LES CAUSES FINALES
C’est l'argument qu’on nomme téléologique (rés, fin) ou physicoologique. Il ressemble à l’argument cosmologique en ce que, comme li, 1l considère le monde dans son ensemble ; mais il en diffère par Em anière de le considérer : dans l’argument cosmologique on envisage existence des choses en général, tandis que, dans le AO ere OIL ivisage leur manière d’être. ù Cette. preuve est dite preuve des causes finales, non pas parce qu elle ; s'appuie sur le principe de finalité : Tout a un but ; maïs sur le fait de :
| cette distance infinie. 7 1 même difficulté revient pour le temps. Si le temps n’a pas ner : ù ncé, un nombre infini de jours, d'années, de siècles se serait écoulé jusqu'ici ; mais un
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Fénelon (Traité de l'existence de Dieu...), Bossuet (De la connaissance. de Dieu...) ;
moyens à une fin. Or cette adaptation paraît dans les trois règnes de I
larité dans l’apparition et la disparition des choses. » (1).
lordre qui existe dans le monde. Le principe. sur lequel dite: repose, à cest le principe de raison ou de causalité. Il s’agit en effet de conclure d’un certain effet, qui est l’organisation de la nature, à une cause ou M raison suffisante de cet effet, laquelle ne peut être qu’une volonté « intelligente. 1e A) Exposé : cette preuve a été souvent invoquée : vg. par Socrate (Mémorables), Cicéron (De natura deorum), Sénèque, (De Beneficiis),.
L'ordre est l’œuvre d’une cause intelligente.
Or le monde montre partout de l’ordre.
Donc le monde est l’œuvre d’une cause intelligente. |
Preuve de la majeure : étant donné un système de moyens et de fins, la seule raison de cet effet est une cause intelligente. Dans un tel système, la fin, c’est-à-dire l'effet futur, détermine les moyens, c’'est-"
à-dire les causes présentes. Il suppose donc une intelligence capable
: prévision et de volonté ue 184, 185). +
Preuve de la mineure : : l'ordre est l'adaptation systématique des.
nature. Dans le monde inorganique, la finalité est encore voilée, mais elle. éclate dans le monde des vivants. Kant le constate en ces termes « Le monde actuel nous offre un si vaste théâtre de variété, d'ordre, dem finalité et de beauté que... toute langue est impuissante à traduire son“ impression devant tant et de si grandes merveilles. Nous voyons partout une chaine d’effets et de causes, de fins et de moyens, une régu
B) Objections : 10 L’ordre du monde s’explique par le hasard et les combinaisons fortuites des atomes. C’est l’objection de l’Aromisme. — Cf. Réfutation (Psvon., 185, IT, C. — Znfra, 86).
20 L'ordre du monde s explique par les causes a sans qu 1 soit nécessaire de recourir aux causes finales. — Cf. Réfutation (Psy. ‘4 485, 11,:C) :
30 Qui prouve que cette intelligence ordonnatrice soit transcendante à l'univers ? N’est-elle pas immanente aux choses comme le soutiennen les Panthéistes ? — Cf. Réfutation (88, $ B).
C) Critique et portée de cette preuve. — « Get argument, mérite toujours d’être nommé avec respect. C’est le plus ancien, le plus clair, le plus approprié à la commune raison... Ge serait donc no seulement nous priver d’une consolation, mais encore tenter l’impos sible que de vouloir enlever quelque chose à l'autorité de cette préurars »
(1) KanrT, Critique de la raison pure : Dialectique transcendantale, L. I; Chr sect VI, 1 Traduction TREMESAYGUES, p. 509. ;
Dal
W le repos », elle « ne peut jamais à elle seule démontrer l’existence d’un
… 1° Cet argument prouve bien, contre les matérialistes, l'existence: ;. d’une intelligence supérieure ; mais il ne prouve pas qu’elle est infinie, L parce que l’ordre et la beauté de la nature n’impliquent pas évidemment un artinfini. | | 20 Il prouve l'existence d’une cause ordonnatrice de la matière. On sait que pour les anciens, pour Platon notamment, le rôle de cette:
intelligence suprême s’est borné à coordonner une matière préexistante..
… conclut à l'existence d’un Dieu architecte et non d’un Dieu créateur de l'univers. , | 30 Enfin 1l ne démontre pas l’unité absolue de cette intelligence:
faveur d’une intelligence unique ; mais ce n’est pas une raison péremptoire, car tout l’univers ne nous est pas connu ; et, de plus, pourquoi cette unité de plan ne serait-elle pas l’œuvre de plusieurs intelligences … finies qui se seraient entendues pour le réaliser ? ë
prise absolument, elle ne prouve pas que la cause ordonnatrice du monde est créatrice, infinie, unique. On doit faire au sujet de cette intelligence Supérieure le raisonnement suivant : ou bien elle a en soi sa raison suffi-
où bien elle est ab alio, contingente. Si elle est ab alto, la question reparait Jusqu'à ce qu’on arrive à une cause première, nécessaire, éternelle, puisque la progression à l'infini répugne. Il reste done à montrer quecette cause première, nécessaire, éternelle, intelligente, est créatrice, infinie, unique (76). k