ORDRE HIERARCHIQUE DES LOIS
f I, — Ordre essentiel des choses : en remontant aussi haut que possible dans la série logique des choses, nous trouvons, avant tout. Vessence de Dieu, Dieu lui-même. — Après l'essence de Dieu viennent les essences des êtres possibles hors de Dieu. Leur possibilité se fonde sur leurs rapports de similitude avec l'essence divine, dont ils ne sont que des imitations plus ou moins parfaites. — Après les essences des êtres
' distincts de Dieu, on conçoit leurs relations invariables découlant de leurs essences mêmes. L'ensemble de ces relations, dérivant de l'essence même des êtres, constitue Vordre essentiel, l'ordre fondé sur la nature des choses, comme la nature des choses est fondée sur la nature même de Dieu.
II. — Loi éternelle : cet ordre essentiel. Dieu le voit, car il est ; vrai ; Dieu le veut, car il est bon. En tant que vu et voulu par Dieu, j en tant qu'imposé à tout être, cet ordre devient loi : c'est la loi éternelle. : éternelle comme la pensée, le vouloir et l'essence même de Dieu. Saint j Augustin la définit : Ratio divina vel voluntas Dei ordinem naturalem
conservari jubens et perturbari vetans (^). C'est la raison ou la volonté divine prescrivant de suivre l'ordre naturel et défendant de le troubler.
III. — Loi naturelle : cet ordre essentiel des choses, cette loi éternelle, en tant qu'ils se manifestent et s'imposent à la conscience morale, constituent la loi naturelle ou loi morale. On voit donc que la loi morale a pour fondement immédiat la nature raisonnable de l'homme, et pour fondement dernier la nature même de Dieu sur laquelle reposent, en définitive, toutes les essences (46, § B).
(M S. Augustin, Contra Faustum, L. XXII, C.xxvit. Cf. De Libero Arbitrio.L. I,C.vi.