‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 127 sur 604 · LA VERTU : PLATON · texte numérisé non relu

LA VERTU : PLATON

admettre cette doctrine quand il dit : « Il suffit de bien juger pour bien faire et de juger le mieux qu'on puisse pour faire aussi tout son mieux (^). »

B) Critique : I. ^ — Part de vrai : 1" Souvent le mal a sa cause dans l'ignorance ; il suffit parfois d'éclairer l'intelligence pour redresser la volonté. Certaines coutumes ont été en honneur chez les barbares, vg. sacrifices humains, parce qu'ils n'en voyaient pas la malice.

2° La connaissance du bien et du mal est une condition essentielle de la moralité et par conséquent de la vertu. Il n'y a vertu qu'autant que la conscience de l'agent est éclairée et qu'il connaît la valeur morale de ses actes. Mieux on comprend l'importance et la beauté du devoir, plus on est porté à l'accomplir ; plus on mesure les conséquences de ses actes, plus la responsabilité et, par conséquent, le mérite et le démérite augmentent.

IL — Part d'erreur : 1° Socrate ne dit pas seulement que la science du bien est une condition nécessaire de la vertu, mais une condition suffisante ; il identifie la science et la vertu. Il ne suffit pas de connaître son devoir pour le faire, il faut encore Vaimer et surtout le vouloir. C'est un fait d'expérience que l'homme pèche en sachant qu'il commet le mal. Souvent l'homme est tiraillé entre, les biens sensibles et le bien rationnel ; il voit clairement que celui-ci doit être préféré et cependant il se laisse entraîner par les impulsions de la sensibilité. (Psych., 209, §11).

2^ Si la volonté est déterminée nécessairement par la connaissance, que deviennent la liberté eit la responsabilité ? Cette doctrine aboutit donc au déterminisme rationnel (^).

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