DEVOIRS ENVERS LES ANIMAUX
Certains philosophes, comme Damiron (^), Paul Janet (2), ajoutent aux devoirs précédents les devoirs envers les animaux et envers les choses. Cette addition :
I. ■ — Est sans fondement : les animaux ne sont pas des personnes, mais des choses (Fs. 200). qui doivent servir au bien de l'homme. N'ayant ni raison, ni liberté, ils n'ont aucun droit ; et par conséquent ils ne peuvent être l'objet d'aucun devoir, car le droit suppose un devoir corrélatif (53, § B).
II. — Est funeste dans ses conséquences : s'il est vrai que les animaux ont des droits, ils ne peuvent être traités comme des moyens; ils doivent être assimilés aux personnes. Il devient par là même illicite de se nourrir de leur chair, de se vêtir de leurs dépouilles.
III. — Est inutile : nous ne devons pas abuser de la nature inanimée et encore moins des animaux ; mais le principe de cette obligation n'est pas dans les choses ni dans les animaux ; il est dans le bien, dans la loi naturelle, qui exige que nous agissions en tout comme des êtres raisonnables. Les animaux sont faits pour l'utilité et l'agrément de l'homme ; c'est ce qui ressort de leur nature, inférieure à la nôtre et par conséquent subordonnée. Nous pouvons donc nous en servir, pourvu que l'usage soit conforme à la raison, c'est-à-dire nous soit profitable ou agréable, dans la mesure où la recherche de l'utilité et de l'agrément est permise (30, 31). Ainsi nous n'avons pas, à proprement parler, de devoirs envers les animaux, nous en avons envers nousmêmes à l'égard des animaux : nous nous devons à nous-mêmes de ne pas en mésuser (^). C'est ainsi que Dieu n'a pas de devoirs envers ses créatures, mais il se doit à lui-même, à ses perfections, de leur accorder tel ou tel bienfait.