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CARACTÈRES DES VÉRITÉS PREMIÈRES

îhose étant donnée, nous croyons qu'elle a nécessairement sa raison ou 5a cause, qui la fait être ce qu'elle est : c'est l'application du principe ie raison ou de causalité.

B) Objectivement : ils ne peuvent pas ne pas être, ni être autrement ; ils sont donc vrais non seulement en fait, mais en droit ; ils constituent pour nous des vérités dont le contraire nous est absolument inconcevable. Il nous est impossible de concevoir un monde où les principes n'auraient pas leur application, où vg. une chose pourrait en même temps être et n'être pas, où un phénomène arriverait sans cause. Non seulement nous croyons qu'en fait tout a sa raison, mais encore qu'il en doit être ainsi.

II. — Universels : A) Subjectivement : ils sont présents à toutes les intelligences, communs à tous les esprits. Ils représentent des vérités impersonnelles, les mêmes pour tous et constituent ce qu'on appelle quelquefois les vérités de « sens commun ». — On objecte en vain que beaucoup d'intelUgences les ignorent longtemps et même toujours. Sans doute, sous leur forme abstraite, ils ne sont connus que d'un petit nombre ; mais leur application instinctive est immédiate, contemporaine du premier éveil de l'intelligence. Tous en font usage, même les plus ignorants, même les enfants. Le sauvage et l'enfant ne connaissent pas la formule abstraite des principes d'identité et de raison ; cependant le premier se récrie à une contradiction (^) et le second demande sans cesse le pourquoi et le comment des choses. Ces deux principes sont donc bien les lois fondamentales et constitutives de toute inteUigence. Mais pour s'en rendre compte et les formuler abstraitement il faut être capable d'analyse et de réflexion : « L'esprit, dit encore Leibniz, s'appuie à tous moments sur ces principes, mais il ne vient pas si aisément à les démêler et à se les représenter distinctement et séparément, parce que cela demande une grande attention à ce qu'il fait, et que la plupart des gens, peu accoutumés à méditer, n'en ont guères (^) ».

B) Objectivement : en même temps' que ces principes sont les lois universelles de la pensée, nous croyons qu'ils sont les lois universelles de la réalité. Nous les considérons comme s'appliquant à V universalité des choses dans tous les temps et dans tous les lieux.

III. — Évidents par eux-mêmes : il suffit qu'on les énonce devant nous, pour que nous les admettions aussitôt. Ils se montrent, ils ne se démontrent pas ; non seulement ils n'ont pas besoin d'être démontrés, mais ils sont indémontrables. Ils sont en effet la condition de toute

(M « Il n'y a point de barbare qui, dans une affaire qu'il trouve sérieuse, ne soit choqué de la conduite d'un menteur qui se contredit ». (Leibniz, Nouveaux essais... L. I, Ch. § 26). (') Ibidem, § 20.

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