A. — DÉFINITION DU MÉRITE ET DU DÉMÉRITE
On peut envisager le mérite ou le démérite :
L ^ — En eux-mêmes, et alors on en définit la nature : le mérite, c'est l'accroissement volontaire de notre valeur morale ; le démérite, c'est la diminution volontaire de cette valeur. Tous les êtres ont été créés dans un état de perfection relative. Mais l'homme a le privilège d'être perfectible : il peut, par l'eiïort de sa volonté libre, ou bien s''élei>er au-dessus de la perfection qu'il a reçue et s'approcher de plus en plus de l'idéal moral ; ou bien descendre au-dessous. Notre valeur morale est donc susceptible de hausse ou de baisse.
II. — Dans leurs conséquences, leurs rapports avec la sanction : alors le mérite ("fst le droit au bonheur ; le démérite c'est le droit au malheur. Avant l'action, la conscience affirme que le bien est distinct du mal, qu'il faut faire le bien, que nous pouvons exiger les moyens d'accomplir le devoir. Après l'action, elle affirme que l'action bonne est digne de récompense, que l'action mauvaise est digne de châtiment (9).
Ce dernier jugement moral est, comme les premiers :
a) Nécessaire : la vertu sans récompense et le vice impuni constituent aux yeux de la raison un désordre : cela est, mais ne doit pas être.
b) Absolu : nous le portons indépendamment des résultats ; non souiomont quand la vertu est honorée et le vice flétri, mais encore et surtout, quand la vertu est persécutée et le vice triomphant.