‹ Traité de philosophie 1923Chapitre 619 sur 761 · LA” D · texte numérisé non relu

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s { (*) SCHOPENHAUER, Le Monde comme volonté et comme représentation, Livre IV. |

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6 Réponse : il est aussi la source des plus grands biens et des plus jures jouissances.

ous les êtres le dé de vivre. Mais vivre, c’est faire effort ; faire effort, est souffrir.

n obstacle insurmontable à ses tendances (Psycx., 19, $ A). b) Quant à la volonté qui gouverne la vie, elle n’est pas absurde,

i c’est par la volonté qu’on veut expliquer l’existence du mal, c’est par la Rrolonté humaine qu’il faut le faire.

| $ H. — LE PESSIMISME RELATIF ; À côté de la volonté, dont parle Schopenhauer, Hartmann place

I S ae.

Taux désordonnés que lui fournit la volonté (1). Il y a dans le monde

lement mauvais ; il est seulement pire que le néant. Pour faire le an des biens et des maux, Hartmann expose trois manières de conceir la vie humaine : ce sont trois rêves de bonheur, sans bonheur réel. Premier rêve : ce serait le bonheur en cette vie, par le développement nos facultés. C’est l'erreur du paganisme. En effet, le patriotisme, le vouement, la gloire, l’amour, tout cela est illusion, folie, douleur.

u-delà céleste. C’est la conception du Christianisme ; mais cet au- delà iste pas.

, Troisième rêve : ce serait le bonheur indéfiniment croissant de l’'huma-

pement de la pensée, plus la pensée sera parfaite, plus l’homme sera

ismus.

III. — L’absolu, qui produit tout sans but et sans raison, inspire à.

Réponse : a) L’effort ne produit la souffrance que quand il renCON ES

iais raisonnable, comme le prouve l'harmonie des lois de la nature.

linconscient, sorte d'idée qui s’ignore et qui tâche de disposer les maté-.

principe bon à côté d’un mauvais. Le monde n’est donc pas essen-

Second rêve : ce serait le bonheur de l’individu dans l’autre vie,

future, auquel lindividu sacrifierait son bonheur actuel. C’est le re de certains libres penseurs. Mais le progrès s’obtenant par le déve-

note car alors il comprendra mieux et sentira ie son +

Le bilan du Pessimisme est établi d’une façon arbitraire : il rejette ‘ ei ffet de parti pris toutes les joies. De plus, si la vie présente est une et une arène, sl elle n’est que l’élaboration d’une vie future, parfai=

es . HARTMANN, Philosophie de l’Inconscient, III° Partie, $ XII saq: Trad. D: NOLEN, T. IL, p. 337 sqq., Paris, 1877. — Zur Geschitche und Begründung des Pes-

tement heureuse, l’immortalité de l’âme et Pécpbrane du bonheur sont une réponse péremptoire aux allégations du Pessimisme.

L’Optimisme et le Pessimisme absolus aboutissent lun et l’autre à des conséquences désastreuses : l'Optimisme, parce que pour lui le mal n’existe pas; le Pessimisme, parce qu’il le déclare indestruc— tible. :

A). — Optimisme absolu : si le monde est le meilleur possible, il n’y a qu’à absoudre le mal, ou plutôt à le confondre avec le bien. Les désordres de toutes sortes, la souffrance, la mort, l'ignorance, le vice, le crime tout est justifié, tout est admirable dans P œuvre de Dieu. Cette doctrines a des conséquences désastreuses : s

1° Elle aveugle l'intelligence, à qui elle ôte le discernement du bien. et du mal. 1

20 Elle énerve la sensibilité : si on est à l'abri du besoin et de la souffrance, on se désintéresse des misères de l’humanité, parce que, ne les sentant pas, on croit facilement qu'elles n'existent pas, comme le prétend l’Optimisme.

3° Elle énerve la volonté, en lui enlevant : ê

a) Toute initiative : à quoi bon agir et faire effort ? Si tout est bien: laissons faire la Providence. 4

b) Toute responsabilité : quoi qu'on fasse, ce sera toujours bien. % Cette doctrine aboutit donc au fatalisme et. à l'inaction. B). — Pessimisme absolu : il conduit aussi, par une voie opposée, s | aux mêmes conséquences. En effet : j 10 ZI confond le mal avec le bien. À

20 Il éteint en nous l'amour du bien.

30 La conviction, que tout est irrémédiablement mauvais, tend! à paralyser l'effort, engendre l’inertie et quelquefois le déses-2

| poir. |

C). — Optimisme relatif : si l’on fait intervenir l’Optimisme vrai, c’est-à-dire relatif, tout change. Il admet l’existence du mal, car, étant donné que tout être créé est imparfait et sujet à défaillir, une certaines quantité de mal est inévitable. Mais il admet aussi que la vie présente est bonne, que le bien l'emporte sur le mal, que la perfection du mondes dépend en partie du libre arbitre. Nous pouvons donc travailler à accroître ou à diminuer cette perfection, selon l'emploi que nous faisons de notre vie. Le devoir consiste à bien user de notre liberté pour faire reculer de plus en plus le mal devant les progrès du bien et rendre ainsi le monde, meilleur de jour en jour. Le véritable Optimisme aboutit donc à l'action ; l’homme doit faire tout ce qui est en lui et abandonner. le reste à la Providence, selon la mâle exhortation du grand Cor neille : 4

Faites votre devoir et laissez faire à Dieu!

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Complément bibliographique

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