‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 604 sur 761 · __ LE CONCOURS DIVIN · texte numérisé non relu

__ LE CONCOURS DIVIN

Le concours divin consiste dans la coopération de Dieu aux actio :

19 Médiat : il consiste à donner aux créatures et à leur conserver les forces et tout ce qui leur est nécessaire pour agir. La nécessité de cl concours résulte du fait même de la création et de la conservation. 4

29 Immédiat : il consiste dans la coopération donnée par Dieu au actes mêmes des causes secondes, c’est-à-dire aux effets produits pal elles. La nécessité d’un tel concours est manifeste : autrement il y aurai

dans le monde, des choses ayant un certain degré d’être et de perfection

à savoir ces actes ou effets des causes secondes, qui existeraient indépenÿ damment de Dieu. Dieu alors ne serait plus la causé première infinie. #

Concours immédiat de Dieu aux actes libres. -— L'acte libre de la volonté est celui par lequel elle se détermine elle-même, en ayant Ie pouvoir d’agir autrement. La question à résoudre se pose ainsi : Comment

Réponse. — 10 I] ne peut être une prédétérmination ou prémotion, car la prédétermination ou prémotion est incompatible avec la liberté (82, $B, 1). | Ë

29 Il est la continuation du concours médiat qui donne et conservé à la volonté la puissance et les moyens d'agir. Ce concours devient immédiat et simultané par rapport à l’acte de la volonté, dès que celle-ci opère. Un tel concours respecte la liberté humaine, parce qu’en tant que médiat il laisse la volonté indifférente à faire ceci ou cela ; en tant qu'immédiat, au lieu de précéder la détermination de la volonté comme la prémotion, il l'accompagne : il ne la détermine done pas ; mais, aidée par lui, la volonté se détermine elle-même. Cette simultanéité de l’action humaine et de la coopération divine sauvegarde donc la liberté de la détermination. Le concours médiat et le concours immédiat sont le

même concours, auquel on donne des noms différents, selon qu’il se

fin Aa . LE GOUVERNEMENT DU MONDE 629

pporte à la volonté prête à agir ou agissante. De même que la conserfation est la création continuée, le concours immédiat peut être dit le foncours médiat continué, puisque c’est la même volonté efficace de: Dieu, conservant la volonté prête à agir, qui la soutient quand elle agit. & On peut illustrer la théorie du concours simultané par l'exemple de la mère aidant son petit enfant à marcher. L'enfant se meut en vertu de sa force locomotrice ;: mais il a besoin d’être dirigé et soutenu par l’action

maternelle, de sorte que la cause adéquate de la marche est la vertu.

lcomotrice de l'enfant et le soutien prêté par la mère. C’est pourquoi, quand l'enfant se meut, ce mouvement provient aussi de la mère, laquelle evient alors cause immédiate du mouvement en même temps que la force locomotrice de l'enfant, puisque celui-ci ne peut se mouvoir et

Marcher qu'âvec l’aide maternelle. Mais le concours de la mère soutenant,

les pas de l’enfant ne les détermine point, bien qu’ils ne soient faits que pendamment de lui (?).

ere

Page 1