LE PESSIMISME
C'est une maladie aussi ancienne que l'humanité comme disposition de l'esprit. On en trouve des traces chez tous les peuples, spécialement chez les Hindous, dans la rehgion bouddhiste. Mais c'est un mal moderne dans sa forme systématique et savante. Ce n'est pas le mal du siècle, chanté par Chateaubriand et Byron ; en eux, c'est le poète qui souffre et non pas l'humanité. Le pessimiste au contraire s'oublie lui-même pour ne penser qu'aux douleurs de l'humanité. Il s^occupe non de ses souffrances, mais du mal absolu, objectif, maître de toutes choses. C'est ainsi que l'ont compris Leopardi, M™^' Ackermann, c'est ainsi que Schopenhauer et Hartmann l'ont systématiquement exposé en Allemagne. Ce monde est le rendez*vous de tous les maux, la vie est une plainte continuelle, l'univers est l'œuvre d'une volonté absurde. Mais on peut aussi distinguer un Pessimisme absolu et un Pessimisme relatif. Schopenhauer représente le premier, Hartmann, le second.