V. IDÉES DIVINES
Pour Malebranche (^) il n'y a aucune action réciproque possible entre le corps et l'àme, parce que leur essence est absolument opposée : l'essence de l'âme c'est la pensée., tandis que l'essence du corps c'est Yétendiie. Les objets extérieurs ne peuvent donc agir directement sur l'esprit ; nous ne percevons que les idées des cor,ps. Oîi sont ces idées ? En Dieu, qui, comme créateur de toutes choses, en possède dans son intelligence les types, les exemplaires. C'est Dieu qui, « à l'occasion des traces qui s'impriment dans le cerveau », nous découvre ses propres idées des objets.
Critique : I. — Nous n'avons aucune conscience.de cette vision en Dieu.
IL — D'après Malebranche : « Nous voyons tout en Dieu, Dieu fait tout en nous. » On ne comprend pas la possibilité de ces idées que Dieu nous suggère à l'occasion de tel ou tel objet, car, si Dieu fait tout 3n nous, nous ne concourons pas à la production de ces idées ; elles ne 5ont donc pas nôtres, puisqu'elles ne proviennent pas de l'activité vitale le notre esprit. Or l'esprit ne peut percevoir immédiatement que ses jropres modifications.
III. — Cette théorie aboutit à l'idéaUsme. Malebranche avoue l'ailleurs qu'il n'y a que la foi qui puisse nous convaincre qu'il y a les corps (^).