LE DOGMATISME : ARGUMENTS INDIRECTS
quence logique. Alors la science, qui va du particulier au général, devient impossible : le savant n'est plus qu'un vulgaire empiriste qui dresse des catalogues de faits individuels plus ou moins incomplets.
II. L'attitude du positiviste n'est pas logique : il a beau vouloir se confiner dans Texpérience, on le prend en flagrant délit de Métaphysique. Car, dans l'emploi de l'expérimentation, de l'induction et de la déduction, il applique spontanément les principes premiers de la raison. Le Positivisme est « un dogmatisme sans critique. Il pose des thèses sans les établir, et ces thèses sont telles qu'il ne saurait en faire la preuve sans les abandonner » (^).
IIL — Le positiviste a beau, quand on l'accuse de matérialisme et d'athéisme, se récrier et faire valoir sa neutralité : en pareille matière, la neutralité n'est pas tenable. En cherchant à expliquer les phénomènes sans la substance, l'homme sans l'âme et la nature sans Dieu, il mène logiquement au phénoménisme qui repousse la substance, au matérialisme qui rejette l'àme, et à l'athéisme qui nie Dieu.
ARTICLE m. — LE DOGMATISME
Le Dogmatisme (de ^oy-y-aTi^w, j'affirme) ne peut se démontrer directement sans pétition de' principe, car l'esprit ne peut démontrer qu'il est capable de connaître la vérité sans présupposer cette capacité ; mais, nous l'avons vu, toutes les vérités n'ont pas besoin de démonstration. Il en est (et la capacité de la raison est de celles-là) qui s'imposent par leur évidence. Cependant, sans donner une démonstration impossible, on peut apporter des raisons d'adhérer au Dogmatisme.