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CARACTÈRES DISTINCTIFS DU VIVANT

Vita in motu, disaient les Anciens. L'activité et le mouvement sont des signes de la vie, quand ils sont revêtus de certains caractères, car la matière est, elle aussi, susceptible de mouvement. Le propre du mouvement vital est d'être spontané et immanent.

(M On trouvera le texte complet de la Lettre de Pie IX dans la Revue des Sciences ecclésiastiques, 1877, T. II, p. 85-87 ou dans Zigliara, De Mente Concilii Viennensis..., n. 251, p. 191-193, Rome, 1878.

A) Spontanéité : l'activité de l'être inorganique lui vient du dehors, car, de lui-même, il est inerte. Le mouvement vital au contraire a sa source au dedans : motus ah intrinseco. L'être vivant se meut lui-même : voilà pourquoi Platon et Aristoté l'appellent auTo>ci'vr,Toç, xivnats êauTr,v

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B) Immanence : le mouvement de l'être inorganique est transitif : ayant son principe à l'extérieur il a aussi son terme au dehors. Ce mouvement mécanique traverse l'être sans le perfectionner. L'activité vitale (vg. se nourrir) a pour but au contraire la conservation et le progrès de l'être vivant ; elle demeure {ùrimanet) en lui. Le vivant est à la fois le principe et le terme du mouvement vital. On peut donc définir la vie : Vactivité immanente par laquelle un être organisé est capable de se nourrir, de s'accroître et de se propager (Psych., 13, III).

Voilà le fait. Il faut en rechercher la cause. La question à résoudre est celle-ci : Quelle est la cause de la vie ? Qu'est-ce que la force vitale ? Le Mécanisme, TOrganicisme, le Titalisme et l'Animisme sont les diverses réponses données à cette question.

A) Exposé : 1° C'est l'opinion de Descartes et de Malebranche. Elle est la conséquence logique de la théorie cartésienne sur l'essence de l'àme et l'essence de la matière. L'àme, « dont la nature n'est que de penser «, reste étrangère à la vie organique. La matière ne consiste que dans l'étendue, modifiée par le mouvement. La matière organisée ne se distingue par aucune propriété spéciale de la matière brute. Le vivant diffère de l'être inorganique uniquement par la disposition des éléments matériels qui le composent et par les mouvements qui en résultent. Les phénomènes vitaux se ramènent donc à des phénomènes physicochimiques. La plante et l'animal sont des machines perfectionnées.

2» Cette théorie a été reprise et complétée par les évolutionnistes modernes qui allèguent, en sa faveur, la composition de certaines substances organiques : vg. la synthèse de l'urée par Wôhler, la reconstitution des graisses par Berthelot.

3° On a aussi quelquefois invoqué en faveur de cette théorie les ressemblances entre le fonctionnement de la machine à vapeur et les fonctions de la vie animale.

B) Critique : 1^ En admettant que les forces physico-chimiques soient suffisantes pour produire certains })hénomènes élémentaires qu'on rencontre chez l'être vivant, vg. l'ascension de la sève, l'irritabilité des tissus, elles sont incapables de produire certaines opérations plus complexes, comme la formation des individus ; « ...11 est clair, dit Cl. Bernard, que cette propriété évolutive de l'œuf qui pi-oduira un oiseau, un poisson

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ou un serpent, n'est ni de la physique, ni de la chimie (^). ■> Il y a là l'action d'une force dirigeant le développement dans tel sens plutôt que dans tel autre. C'est « l'idée directrice de l'évolution vitale » {^) ou « force évolutive de l'être » (').

2o L'analyse chimique a démontré qu'il n'y a pas, dans la matière organisée, d'autres éléments que ceux contenus dans la matière inorganique. Comment se fait-il donc que la science, qui reconstitue les substances inorganiques, soit impuissante à produire de la matière vivante, un tissu végétal, une cellule ? N'est-ce pas une preuve que la synthèse vitale s'effectue sous l'action d'une force spéciale, distincte des forces matérielles ? — On ne peut apporter comme argument la synthèse des substances organiques opérée par les chimistes, car la chimie n'a jamais pu reproduire le moindre vestige qV organisation, mais seulement les matériaux de la synthèse vitale.

3° Ceux qui établissent un rapprochement entre l'animal et la machine à vapeur font une comparaison très boiteuse, car ils oublient qu'à la différence de la machine le vivant s'organise lui-même et répare ses forces, dirige et coordonne ses mouvements sponte sua.

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