MALADIES DE LA MÉMOIRE
acquises par les sens, la conscience et la raison, ce qui constitue la matière de nos connaissances. Sans ces données, tenues en réserve par la mémoire, nos facultés intellectuelles travailleraient dans le vide. C'est donc la mémoire qui rend possibles la cotnparaison, V abstraction, la généralisation, le jugement, le raisonnement, Vimagination créatrice, en faisant revivre les éléments qu'elles mettent en œuvre,
III. — Science : la mémoire fixe le résultat de ces opérations intellectuelles et, par suite, elle est la condition indispensable de la science. Autrement, à peine l'esprit aurait-il terminé son travail que tout le fruit en serait perdu. Le progrès serait impossible pour les individus comme pour les sociétés, car il faudrait toujours recommencer en vain le même labeur : l'œuvre de la science serait une vraie toile de Pénélope se défaisant à mesure qu'elle se ferait.
IV. — Le langage exige la mémoire, car pour parler il faut retenir les mots et leur sens.
B) Moral : I. — Sans la mémoire nous ne pourrions conserver l'idée de notre identité personnelle ; or, sans cette idée, nous ne pourrions comprendre la responsabilité, le mérite, le démérite, les sanctions.
II. — Les engagements et promesses : vg. contrats de vente, etc., seraient illusoires sans la mémoire.
III. — Elle est la condition des plus nobles sentiments : reconnaissance, amitié, satisfaction du devoir accompli, re|[^tir, etc.