LE CONSENTEMENT UNIVERSEL
… Cependant, si cette preuve conduit « à une foi qui est suffisante pour
'} Être suprême » (?). On peut en effet formuler certaines réserves : Lee
Il ne prouve donc pas qu’elle est en même temps créatrice. Cet argument
ordonnatrice. Sans doute, tout ce que la science nous apprend de l’univers témoigne de l'unité de plan. C’est là une très forte présomption en
Cette preuve à en effet besoin d’être complétée, car par elle seule,
sante ou elle l’a dans un autre être ; c’est-à-dire elle est « se, nécessaire, …
. Une croyance universelle, qui ne provient ni de l'illusion des sens, È “n1 de l’influence des passions, ni des préjugés, ni de l'ignorance, ni de . la superstition, ni de l'éducation, qui n’est pas une invention des légis-.
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Or telle est l’idée de l'existence de Dieu, attestée. par e; consentement universel des hommes. Ar È à
Donc Dieu existe. |
Preuve de la majeure : elle s’appuie sur le principe 1h räison. Il serait inexplicable qu’une croyance revêtue de tels caractères fût fausse, car ce serait un effet sans cause ; elle n’aurait pas sa raison d’être.
Preuve de la mineure : on peut alléguer le témoignage : RE L A) Des aneiïens : ve. CrcéroN (1): «Iln’y a pas de peuple assez | sauvage pour ignorer qu'il y a un Dieu. » — PLUTARQUE : « On rencontre des villes sans murailles, sans lois, etc., mais une ville sans temples, sans religion, sans dieux, c’est ce qu’on n’a jamais vu », ete., etc. (?)..
B) Des modernes : après l’étude « consciencieuse » de toutes les ” races existantes, À. DE QUATREFAGES conclut ainsi son enquête :. « L’athéisme n’est nulle part qu’à l’état erratique. Partout et toujours ! la masse des populations lui a échappé ; nulle part, ni une des grandes races humaines ni même une division quelque peu importante de ces ; races n’est athée (3%). » Et ailleurs : « J’ai cherché l’athéisme avec le. plus grand soin ; je ne l’ai rencontré nulle part, si ce n’est à l’état erratique, chez quelques sectes philosophiques des nations les plus ancien-w nement civilisées… (*). » Cette croyance universelle, constatée par lesw historiens et les voyageurs, se retrouve dans les langues, dans les chants : populaires, dans les poèmes, dans les lois, dans les monuments dew toutes sortes.
Elle ne peut d’ailleurs provenir de :
19 Jllusion des sens, incapables d'atteindre un pareil objet.
20 Jnfluence des passions, intéressées à supprimer plutôt qu’à inventer \ à Dieu. î 39 Préjugés, qui varient avec les nations, ee temps, les lieux ; OT cette croyance est persistante,
40 Jgnorance, car cette croyance est plus précise chez les peuples civilisés que chez les sauvages ; elle s’épure avec la civilisation.
50 Crainte superstitieuse : Primus in orbe deos fecit timor (PÉTRONE)." | — On comprend la crainte comme un effet, non comme une cause de” cette croyance ; c’est un sophisme qui prend l'effet pour la cause. II" faudrait plutôt renverser cette parole et dire : Von deos, sed aiheos fecit timor. au j
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# 4 (1) CICÉRON, Tusculan. Disput. L. I, $ XIII. Cf. De Legibus, L. I, $ VIII. — PLUTAR QUE, Adversus Coloten epicureum, $ XX XI. # (?) V. CATHREIN, Die Eïinheîit des sittlichen Bewusstseins der Menschheit, 3 vol., Fribourg-. 4 en-Brisgau, 1914. | ($) A. DE QUATREFAGES, L'Espèce humaine, Ch. xxxv, $ IV, p. 356, Paris, 18784. ; (*) A. DE QUATREFAGES, Introduction à l'étude des races humaines, Part. I, Ch. XIE p. 254, 2° tirage, Paris, 8. d. x