. Nys, qui ajoute : « Tel est notre avis.» (La Notion d’ espace,$ 146, p.323). — Voir, dans un sens opposé, H. REICHENBACH, La signification philosophique de la théorie de la

Relalivité, dans REVUE PHILOSOPHIQUE, 1922, T. II, p. 5-61. — Cf. En. GoBLOT, Einstein et la Métaphysique. Ibidem, p.135-152. __ Em. RICHARD - Foy, Le Temps et l'Espace du Sens commun el les Théories d'Einstein, Ibidem, p. 153-200. — H. BERGSON, Durée el Simul-

tanéilé, à propos de la Théorie d’ Einstein, Paris, 1922 4998:€ < T4

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