‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 529 sur 604 · II. — LE PESSIMISME RELATIF · texte numérisé non relu

II. — LE PESSIMISME RELATIF

A côté de la volonté, dont parle Schopenhauer, Hartmann place l'inconscient, sorte d'idée qui s'ignore et qui tâche de disposer les matériaux désordonnés que lui fournit la volonté (^). Il y a dans le monde un principe bon à côté d'un mauvais. Le monde n'est donc pas essentiellement mauvais ; il est seulement pire que le néant. Po.ur faire le bilan des biens et des maux, Hartmann expose trois manières de concevoir la vie humaine : ce sont trois rêves de bonheur, sans bonheur réel.

Premier rêve : ce serait le bonheur en cette vie, par le développement de nos facultés. C'est l'erreur du paganisme. En effet, le patriotisme, le dévouement, la gloire, l'amour, tout cela est illusion, folie, douleur.

Second rêve : ce serait le bonheur de l'individu dans l'autre vie, l'au-delà céleste. C'est la conception du Christianisme ; mais cet au-delà n'existe pas.

Troisième rêve : ce serait le bonheur indéfiniment croissant de l'humanité future, auquel l'individu sacrifierait son bonheur actuel. C'est le rêve de certains libres penseurs. Mais le progrès s'obtenant par le développement de la pensée, plus la pensée sera parfaite, plus l'homme sera malheureux, car alors il comprendra mieux et sentira davantage son malheur. Il faut donc s'abstenir le plus possible de vivre, il ne faut pas entretenir les plaisirs de la vie ; et un jour tout fîni^-a par le « suicide cosmique ».

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