‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 511 sur 604 · LA CONSERVATION · texte numérisé non relu

LA CONSERVATION

C'est l'acte par lequel Dieu maintient toutes choses dans l'existence. Dieu, qui a créé toutes choses, agit aussi pour tout conserver.

L — La créature, n'étant pas le principe de son existence, reste tout aussi contingente, après l'avoir reçue qu'auparavant. Sortie du néant par un acte de la volonté souveraine, elle y retomberait à tout instant si le même acte ne lui conservait l'existence. La conservation des créatures n'est que leur création continuée (^).

IL — Si, une fois créée, elle existait par elle-même, la créature deviendrait, dans le cours de sa durée, indépendante et absolue, ce qui ne répugne pas moins à son imperfection essentielle qu'à l'infinie perfection de son auteur, de qui tout doit dépendre partout et toujours.

Il ne faut pas comprendre la conservation comme Malebranche : il la conçoit comme une création continuellement renouvelée^ comme si les êtres, annihilés à chaque instant, étaient sans cesse retirés du néant par Dieu. — Cette conception revient à V occasionnalisme déjà réfuté (57).

De même que Dieu crée en voulant qu'une chose existe, ainsi il conserve en voulant que cette chose persévère dans l'existence. La conservation est donc une création continuée en ce sens que l'acte de la volonté

(M Descartes, MédHalions, \\l'

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