‹ Traité de philosophie (volume 2)Chapitre 531 sur 604 · LA VALEUR VÉRITABLE DU MOXDE · texte numérisé non relu

LA VALEUR VÉRITABLE DU MOXDE

tement heureuse, l'immortalité de l'àme et l'espérance du bonheur sont une réponse péremptoire aux allégations du Pessimisme.

L'Optimisme et le Pessimisme absolus aboutissent l'un et l'autre à des conséquences désastreuses : l'Optimisme, parce que pour lui le mal n'existe pas ; le Pessimisme, parce qu'il le déclare indestructible.

A). — Optimisme absolu : si le monde est le meilleur possible, il n'y a qu'à absoudre le mal, ou plutôt à le confondre avec le bien. Les désordres de toutes sortes, la souffrance, la mort, l'ignorance, le vice, le crime, tout est justifié, tout est admirable dans l'œuvre de Dieu. Cette doctrine a des conséquences désastreuses :

10 Elle aveugle l'intelligence, à qui elle ôte le discernement du bien et du mal.

2» Elle énerve la sensibilité : si on est à l'abri du besoin et de la souffrance, on se désintéresse des misères de l'humanité, parce que, ne les sentant pas, on croit facilement qu'elles n'existent pas, comme le prétend l'Optimisme.

30 Elle énerve la volonté, en lui enlevant :

a) Toute initiative : à quoi bon agir et faire effort ? Si tout est bien, laissons faire la Providence.

h) Toute responsabilité : quoi qu'on fasse, ce sera toujours bien. Cette doctrine aboutit donc au fatalisme et à l'inaction.

B). • — Pessimisme absolu : il conduit aussi, par une voie opposée, aux mêmes conséquences. En effet :

i° Il confond le mal avec le bien.

2° // éteint en nous Vamour du bien.

3° La conviction, que tout est irrémédiablement mauvais, tend à paralyser Veffort, engendre* l'inertie et quelquefois le désespoir.

C). — Optimisme relatif : si l'on fait intervenir l'Optimisme vrai, c'est-à-dire relatif, tout change. 11 admet l'existence du mal, car, étant donné que tout être créé est imparfait et sujet à défaillir, une certaine quantité de mal est inévitable. Mais il admet aussi que la vie présente est bonne, que le bien l'emporte sur le mal, que la perfection du monde dépend en partie du libre arbitre. Nous pouvons donc travailler à accroître ou à diminuer cette perfection, selon l'emploi que nous faisons de notre vie. Le devoir consiste à bien user de notre liberté pour faire reculer de plus en plus le mal devant les progrès du bien et rendre ainsi le monde meilleur de jour en jour. Le véritable Optimisme aboutit donc à l'action ; l'homme doit faire tout " ce qui est en lui et abandonner le reste à la Providence, selon la mâle exhortation du grand Corneille :

Faites votre devoir et laissez faire à Dieu !

(99) COMPLÉMENT BIBLIOGRAI'IIIQIE : THÉOLOGIE RATIONNELLE 651

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